A Turtle in a Kitchen

a déménagé

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Désolée pour le dérangement...

A Turtle in a Kitchen: janvier 2007

janvier 27, 2007

Millefeuilles de St Jacques sur fondue de poireaux à l'Armagnac et Pain d'Epices moelleux, retour sur les fêtes

La difficulté quand on publie moins souvent, c'est qu'on n'en continue pas moins de cuisiner, ce qui impose nécessairement de choisir , parmi toutes les recettes réalisées, photographiées et stockées, celles que qui seront présentées en priorité.
Aujourd'hui, après avoir tergiversé une bonne demi-heure entre des tas de recettes réalisées depuis Noël, et alors même que je ne suis pas du tout satisfaite de la faible photogénie de ce petit plat, je vous présente mon coup de coeur des fêtes.
Je l'ai réalisé deux fois, le soir de Noël et le 31, ce qui en soit est une gageure. J'ai tellement de prometteuses recettes en réserve dans mes cahiers, marquées en rouge d'un "A tester de toute urgence ", que le simple fait que celle-ci se paie le luxe de revenir deux fois à ma table et surtout sur mes fourneaux en l'espace d'une semaine, démontre en soi combien je l'ai appréciée. Les deux fois, elle a fédéré tous les convives autour d'un seul mot : inouïe! Honnêtement, je n'en tire aucun orgueil, elle est faite d'idées piochées ci et là, et en plus, est d'une grande simplicité. Elle demande cependant un peu d'organisation et une équipe de choc au moment du service car la coquille St Jacques n'attend pas (et ce n'est pas Mamina qui dira le contraire, j'en suis sûre), ce qui explique d'ailleurs la piètre qualité des photos (et oui! je ne pousse pas encore le vice du blog jusqu'à manger froid, un soir de Noël, pour faire une sublime photo, faut pas pousser ;-)!
Même si les fêtes sont à présent un presque lointain souvenir, je ne peux me résoudre à ne pas vous en toucher deux mots, afin que vous compreniez à quel point le fait d'avoir remporté le titre de meilleur plat jamais goûté par les membres de la très éminente Turtle's Family et de meilleur plat du Réveillon est un réel exploit.
En une phrase, le mot d'ordre dans la Turtle's Family est : pas de cuisine le 24 décembre. La préparation d'un repas ne colle pas du tout avec les habitudes familiales et ne figure pas au sein des rituels accomplis lors de cette journée particulière, au ryhtme traditionnellement infernal. Si vous glissiez un oeil dans la maison de la Turtle, ce soir là, vers 20 heures, vous verriez chacun des membres de la famille (ou presque), en train de s'activer. Après avoir passé les cinq dernières heures à traverser la ville et les magasins, au pas de course et dans tous les sens, à la recherche des cadeaux manquants, ils sont tous aux quatre coins de la maison, en train de façonner à la va-vite et à l'abri des regards indiscrets, les derniers paquets. ça court dans tous les sens, ça s'interpelle, ça part à la quête du rouleau de scotch qui a encore été piqué, ça s'énerve à gratter, sans ongle de préférence, le dessus dudit rouleau finalement retrouvé sous le lit, pour essayer d'attraper l'entame qui évidemment se dissimule, tout en tenant d'un coude les deux morceaux de papier cadeau, difficilement mis l'un sur l'autre. Bref, ça joue les équilibristes. De temps en temps, ça désespère d'y arriver et ça supplie une bonne âme d'emballer les dix derniers livres et 5 cd qui attendent patiemment leur habillage de fête. Mais, surtout, ça rigole, ça jacasse, c'est l'euphorie.
Un peu plus loin, Turtle's Mum, prévoyante et sereine, ayant depuis longtemps confectionné tous ses paquets, met en place la jolie nappe, les bougies et les verres à champagne. Tout à coup, elle bat le rappel, c'est alors le branle bas de combat, messe de Noël oblige, tout le monde en voiture. De retour au milieu de la soirée, pour attendre le moment où l'on ouvrira les montagnes de cadeaux si difficilement empaquetés et déposés au pied des chaussures éparpillées dans tout le salon, Pôpa sort un peu de foie gras, du champagne, des huîtres et un peu de saumon fumé, qu'il dépose l'air de rien, sur la grande table. Progressivement, au fil de la soirée, chacun s'installe, la faim venant, se sert de ce qu'il veut, à son rythme.
Pourtant, cette année, j'avais bien envie de changer un peu cette tradition. Je savais que cela ne serait pas facile. Quelques jours avant, tentative d'approche de la Turtle :
Turtle : "Salut Pôpa, ça va? alors, dis moi tout, tu veux que je prépare quelque chose pour Noël?"
Pôpa : "ben... c'est comme tu veux" (voilà un grand, grand classique de mon père qui a le don de me rendre folle.... Répondre à une question par une question! ;-))
Turtle, patiente : "parce que j'avais pensé à un petit millefeuilles de St jacques, léger, convivial, à servir le soir du 24"
Pôpa : "..."
Turtle : "ça te tente?"
Pôpa : "..."
Turtle : "allo?, t'es encore là?"
Pôpa: "oui, oui.. euh, je réfléchis... tu veux dire le soir du 24? parce que... bon... moi, je pensais... enfin tu sais, il y a déjà les huîtres, le foie gras, le saumon fumé.."
Turtle ne lâchant pas la bride : "oui, oui, je sais, mais j'ai pas dit qu'on changeait tout, hein, tu les mettras tes huîtres, ton foie gras et ton saumon fumé, c'est juste un ajout, une entrée, tu vois"
Pôpa, piqué au vif : "non, mais j'ai pas dit que je voulais absolument qu'on fasse comme d'habitude hein, ..mais bon... t'es sûre? non, parce que sinon, tu peux aussi le faire le 25 à midi"(vous notez la tentative d'esquive, hein?) C'est comme tu veux...
Turtle: "non, non, t'inquiètes, ça sera super le soir du 24, je t'assure, pas de souci"
Pôpa : " ..."
Turtle: "Voilà, bon et bien on est d'accord, t'inquiète, je m'occupe de tout !"
A cet instant précis, j'avais déjà en tête la recette que je voulais préparer. J'avais vu chez Eric et Véronica des mousses de St jacques fort tentantes. Je les ai tout de suite imaginées dans un millefeuilles, servies avec des noix entières. J'étais sûre qu'associer des feuilles de bricks pour le croustillant, à quelques St jacques à peine poêlées, sur un étage de mousse pourrait être délicieux. Je ne me suis pas trompée. Au moment des courses, j'ai rajouté à mon caddie quelques poireaux, et c'est ainsi qu'est né le Millefeuilles de St jacques sur fondue de poireaux à l'Armagnac.
Ingrédients: pour 10 personnes environ

Pour la mousse de St jacques, j'ai repris les proportions de la mousse de Véronica : c'est à dire 15 cl de crème pour 250 g de St jacques et deux blancs d'oeuf. Il faut mettre de côté au moins 2 grosses St jacques par personnes. Ensuite, on pèse les st jacques restantes et on adapte les proportions en fonction. J'avais acheté 900 grammes de St jaques, j'en ai mis 400 g de côté pour les poêler, et j'ai donc utilisé 500 g pour la mousse, donc 30 cl de crème et 4 blancs d'oeufs

  • 800 g à 1 kg de St jacques (j'ai pris des surgelées, sans corail. Pour une assiette plus économique, il est possible de prendre la moitié en pétoncles, pour la mousse)
  • 1 paquet de feuilles filo ou de brick (j'ai quand même une préférence pour la pâte filo, mais on ne la trouve pas toujours)
  • environ 30 cl de Crème fraîche liquide (on peut la prendre entière, mais une crème à 15 % de matière grasse convient parfaitement) pour la mousse + 20 cl au moins pour la fondue de poireaux
  • Coriandre en grains (j'en ai utilisé une bonne cuillère à soupe)
  • Armagnac
  • 3 ou 4 poireaux
  • 4 blancs d'oeuf
  • Du beurre demi-sel
  • Fleur de Sel de Guérande et poivre noir

Marche à suivre:

Ce qui peut être préparé à l'avance:

Le soir du 24, à peine rentrée, j'ai mis en oeuvre mon plan de bataille pour la réalisation parfaite des assiettes. J'ai tout fait à ce moment là, mais une partie de la recette peut être réalisée à l'avance. Si comme moi, vous servez ce plat pour plus de 10 personnes, prenez à vos côtés en cuisine au moins 2 personnes, qui vous aideront au dernier moment à faire l'assemblage, impossible de tout gérer seul.

Préparer la fondue de poireaux:

  • ôter les feuilles extérieures des poireaux, couper en quatre dans le sens de la longueur, puis, débiter en petits morceaux, sans garder les feuilles vertes et dures.
  • Laver soigneusement les morceaux pour éliminer tout le sable
  • Faire chauffer une grande poêle anti-adhésive, y faire fondre un bon morceau de beurre demi sel, sans le faire noircir et y faire fondre les poireaux, à feu moyen, en remuant régulièrement
  • En milieu de cuisson, saler et poivrer
  • Une fois que les poireaux ont commencé à caraméliser (15 minutes au moins), et qu'ils ne rendent plus d'eau, verser une bonne rasade d'armagnac, remuer rapidement, ajouter alors 15 à 20 cl de crème liquide, bien mélanger, baisser le feu et laisser compoter doucement
  • Après une bonne trentaine de minutes, réserver

Préparer les feuilles de brick ou de filo:

  • Faire fondre un peu de beurre dans une casserole
  • Deux options de présentation sont possibles, soit en rectangles, ce que j'ai fait à Noël, soit en cercle, fait pour le 31 : pour les cercles, il suffit de recouvrir la pâte avec un cercle en inox ou un petit ramequin renversé, et de tourner autour du cercle avec une lame de couteau effilée ; pour les rectangles, découper aux ciseaux
  • Préchauffer le four à 210 °
  • Beurrer à l'aide d'un pinceau les cercles ou les rectangles, un à un, et recto verso, en les déposant au fur et à mesure sur une grille du four, recouverte de papier sulfurisé. Quand la plaque est couverte, la passer une dizaine de minutes au four, en surveillant: sortir les feuilles dès que la pâte s'est légèrement colorée. (Pendant que cela cuit, l'idéal est de préparer une seconde grille qui prendra sa suite)
  • Réserver les feuilles au fur et à mesure en lieu sûr, elles sont très fragiles

Préparer la mousse de St jacques:

  • Mettre de côté 2 grosses noix de St jacques par personne
  • Mixer le reste des St jacques (qui peuvent fort bien être des pétoncles d'ailleurs) avec la crème fraîche, et les blancs d'oeufs
  • Ajouter des graines de coriandre, mixer à nouveau, saler et poivrer
  • Goûter et rectifier l'assaisonnement (pour donner du goût à la mousse, il est nécessaire qu'elle soit bien assaisonnée, la coriandre, permet de relever sa douceur)
  • Mettre la mousse ainsi obtenue dans du film plastique spécial cuisson, en formant deux boudins, et en faisant en sorte qu'ils soient bien hermétiques
  • Réserver les boudins au frais

A faire 20 minutes avant de passer à table

  • Mettre les boudins dans un cuit vapeur, 15 minutes
  • Pendant ce temps, installer sur chaque assiette deux feuilles de brick
  • Une fois les boudins cuits, les laisser à température ambiante 5 minutes, pour qu'ils durcissent un peu (le soir du réveillon, l'un des deux boudins n'était pas suffisamment cuit à ce stade, je l'ai donc reformé et mis 5 minutes au micro ondes, c'était impeccable)
  • Faire réchauffer doucement la fondue de poireaux, en rajoutant éventuellement un peu de crème si elle vous semble trop épaisse, et en rectifiant l'assaisonnement
  • Couper les boudins en tranches épaisses (en tout il en faut 10) et déposer les tranches au fur et à mesure sur les feuilles de bricks, recouvrir la mousse de deux nouvelles feuilles de brick (c'est là que les petites mains sont nécessaires: l'idéal est de déléguer la découpe des mousses et le montage du millefeuilles pendant que l'on procède à la cuisson des st jacques
  • Faire chauffer à feu vif une grande poêle, y jeter un bon morceau de beurre et dès que le beurre a fondu, les noix de St jaques, saler et poivrer, laisser griller une minute et demi sur chaque face, toujours à feu vif pour que l'eau rendue par les noix s'évapore rapidement, ajouter alors une grande rasade d'armagnac pour déglacer la poêle, en faisant sauter les st jacques dedans, disposer immédiatement sur chaque millefeuilles deux noix de St jacques , pendant qu'une autre paire de mains ajoute une grosse cuillérée de fondue de poireaux à côté du millefeuilles
  • Servir aussitôt

Bilan des courses:

Je ne sais même pas vous décrire l'enthousiasme généré par ce millefeuilles, l'unanimité qu'il a créé. Honnêtement, que ce soit le soir de Noël où toute la Turtle's Family est restée bouche bée, ou encore le soir du réveillon, où il a été élu meilleur plat dudit réveillon, cette recette a époustouflé tout le monde.

Le mélange des saveurs, mais surtout, des textures est absolument génial. Les noix de St jacques, à peine poêlées et légèrement glacées à l'armagnac, associées au croustillant des feuilles de bricks et au moelleux de la mousse , dont la très grande douceur est soulignée par la touche légèrement verte, très dynamique, de la coriandre, est tout simplement explosif.

Quant à la fondue de poireaux, mes frères n'en sont pas revenus. Ils ont lâché dans un "hummmm, c'est bon", le maintenant habituel "il y a quoi, dans la sauce, là?". Quand j'ai répondu du poireau, ils sont restés comme 6 ronds de flancs ( 3 fois deux ;-)... Quant à Pôpa, l'entendre me dire que c'était la meilleure sauce qu'il ait jamais goûté, sachant qu'il est le maître incontesté des sauces et qu'il déteste le poireau (dont j'avais soigneusement omis de lui parler), c'était un peu comme recevoir le top du cadeau d'un Pôpa à sa Turtle de fille (même si les livres de cuisine, les moules et tout et tout, c'était chouette aussi ;-)!

Il faut dire que le poireau fonctionne parfaitement avec la noix de St jacques, dont il souligne la douceur. Même ceux qui n'aiment pas le poireau ne peuvent que l'apprécier ainsi cuit et associé au goût merveilleux d'un Vieil Armagnac et à une crème fraîche généreuse, ce qui s'est confirmé le 31 décembre.

En somme et à ce jour, de toutes les recettes publiées sur ce blog, c'est de loin celle qui se pare de la plus grande finesse, que en soit en bouche où le tout est un mélange délicieux de fondant et de croustillant, ou en termes de saveurs... C'est vraiment une fabuleuse manière de mettre en valeur le goût si subtile de la noix de St jacques.

Et voilà comment la Turtle a définitivement changé le traditionnel repas du 24 décembre. Au moment où Pôpa a sorti les huîtres, la plupart n'avait plus faim et il m'a alors lancé "ben tu vois, je te l'avais dit..." un rien dessus, le breton, qu'on boude ainsi ses belles huîtres. Mais en réalité, ce n'était pas tant le millefeuilles, que les toasts de foie gras mi-cuit sur pain d'épices moelleux qui avaient calé tout les estomacs. Pour faire patienter toute ma famille, j'avais servi avec le champagne de généreuses lamelles du fabuleux foie gras mi cuit réalisé avec les Pralines, sur de délicieuses tranches du pain d'épices préparé la veille, qui n'ont pas fait long feu....

Je vous mets rapidement la recette du pain d'épices moelleux, trouvée chez Laurent (vous la trouverez ici), et à peine modifiée :

Ingrédients:

  • 100 gr de crème fleurette
  • 1 œuf
  • 100 gr de farine (j'ai mis de la farine de châtaigne)
  • 1 sachet de levure de levure chimique
  • 65 gr de poudre d’amandes
    65 gr de poudre de noisettes
  • 200 gr de miel
  • 3 gr de 4 épices
  • 2 gr de sel
  • 2 gr de clous de girofle
  • 2 gr de baie de genièvre
  • 2 gr d'étoile de badiane
  • 1 gr de poivre de sichouan
  • 1 gr de cardamome

Marche à suivre:

  • Faire bouillir la crème avec le miel
  • Incorporer les épices et mixer.
  • Réserver ce mélange en la recouvrant.
  • Mélanger la farine, le sel, la levure, la poudre de noisettes et d’amandes.
  • Filtrer la crème refroidie et l'incorporer à la farine avec l’oeuf, mélanger bien avec une spatule.
  • Verser la pâte dans un moule à cake (beurré si nécessaire) et laisser reposer à température ambiante.
  • Préchauffer le four à 170°C (thermostat 6) et faites cuire 35 à 40 minutes.
  • A la fin de la cuisson, démouler sur une grille.

Bilan des courses:

C'est un pain d'un moelleux incroyable. Bourré de saveurs, il se marie parfaitement à la texture si originale d'un foie gras cuit au gros sel, à la fois ultra onctueuse et moins grasse que celle d'un foie gras en bloc.

Je recommande de faire le pain d'épices la veille et de l'emballer dans du papier aluminium, pour qu'il reste bien moelleux, il n'en sera que meilleur. Si vous n'aimez pas toutes les épices ici utilisées, vous pouvez parfaitement en ôter ou les remplacer par celles que vous préférez.

Allez, Pôpa, sans rancune, hein? ;-)

Conté par Alhya at 1/27/2007 12:45:00 PM | 77 comments Fiche recette

janvier 23, 2007

quand la Turtle regarde dans la Kitchen 2006

La semaine dernière, en faisant un long billet sur mes bonnes résolutions, je pensais avoir fait le plus dur pour 2007.... Et bien voilà que ce soir, je me retrouve à faire un truc quasiment plus ardu, pour moi. Et là on dit un grand merci aux copines, Auntie Joe, Laudy, Marion, Kashyle qui ont eu la gentillesse de penser à la petite Turtle et de lui demander de sélectionner 10 recettes marquantes publiées l'année dernière... Comme bien sûr, j'étais toute toute fiérote qu'elles pensent à moi, je me suis empressée d'accepter, ajoutant même que je serais ravie de réaliser cet exercice... et après 1 bonne heure de réflexion, et bien j'ai envie de dire que c'est super périlleux comme truc. Bon, ça a l'air simple, hein, comme ça, on se dit, "allez, tiens, je m'y colle ce soir" plein d'entrain... et puis là, on réfléchit deux secondes et on s'arrête tout de suite... les doigts stagnant en l'air, au dessus du clavier, comme sur pause...
D'abord, comment sélectionner les recettes ? Non, parce que je préfère vous le dire tout net, si je les publie ici, c'est qu'elles me plaisent, hein, c'est pas juste histoire de vous tendre des p'tits pièges, genre "au milieu des billets publiés, attention, il y a une ou deux recettes franchement dégueulasses, à vous de les trouver !". Ensuite, le coup des meilleures, c'est tout simplement pas possible. Le principe même d'une telle sélection est ultra complexe. Et bien oui, reconnaissez qu'il existe des choses totalement incomparables. Par exemple, tiens, si l'on vous demande de choisir entre le pantalon et la chemise? entre le caleçon et les chaussettes ? Alors? Je ne vous entends plus trop là, hein, vous commencez à comprendre, je le sens ;-)... Et bien voilà, c'est exactement pareil pour une tordue de la cuisine. Alors me demander de comparer une galette de courgettes, parmesan et basilic à un fondant au chocolat et caramel au beurre salé... imaginer un affrontement, un duel au sommet entre la galantine de quinoa aubergines et figues et le radeau sablé de fraises de Plougastel sur son lit de crème pâtissière , j'ai beau essayer, je ne peux pas!
Ensuite, mon choix sera forcément différent du votre. Or, si j'écris un blog, c'est surtout pour que parmi ce que je juge digne de figurer ici, chacun trouve ce qui lui plait, et pas du tout pour que moi, je lui dise qui plus est, plusieurs mois après, ce qui valait vraiment le coup (sous entendu, si t'as aimé un autre truc qu'est pas dans la sélection, ou que t'as pas aimé ce qui y est, mon pauvre, c'est que vraiment t'es pas doué ;-)).
Enfin, pour tout ceux qui ne sont pas convaincus par ce vibrant plaidoyer anti-choix, j'ajoute un argument de poids. Vous commencez à me connaître, depuis le temps, et du coup, vous le savez surement: je suis absolument incapable de choisir, tout simplement parce que je ne veux pas. C'est simple, depuis toute petite je n'ai jamais accepté la contrepartie d'un choix, le renoncement qu'il implique. Car oui, ne l'oublions pas, choisir, c'est bien renoncer. Et moi, rien que l'idée du renoncement me hérisse les poils! Alors, entendons nous bien, il y a des choses auquel je renonce sans peine. Par exemple, rouler en Ferrari (mais peut on parler de renoncement, si l'on tient compte du fait que je n'ai jamais conduit une Ferrari? n'empêche, ma p'tite Turtle's Car me convient tout à fait, verte tout comme sa propriétaire, elle lui fait un teint sublime, bien plus seyant que ce rouge un tantinet tape à l'oeil), ne pas faire 1 mètre 80 comme je l'espérais petite (là encore, j'avoue que je n'ai pas techniquement vraiment choisi ;-), ou encore ne pas aller aux Baléares l'été prochain quand j'ai mon Paradis à moi qui m'attend sagement (ah, voilà, ça c'est un bon exemple, enfin un). Alors pourquoi dans ce cas là je peux choisir et pas ce soir? Et bien tout simplement parce que si j'aime, je ne choisis pas, je ne renonce pas, je fonce, et je me paie le luxe de tout garder... Et puis je n'aime pas faire des exclus.
Oh, bien, sûr, au fil du temps, mes goûts évoluent, je progresse et il y a évidemment des choses que je serais susceptible de regarder aujourd'hui avec un peu moins d'admiration qu'au début, si je revisionne mes archives. Oui, mais justement! C'est pas sympa pour les pauvres recettes qui restent sur le bas côté et me voient mettre toutes les dernières dans le coffre arrière de la Turtle's Car, pendant qu'elles restent avec le frimeur de la Ferrari (à ce stade, si vous ne comprenez plus rien, ne vous inquiétez pas, c'est normal ;-) . Tâchons d'être plus claire (si c'est possible, et ce n'est pas gagné ;-). Quand j'avais 7 ou 8 ans, j'avais plusieurs poupées. Je me souviens notamment du sublime poupon Corolle de ma soeur aînée. Et bien, voyez vous, malgré l'indicible joie ressentie lorsque, après l'avoir lorgné pendant de longues années, je le reçus en héritage, qu'il fut Mon poupon, Mon Maxime, j'ai toujours fait extrêmement attention à ne jamais donner l'impression à ma très chère Pauline, ma première poupée, qu'en jouant avec le magnifique Maxime, je l'avais oubliée. Régulièrement, j'allais lui faire une petite carresse sur la joue, afin que son petit coeur de Baigneur plastique tout rose ne découvre jamais ce qu'était l'abandon.... Et puis d'abord, Turtle's Mum l'a toujours dit, plus on aime, plus on a de la place pour aimer... donc, on ne sélectionne pas! ;-)
Alors voilà, bon, à présent que je me suis bien dédouanée d'une quelconque responsabilité vis à vis de mon futur choix, nous allons enfin passer aux choses sérieuses. Comment va-t-on procéder ? Une brillante idée, la Turtle? Après m'être laissé encore 2 minutes de réflexion, je crois que la méthode que je préfère est celle-ci : faire ce palmarès sans regarder dans les archives, juste de tête, comme ça, youpla!
Voici donc mon Palmarès 2006, de Mémoire de Turtle (pour ceux qui douteraient de mon honnêteté, je précise que j'ai ajouté les liens et les photos après avoir fait la sélection!)
  1. Tout d'abord mon Far Tit'attitud. Je crois que c'est l'une des premières recettes qui m'a donné envie de raconter un souvenir, ici, celui de ma grand mère, Mamy au caractère de fer dans sa cuisine bretonne, of course. C'est un des premiers messages qui a généré quantité de commentaires, ce qui m'a particulièrement touchée. De toute façon, cette recette, je ne risque pas de l'oublier, elle est le symbole de mon amour fou pour la Bretagne, et il s'agit tout simplement d'une recette parfaite. Tous ceux qui l'ont goûté l'ont adoré, mon p'tit far....
  2. Le soufflé froid à la Ricotta dans sa robe de saumon fumé, en le réalisant, c'est la première fois vraiment que j'ai lu dans le regard de ma famille qu'ils considéraient que j'étais devenue une bonne cuisinière. Je les ai vraiment épaté avec cette recette de Choupette. J'étais si fière!
  3. Mon Gaspacho épicé carotte/potiron et sa chips de pancetta. Celui-ci, je l'ai vraiment fait pour le blog. Laurence m'avait proposé de participer à un concours de gaspacho et j'ai donc créé la recette, juste avant un départ en Bretagne, en toute urgence. Je me revois en train de tenter cette aventure en n'y croyant pas deux secondes et finalement, de mon immense suprise en voyant que le résultat tant gustatif que photogénique était au rendez vous! ;-)
  4. Mes Ravioli chinois Aubergines, Ricotta et pignons. Cétait encore au tout début du blog. J'avais vu qu'on pouvait faire ses ravioli, je trouvais ça trop magique... enfin, jusqu'à ce que je me retrouve en train d'en baver à mort pour réaliser la pâte, l'étaler, la plier etc... Mais plus encore que la galère de la réalisation de la première pâte, c'est le souvenir de mon immense satisfaction en découvrant que le résultat était vraiment à la hauteur de tant d'efforts. Le goût était si fabuleux qu'il m'a conduit, quelques mois après, à lancer le KiKiVeuKiVienKuisiner 14 avec pour thème le Ravioli et là encore, j'ai un sourire un rien ému en pensant à toutes les participations que j'ai reçues, au fabuleux défilé qui en est né bref, une bien belle expérience et découverte de la blogosphère!
  5. Mes Filets de Cabillaud en croûte parmesanée de noisettes et pignons. Là encore, c'est une recette du début. Je me souviens que cette méthode de cuisson a été une vraie révélation, directement inspirée par Eric dont j'admire tant la manière de cuisiner. Bref, ça a été le début d'une longue série : il y a eu, depuis, nombre de déclinaisons de cette idée extra et si facile à faire, avec un résultat toujours irrésistible. A tester, vraiment, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore.
  6. Ma royale de Foie gras sur blinis épicés. Celle-ci, je m'en souviens pour trois raisons. D'abord, parce qu'elle est associée à un sentiment mêlé de fierté et de peur. Attendez, participer à la création du repas de Noël épicé pour France 2, c'était pas rien pour une petite Turtle! Ensuite parce que sa création a coïncidé avec la période où j'ai commencé à beaucoup échanger avec les bloggeurs et bloggeuses et cette recette, j'ai dû en parler des heures avec bon nombre d'entre eux "et qu'est ce que tu en penses? et tu imagines? et ...", bref, Véro, Mamina, Lilo, Marion, La Sieste, et les autres, merci de votre patience et de vos conseils ;-). Enfin, parce que je l'ai beaucoup aimée, ma petite création, ce qui ne gâche rien, n'est-ce pas?
  7. Mes Amarettis bronzés pour cause de parlotte intempestive, parce qu'ils ont remporté un vif succès , réalisés ensuite par de nombreux bloggeurs, j'étais toujours aussi ravie de voir qu'ils faisaient l'unanimité. (Ils font même partie du palmarès des cent recettes de l'année sur blog actu!)
  8. Ma Tarte tatin, pommes poires sur caramel de cidre Carpe Diem, Celle ci, je ne risque pas non plus de l'oublier, parce que grâce à elle, j'ai gagné l'édition 13 du KiKiVeuKiVienKuisiner, la grande classe ;-).. je revois encore le mail d'Isabelle m'annonçant en lettres majuscules " tu as gagné le KiKi!!" et moi, me disant oups! mais comment je vais organiser le suivant? ;-) Au secours!! et bien sûr, j'ai adoré l'organiser le suivant, évidemment!
  9. Ma Bûche de Noël aux deux mousses sur son croustillant aux noisettes. Celle ci, je m'en souviens bien, hein, parce que je l'ai faite deux fois pendant les fêtes. Mais si je la mentionne, c'est qu'en plus d'être délicieuse, elle est le signe qu'aujourd'hui, presque (j'ai bien dit presque) plus rien ne m'effraie, ou ne me semble impossible. Et le pire, c'est que ça marche!! ;-)
  10. Enfin, ma Tarte citron et pavot Meringuée. Celle-ci, je peux la faire de tête , c'est un grand grand classique dans ma Kitchen. Si j'en parle, c'est que je dédicace cette fin de billet à ma P'tite Caille, dont c'est le dessert favori. C'est, je crois, celui qui a su le mieux trouver les mots quand je culpabilisais un peu de passer du temps à écrire ce blog, l'année dernière.
Il m'a dit, sur un ton sans appel, "allez, mais continue moi ce blog et fiche
moi la paix avec ta culpabilité, regarde moi comme t'es heureuse depuis que tu
l'as"...

.... Comme quoi, les choses les plus évidentes mettent parfois bien du temps à trouver le chemin de mon cerveau, il avait tout dit, je crois...

Oups, je me rends compte ce matin que je n'ai pas passé le relais, alors, les filles et les hommes qui ne s'y sont pas encore collés, comme (mais c'est encore de tête, alors ne m'en veuillez pas si en fait vous l'avez déjà fait ;-), Tit', Véronica (je sais que tu as été sollicitée déjà, j'en remets une couche), Estèbe, Sonia M la cuisine , Sophie, et enfin, Lilo (que je sais très occupée, mais si elle peut..), au boulot!

Conté par Alhya at 1/23/2007 01:00:00 AM | 82 comments Fiche recette

janvier 16, 2007

Moelleux Carotté, Poires et Fruits secs caramélisés

C'est le début d'une nouvelle année (j'adore rappeler quelques évidences). La traditionnelle période des bonnes résolutions, mais aussi des voeux. Vous avez remarqué comme tout le long du mois de janvier, toutes les personnes que vous croisez se ruent sur vous, une phrase on ne peut plus originale à coup sûr au bord des lèvres, le "qu'est ce qu'on te souhaite pour 2007?" ... Bonne question....
Et s'il y avait des périodes de la vie où l'on pensait juste, face à cette formule un rien fatidique (ben oui, s'agit de pas se tromper quand on vous pose une telle question on sait jamais, hein, au cas où ça marcherait, ce serait bête d'avoir loupé le coche!) que finalement, ce qu'on espère le plus, c'est tout simplement que ça continue...
Mais attention!... pas que ça se poursuive à l'identique de ce qui s'est passé jusqu'alors. Non non.... On serait d'ailleurs bien présomptueux de penser que l'Avenir ne nous réserve pas quelques surprises pur cru 2007... Pensez donc, l'est bien trop malin pour ça, celui-là, bien trop! Non, et puis.... si c'était précisément ces petites surprises-là que l'on attendait au fond de nous...? Mais attention, hein, pas dans le genre "toutes les solutions arriveront en 2007", ou du type : "j'attends que ce soit le pactole, l'amour fou, la limousine et les resto 4 étoiles, que le réveil le matin ne me donne plus envie de le lancer à l'autre bout de la pièce et que les cons ne soient plus aussi cons" ... non, non, pas du tout.
Non, ce que l'on souhaite, c'est simplement de continuer à avoir l'impression que la vie nous remplit, par tous les pores de la peau, nous comble de ses odeurs, ses couleurs, des gens qu'elle dépose sur notre route, de l'impression, si agréable et rare, finalement, de revenir quelques instants à ce qu'il y a de plus simple et de plus pur, le vrai, la "substantifique moelle" , celle qu'on a si tôt fait d'oublier, le nez dans nos vies à cent à l'heure... En fait, ne plus avoir envie que les choses passent plus vite, accepter les rythmes, les siens, ceux des choses et même ceux des autres... apprendre à faire confiance à l'Avenir quand ça ne va pas, apprendre à profiter des évènements, des gens, des choses, admettre en fin de compte que les choses vont juste bien, de temps en temps... Ne pas avoir peur d'être heureux de peur que l'avenir se venge...
Voilà un peu quelles étaient mes pensées le Premier janvier 2007, au réveil, l'oeil dans la mer et une furieuse envie de croquer la vie, digne de celle que j'avais en permanence, quand j'étais petite... Alors, ma foi, je ne sais pas si je suis devenue totalement foldingo ou si j'approche définitivement de la sagesse, mais si vous croisez une Turtle sur votre chemin, ne vous inquiétez pas si elle sourit, c'est juste qu'elle est heureuse, vous voyez?
Ouais, mais bon, ça n'empêche qu'elle a un peu pris des bonnes résolutions pour la nouvelle année.... Ben ouais, quand même, l'est sérieuse la Turtle, qu'est ce que vous croyez? Et même que certaines sont un peu durailles...
Et oui, mais c'est que c'est un peu une année primordiale pour l'avancée de ses travaux ... et afin que la rédaction de ce blog soit toujours un grand moment de plaisir, que les moments passés sur les autres blogs soient toujours aussi agréables, elle a dû se promettre d'être un chouillat plus raisonnable...
Alors ne vous inquiétez pas si vous voyez un peu moins de billets par ici, un peu moins de commentaires par ci, par là ... ce n'est pas par manque d'envie (bien au contraire!), c'est juste qu'en ce moment, il faut qu'elle s'attelle sérieusement à son travail et comme, en plus, elle a noué des liens très intenses avec de nombreux bloggeurs, elle doit couper un peu la poire en plein de ch'tits bouts pour profiter d'un peu tout, ne négliger personne et ne pas oublier de dormir hein, de temps en temps... parce que bon, il faudrait pas oublier de rêver un peu ;-) .... Enfin, avant de tenir le plus longtemps possible cette promesse qui est une de celles qui me coûte le plus, je vous le dis sincèrement, sans cette belle aventure qu'est la création de ce blog, je pense honnêtement que je n'aurais pas vécu avec autant de plaisir les quelques mois qui viennent de s'écouler, alors un grand, grand merci à tous!
Maintenant, ne boudons pas plus longtemps notre plaisir, et passons aux choses sérieuses!
Aujourd'hui, je vous présente un gâteau fait en plein de ma petite diète pré-fêtes... Et oui, que voulez vous, c'était manifestement pas une bonne idée cette diète ;-)
Mais pour faire taire la culpabilité, j'avais décidé de réaliser un gâteau-challenge. Alors, ce n'était au regard de sa réalisation, pas du tout, car il n'y a pas plus simple. Non, la difficulté était de faire un gâteau qui partait au pays de la Turtle's Family avec un gros gros handicap: contenir un légume, le truc de ouf! ;-)
Si, après une guerre menée depuis près de deux ans, j'arrive aujourd'hui à faire goûter à Grand Yo, ma P'tite Caille et ma Ratatouille toute sorte de plats cuisinés avec des légumes, l'idée de mettre ces derniers dans un gâteau... c'était quand même passer un cap... s'attaquer au tabernacle, entrer dans un lieu vierge de toute chose suspecte appelée légume, pour le saccager... en réalité, faire s'effronder un mythe "les gâteaux sont à l'abri des tentatives de la Turtle"....
Bien des fois, ce type de recettes est tombé sous mon oeil, avant d'être finalement repoussé en faveur d'un classique brownie au chocolat, d'un non moins classique far, ou encore d'un bon vieux crumble aux pommes... Oui, mais le mois dernier, totalement convaincue par une série de recettes publiées sur les blogs, notamment par P'tit Bouchon, j'ai finalement tenté l'expérience et je me suis lancée !
J'avais choisi de suivre celle de P'tit Bouchon (celle -ci ), et puis, arrivée chez mes parents, j'ai renoncé à y associer des raisins secs que mes frères n'apprécient guère (il s'agissait de ne pas trop charger la mule! ;-). En plus, deux poires siégeaient royalement, solitaires, dans la corbeille à fruits. J'avais de belles noisettes, des amandes et quelques noix qui ne demandaient qu'à participer à l'aventure.
Sans plus hésiter, j'ai réalisé un Moelleux Carotté aux Poires et Amandes, Noisettes et Noix caramélisées
Ingrédients:

  • 200 g de Farine
  • 3 oeufs
  • 200 g de sucre roux (sur les commentaires éclairés de Monique qui se reconnaîtra, j'ajoute qu'on peut diminuer la quantité de sucre, j'ai toujours tendance à en enlever et je ne le dis pas forcément, mais c'est tout à fait possible d'en mettre 50 à 75 g de moins )
  • 2 poires
  • 1 s. de levure
  • 125 g de noisettes, amandes et noix
  • 5 Cà S d'huile
  • 4 CS de lait
  • 5 carottes râpées
  • un peu de beurre demi sel
  • un peu de cassonade

Marche à suivre:

  • Râper finement les carottes
  • Peler les poires et les couper en petits cubes
  • Préchauffer le four à 200 °C
  • Dans une poêle bien chaude, faire fondre un généreux morceau de beurre demi sel, y verser les fruits secs légèrement concassés, saupoudrer de cassonade, généreusement
  • Faire ainsi caraméliser les fruits secs, en remuant régulièrement pour qu'ils s'entourent du mélange de sucre et de beurre, jusqu'à ce que le tout développe une odeur et une allure absolument irrésistible, réserver
  • Mélanger dans un saladier la farine avec la levure
  • Battre le sucre et les oeufs, jusqu'à ce qu'ils blanchissent, ajouter progressivement la farine
  • Ajouter ensuite les carottes et le reste des ingrédients
  • Mêler le tout et verser le mélange dans un moule à manquer
  • Cuire 30 minutes
  • Démouler sur une grille et laisser refroidir

Bilan des courses:

Quand mes frères ont vu apparaître ce merveilleux gâteau, si joli, tout coloré, ils se sont précipités vers le buffet, se sont munis d'assiettes et de petites cuillères, impatients. J'ai découpé les parts, servi chacun, et attendu leurs réactions. Turtle's mam, qui participait aussi à la dégustation, m'a dit d'une voix amusée "qu'est ce que c'est ces petits bouts oranges? Pas de la carotte quand même!" Et là, dans un fou rire, je lui ai dit "et bien si!" elle m'a regardé cherchant à déterminer si c'était du lard ou du cochon, une cuillère déjà en bouche et à l'arrêt.. Je lui ai alors lancé un "mais goûte, tu me diras". Elle a goûté et, derechef, la cuillère a pris le chemin de la bouche et ainsi de suite ;-)

La carotte apporte un moelleux incroyable à ce gâteau. Il acquiert, grâce à elle, une texture un rien mouillée, fondante en bouche... Evidemment, si vous ne dites à personne que c'est de la carotte, personne ne le saura, le goût de celle-ci n'apparaît pas. Non, en revanche, ce que l'on sent très bien, c'est la saveur onctueuse et encore un peu chaude de la poire, la note caramélisée et croquante des fruits secs, un peu croustillante même, par moment.

On peut ajouter à ce moelleux quelques épices du type clous de girofle, cannelle ou encore de la badiane pour plus de subtilité, de saveurs et de générosité ... à vous de voir! Mais croyez moi, ce gâteau est tout simplement étonnant... Ici mélé avec les saveurs de la poire et des fruits secs caramélisés... une pure merveille.

Allez, je vois qu'il est déjà tard... ahhh mes bonnes résolutions commencent déjà à faire pâle figure... je vais vous laisser, mais ce gâteau est à tester, vraiment...



Conté par Alhya at 1/16/2007 01:00:00 AM | 91 comments Fiche recette

janvier 10, 2007

P'tits cakes salés en folie: Epinards-Pancetta-Fruits secs ou Châtaigne chèvre, figue et noix ?

En ce début d'année je voudrais vous parler d'un sujet qui me touche de près car il concerne mon Grand Yo.
Grand Yo, il a toujours été mon demi Dieu. Petite, je suivais ses pas, avec application, au propre comme au figuré. Ainsi, quand nous nous relevions après l'heure officielle de l'extinction des feux, courageux que nous étions, pour aller piquer, en douce et en file indienne, quelques morceaux de chocolat dans la cuisine, située en bas d'un grand escalier aux marches grinçantes, que nous passions devant le salon aux portes toujours ouvertes, où nos parents passaient la soirée, je tentais désespérément d'être aussi sioux que lui. Chaque fois que je faisais malencontreusement craquer le plancher, Grand Yo se retournait brusquement et me regardait, à l'arrêt, sourcils froncés, pour me forcer à plus de vigilance. Subtile, il fallait être pour échapper à la vigilance de Turtle's Mum dotée, en plus d'un odorat subtile, d'une oreille fine à entendre voler une plume. Elle savait de quel bois on faisait les enfants fileurs, elle même étant passée maître, petite, dans l'art de se carapater en douce, à la barbe de ses parents : elle savait intuitivement quand ses poussins tentaient une échappée nocturne. Cela l'amusait tellement de nous prendre en flagrant délit, qu'elle poussait le vice jusqu'à remonter, en sens inverse de notre propre progression, le grand escalier blanc et bleu de notre maison drômoise, se cachant le long du mur, pour mieux nous faire sursauter en sortant brusquement face à nous, penauds et jambes flageolantes. Maintenant que nous sommes grands, elle nous explique, hilare, combien il était difficile pour elle de garder son air sévère quand je lui expliquais, la voix tremblotante, que j'allais juste chercher un verre d'eau, tandis que Grand Yo prétendait avoir voulu m'accompagner, d'une mauvaise foi évidente, compte tenu de notre incapacité à nous entendre, hormis lors de ces brèves ligues versus l'autorité parentale.... Elle nous intimait alors de retourner dans nos lits et nous remontions, main dans la main, les quelques marches que nous avions réussi à descendre avant d'être pris... J'ai retrouvé, il y a peu, un bout de journal intime écrit à 7 ou 8 ans. Il y est écrit:
"Grand Yo est mon érau, il a même ramené des tas de morço de chocola, le
merveille du monde, il ai tro ford".
Quelques pages plus loin il est noté :
"Grand Yo m'énerve, il es en plein dans son age gras" ;-))
Hormis mon sens inné de l'orthographe, ces deux phrases témoignent de ce que je ressentais alors pour mon frère : mélange d'admiration et d'exaspération. Il est le seul à avoir si souvent réussi à me pousser hors de mes gonds. Plus grand que moi d'au moins une bonne tête et demi, et bien plus fort, il s'amusait à me congratuler d'une légère tape sur le dessus du crâne, à chaque passage à proximité. ça me rendait littéralement folle. Un jour, de rage, je l'ai mordu jusqu'au sang. Turtle's Mum, constatant les dégâts, m'a alors menacée d'en faire autant sur mon bras... Là, j'ai compris qu'il était temps d'enterrer la hache de guerre ;-) . Du coup, nous nous sommes soigneusement évités, pendant quelques années. Avec l'adolescence, nous sommes devenus confidents, comme si de rien n'était. Puis, ses études l'ont conduit à partir du nid familial et il m'a manqué. Je ne lui ai pas dit. Il est des choses que l'on ressent et que l'on ne dit pas, par pudeur. Je l'ai regardé évoluer et grandir, trouver la voie d'un métier l'épanouissant et lui faisant découvrir qu'il avait des mains. Mon Grand Yo est devenu Ostéopathe. Ayant passé quelques années en Angleterre, pour ses études, puis à Limoges dans un premier cabinet, il est enfin revenu près de nous et a ouvert son cabinet, tout en continuant à apprendre et progresser auprès d'autres confrères, en collaboration. Aujourd'hui, quand il parle de son métier, son oeil s'éclaire, il est presqu'intarissable. Il explique, dans un flot, tout ce que ce métier lui apprend sur les hommes et combien il l'aime.
Pourtant, depuis quelques mois, mon Grand Yo est inquiet. Le gouvernement, après avoir enfin reconnu l'ostéopathie dans une loi de 2002, a pris des décrets d'application faisant passer le nombre d'années d'études de 6 à 3 ans. Le but semble être indirectement de mettre un coup d'arrêt à cette profession, en la "déprofessionalisant". Les ostéopathes ne prétendent pas suppléer les professions médicales classiques , mais se placer aux côtés d'elles, offrir une autre manière de concevoir la douleur et le malade, fondée sur de réelles connaissances du corps humain, pluridimensionnelles. Grand Yo, depuis qu'il a obtenu son diplôme, continue à approfondir ses connaissances, complétant encore son cursus. Il est le témoignage qu'un bon ostéopathe doit se former longtemps. Tous les autres Etats européens prévoient d'ailleurs un cursus en 6 ans. Je ne rentrerais pas plus dans les détails ici, car ce n'est ni l'endroit, ni mon domaine. Pour en savoir plus, vous pouvez aller ici :osthéopathie en danger.
Pour la première fois, Grand Yo m'a demandé si je pouvais l'aider en signant une pétition en soutien de l'action des ostéopathes, afin d'obliger le gouvernement à rétablir un cursus complet de formation pour cette profession à part entière. Grand Yo est un homme fort, il ne demande presque jamais d'aide... S'il l'a fait, c'est que réellement la profession dont il est membre et auquel il croit est en danger.
A mon tour, je vous incite à aller signer la pétition : si les ostéopathes récoltent 100 000 signatures, ils pourront demander au gouvernement de modifier les arrêtés d'application de la loi. Cela vous prendra à peine quelques minutes....
Un grand merci d'avance pour mon Grand Yo et tous les autres.... et n'hésitez surtout pas à faire circuler l'information...

Pour vous remercier ;-), je vous propose aujourd'hui deux recettes toutes simples, mais archi sympathiques. Je suis assez fan des cakes et j'en fais régulièrement pour les apéros réalisés à l'improviste chez moi ou ailleurs. J'ai une bonne recette de base, que je décline en fonction de mes envies du moment. L'avantage, c'est qu'elle est susceptible de se décliner avec le contenu du frigo ou du placard... Dernièrement, j'en ai fait plusieurs fournées, dans des moules individuels à cannelés, tout simplement parce que ce sont les seuls moules individuels dont je dispose chez moi! Pourtant, hormis leur forme, ils n'ont rien de cannelés, c'est pourquoi nous les appellerons Petits Cakes, parce qu'il est important d'appeler un chat, un chat, a dit la Turtle.
Alors voici les Petits Cake Epinards, Fruits secs et Pancetta et les Petits Cake Châtaigne, Chèvre, figues et noix


Ingrédients: pour 10 cannelés

Pour le mélange châtaignes, chèvre, figues et noix

  • 120 g de farine de châtaigne (j'ai mis tout châtaigne, mais on peut couper avec de la farine normale)
  • 2 oeufs
  • 15 cl de crème fraîche à 5% MG
  • 30 g d'huile de noisettes (oui, j'ai pesé, je sais que ce n'est pas courant, mais mon saladier était sur la balance, alors..)
  • 30 g d'huile d'olive
  • 30 g de noix
  • 2 ou 3 figues séchées
  • sel et poivre
  • Romarin, sauge et basilic
  • 70 g de fromage de chèvre type picodon ou rocamadour
  • 2 cc de graines de pavot (facultatif)






    Pour le mélange Epinards, Fruits secs et Pancetta

  • 120 g de farine
  • 2 oeufs
  • 15 cl de crème fraîche (5% MG)
  • 5cl d'huile d'olive
  • 75 de fruits secs, mélange noisettes, amandes et noix
  • 1/2 s. de levure
  • Poivre sechuan
  • Romarin
  • 10 tranches de Pancetta
  • 100 g de fromage de chèvre frais (chavroux)
  • 200 g d'épinards précuit

Marche à suivre:

  • Tamiser ensemble la farine et la levure
  • Battre dans un saladier les oeufs, rapidement, la crème fraîche, l'huile
  • Ajouter la farine progressivement, de manière à obtenir une pâte homogène et lisse
  • Préparer les garnitures:

pour les muffins aux châtaignes, faire revenir les noix à sec dans une poêle, quelques minutes, avec les figues séchées coupées en fines lamelles, ajouter à la pâte avec le fromage frais coupé en morceaux, les herbes et les graines de pavot

pour les muffins aux épinards: faire cuire les épinards quelques minutes dans une poêle avec une noisette de beurre, ajouter à la pâte ; saisir les morceaux de pancetta quelques instants dans une poêle à sec, de façon à les faire dorer avec les fruits secs ; enfin, ajouter les morceaux de chèvre, mêler le tout, saler et poivrer, ajouter les herbes

  • Répartir la pâte dans les moules à cannelés ou à muffins
  • Faire cuire 30 minutes environ à four Th 7 (la pointe du couteau doit ressortir quasiment sèche)

Bilan des courses:

Ces petites choses sont on ne peut plus simples et rapides à faire. Comptez 10 minutes pour préparer le mélange et 30 minutes de cuisson.

Ces deux versions ont fait l'unanimité.

Ceux aux épinards, jettent tout d'abord un froid. Et oui, cette jolie couleur vert caca d'oie a de quoi faire frémir un ou deux mâles peu aventuriers. Attendez-vous au "et il y a quoi la dedans? un peu suspicieux". Mais croyez-moi, l'épinard donne une touche de verdure très agréable, bien contrebalancée par la note gourmande des fruits secs et du fromage de chèvre. La texture des cakes est allégée par la présence de ce légume, dont on ne sent finalement qu'à peine le goût.

Ici, j'avais mis une dizaine de tranches de pancetta, ce qui était finalement peu,. Pour servir les petites cake à l'apéritif, c'est suffisant, toutefois, si l'on veut une version plus gourmande, il est conseillé d'être plus généreux avec les quantités. Le poivre séchuan et le romarin relèvent merveilleusement le goût des petits cakes.

Pour ce qui est du mélange à base de farine de châtaigne, n'ayant pas coupé la farine avec une partie de farine de blé, j'avais peur que les petits cakes soient trop forts en goût. Honnêtement, je n'ai pas trouvé et je crois que les Pralines, qui étaient les goûteuses officielles, ont vraiment apprécié. En tout cas, il n'en est pas resté! L'association du goût de la figue, du fromage de chèvre et des noix fonctionne très bien. Le parfum du romarin était également assez présent, d'autant plus que j'avais laissé les brins entiers, ce qui permettait aux papilles de tomber nez à nez avec l'un d'eux au détour d'une bouchée.

Voilà, si avec ça, vous ne trouvez pas l'occasion d'organiser un apéro, je ne sais plus quoi faire!

Conté par Alhya at 1/10/2007 08:31:00 PM | 84 comments Fiche recette

janvier 05, 2007

La Bûche de Noël ou quand la Turtle aime décidément trop les fêtes


Se réveiller un matin et se dire que tout y était...
Rire en pensant que non seulement on en a rêvé tant et plus, de ce Réveillon en Bretagne, mais qu'il s'est payé le culot d'être encore plus réussi qu'on n'osait l'imaginer.... Se repasser avec bonheur le film de ces quatre jours si vite déroulés, l'oeil sur les photos, muets témoignages des moments parfaits partagés là-bas, si vivants de chacun des sourires dessinés sur des visages hilares ...
Se retrouver avec une crève d'enfer, contrepartie ridicule de l'insouciance d'une turtle narguant fatigue et vent breton pour le plaisir d'aller danser des heures durant au milieu des amis de toujours, des cousins et autres amis lyonnais ou parisiens embarqués pour l'occasion... Se surprendre régulièrement, au cours des corrections de copies, les yeux dans le vague, à embarquer à nouveau mentalement pour ce lieu si capricieux en hiver, beau de son indiscipline, fort de sa fougue retrouvée...
Rêver qu'on est encore, pour quelques instants, comme il y a quelques jours à peine, en train d'affronter, emmitouflée dans son caban et sa grande écharpe, les embruns iodés pour montrer The falaise, celle au sommet de laquelle on campait déjà adolescente... sous un vent de suroît à faire valser la turtle en équilibre sur un rocher... Lire dans le regard de ceux que l'on a convié à découvrir ce lieu que l'alchimie et la magie font leur effet... Courir, sous la pluie qui se fait plus dense, se réchauffer à l'intérieur, auprès d'une bonne flambée... Déposer ses vêtements trempés et aussitôt se précipiter en cuisine parce que ce n'est pas tout, mais il est grand temps de préparer le dîner indien, le repas gargantuesque aux mille influences du réveillon, ou encore le pavé au toblorone, en prévision du Brunch du 1er Janvier...
Sourire en se souvenant de l'énergie et de l'enthousiasme de la Turtle et de sa joyeuse, généreuse et dynamique invitée surprise du Réveillon, préparant dans un stress fébrile des repas pour 14, mêlant le sucré/salé, les légumes, les épices et les saveurs. Se remémorer aussitôt l'émerveillement des goûteurs et le déferlement de compliments. Se rengorger d'avoir réussi à innover, tout en faisant plaisir aux gens, de s'être éclaté en cuisine, tout en participant à la vie en communauté... Se féliciter d'avoir pris le temps de se perdre sur les chemins brumeux de la Bretagne parée de ses atours hivernaux, de danser jusqu'au bout de la nuit et même de dormir quelques heures à peine ...
Se dire alors dans un soupir, en sortant de sa torpeur, qu'on a bien de la chance de pouvoir vivre moments si intenses, en étant si bien entourée... Se dire enfin que la vie est bien riche, douce et magique quand on sait la cueillir et que si l'année est à l'image de ce que l'on a ressenti le premier jour qui l'a ouverte, alors c'est plutôt deux fois qu'une, qu'on se lance dans cette nouvelle aventure... !

Gargarisée encore par ces moments intenses, riches en émotion, denses, plein d'humanité et de générosité vécus au cours de derniers jours, je vous souhaite à Tous une...
Merveilleuse, Généreuse et Heureuse année 2007!
Voilà, maintenant que ça c'est fait... je dois bien vous avouer que, toute à ma joie de savourer ces instants rares et magiques, je n'ai pas pensé à prendre les photos de ce que j'ai réalisé... et pourtant, Dieu sait combien j'ai été satisfaite des nombreux petits plats concoctés pendant ces 15 derniers jours! ;-)
Malgré tout, il y a une chose que j'ai pensé à photographier tellement j'étais fiérote d'avoir osé affronter cet Everest : Ma Bûche de Noël.

Chez nous, la bûche est loin d'être un dessert roi, notamment parce qu'elle est souvent accusée de plomber les fins de repas déjà gargantuesques de nos fêtes de fin d'année.. et pourtant, ne pas finir le repas sur une note sucrée est assez frustrant... Alors j'ai cédé à la tentation de réaliser une bûche que j'ai voulue légère à souhait. Dès le départ, j'étais séduite par l'idée de faire une Bûche à base de mousse au chocolat et de mousse à la châtaigne. Or, Turtle's Mum est la pro de la mousse au chocolat, mais attention, ce n'est pas la petite mousse qu'elle réalise ... non, non... pensez donc, la sienne est à son image : généreuse. Elle contient jaunes d'oeufs, beurre , sucre et chocolat en quantités telles qu'elle permettrait de rassasier pour 3 jours un bataillon de braves gaillards approchant les 2 mètres... J'ai donc très vite opté pour une mousse plus légère. Une mousse réalisée à l'aide d'une simple crème chantilly semblait parfaitement adaptée. Oui, mais voilà, la chantilly et moi, nous n'étions vraiment pas amies depuis que cet été, en plein mois de juillet j'avais désespérément tenté de monter une crème entière qui, bien que passée dans le congélateur et tout, et tout, restait désespérément liquide....Bon, bien sûr, c'était en pleine canicule, il n'empêche que depuis j'avais une grande réticence à retenter l'expérience. Mais ici, une telle épreuve s'imposait, il était temps que la Turtle affronte courageusement ses vieux démons ;-)!

Parallèlement et pour m'aider dans la quête du graal de la réalisation d'une Bûche gourmande et aérienne, j'ai opté pour trois recettes de Ma Grande copine La Véro : celle d'un gâteau au chocolat pour faire le contour de la bûche (qu'elle même avait utilisé pour une sublime bûche) , celle du croustillant aux noisettes , et enfin, le glaçage qui tue.

C'est ainsi qu'est née la Bûche aux deux mousses sur son croustillant aux noisettes, contours chocolatés. Bon, bien sûr, je reste objective et je sais que ma Bûche est bien moins belle que celle que certains réalisent. Il n'empêche que si vous avez la chance de cuisiner, comme moi, pour des gens qui pensent que les fourneaux sont un lieu mystérieux, voire légèrement dangereux ;-)... vous allez littéralement les épater avec cette Bûche qui allie la générosité des saveurs et la légèreté...

Ingrédients: Pour deux belles bûches

Pour le gâteau au chocolat:

  • 2 oeufs + 1 jaune + 5 blancs
  • 120 g de poudre d'amandes
  • 120 gr de sucre glace
  • 80 gr de sucre semoule
  • 95 g de farine
  • 60 g de cacao non sucré


Pour le croustillant aux noisettes

  • 250 gr de blancs d'oeufs
  • 100 gr de sucre
  • 200 gr de sucre glace
  • 200 gr de noisettes

La mousse au chocolat:

  • 200 g de chocolat
  • 15 cl de crème entière
  • 1,5 feuilles de gélatine
  • 30 g de sucre

La mousse à la châtaigne:

  • 250 g de crème de marrons vanillée
  • 15 cl de crème entière
  • 1,5 feuilles de gélatine

Pour le glaçage:

  • 10 cl d'eau
  • 15 cl de creme liquide
  • 60 gr de sucre glace
  • 6 feuilles de gélatine
  • 40 g de cacao en poudre amer

Marche à suivre: à faire la veille ou au moins 10 heures avant

Pour le croustillant aux noisettes

  • Faire préchauffer le four th 5.
  • Faire caraméliser les noisettes légèrement concassées dans une poêle avec une noisette de beurre et un peu de sucre
  • Monter les blancs en neige puis les serrer avec le sucre
  • Ajouter le sucre glace et les noisettes, délicatement
  • Faire cuire dans un moule flexipan de 16 cm (une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé pour moi) pendant 35 mn four chaud 170 °C
  • A la sortie du four réserver sur une grille.

Pour le gâteau au chocolat:

  • Fouetter les oeufs et le jaune, le sucre glace et la poudre d'amandes
  • Dans un autre recipient battre les blancs d'oeufs en neige ferme puis y ajouter le sucre semoule
  • Mélanger les 2 préparations et y ajouter progressivement la farine.
  • Ajouter le cacao amer
  • Verser la pâte sur une plaque de pâtisserie
  • Puis au four chaud 190 °C pour 15 mn
  • Réserver

Pour les Mousses :

  • Mettre la crème au congélateur, dans un saladier en verre, avec les batteurs, 15 minutes
  • Faire fondre le chocolat au bain marie ou au micro-ondes, réserver
  • Mettre à ramollir les feuilles de gélatine dans de l'eau froide
  • Faire fondre 1,5 feuilles de gélatine dans le chocolat chaud, et le reste des feuilles dans un peu de lait, à mêler avec la crème de marrons
  • ajouter le sucre à la préparation au chocolat
  • Monter la crème en chantilly
  • Répartir la moitié de la chantilly dans le chocolat, l'autre dans la crème de marrons

Pour le montage :

  • Chemiser deux moules à cake de film plastique
  • Couper deux rectangles de gâteau au chocolat, de la longueur du moule à cake et en couvrir les côtés; pour la seconde bûche, couper deux rectangles de croustillant aux noisettes et faire de même
  • Verser la mousse à la châtaigne au centre, la moitié dans chaque bûche
  • Découper un rectangle de croustillant à la noisette, la déposer au centre; pour la seconde bûche, un rectangle de gâteau au chocolat
  • Recouvrir de la mousse au chocolat, à part égale entre les deux bûches
  • Finir avec un rectangle de gâteau au chocolat pour la première bûche ; pour la seconde, d'un rectangle de croustillant aux noisettes

A faire le jour même, le glaçage:

  • Faire bouillir pendant tous les ingrédients, sauf la gelatine que l'on rajoute ensuite hors du feu
  • Bien remuer et laisser prendre
  • Puis réchauffer un tout petit peu au micro-ondes pour pouvoir étaler le glacage

Bilan des courses:

Cette Bûche fait partie des grands moments gustatifs de ces fêtes.

D'une, parce qu'avec son contour tout chocolaté et brillant, elle a épaté tout le monde. De deux, parce que tout le monde l'a trouvée absolument légère et aérienne comme je l'espérais. De trois, parce que tout le monde s'est tout à coup découvert une passion pour la mousse de châtaigne...

Ma P'tite Caille, fervent défenseur des châtaignes à mes côtés, était aux anges.

Le Croustillant aux noisettes est quant à lui une pure merveille... Difficile de ne pas céder à la tentation d'en engloutir la moitié avant de monter la bûche. Je dois préciser qu'au cours de la cuisson, le dessus du croustillant s'élève, un peu comme une meringue. A l'instant précis où j'ai constaté cet effet, j'ai paniqué totalement. "Zut, zut, zut", me suis-je écrié, j'ai foiré quelque chose. Heureusement, La Véro m'a bien vite rassurée, "tout est normal, attends que cela refroidisse..". Effectivement... tout est devenu raplaplat au bout de quelques minutes... Pour la découpe, j'ai utilisé une paire de ciseaux et m'a foi, ça fonctionne à merveille!

La seule légère réserve des uns et des autres a concerné la présence des bords en gâteau au chocolat, qu'ils trouvaient superflue. En fait, si les bords sont pratiques notamment pour réaliser le glaçage, ils n'apportent pas grand chose en termes de saveurs. Le caractère très onctueux des mousses a même tendance à faire apparaître les bords assez secs, en comparaison. Mais la Turtle ne renonce jamais à tirer profit de l'expérience. C'est pourquoi j'ai décidé de remettre une Bûche aux deux mousses sur son croustillant aux noisettes au programme du réveillon Breton. Et là, autant vous dire, mes amis, que c'était le bonheur ultime.

Ingrédients :pour la version bretonne:

Pour le croustillant: cf au dessus

Pour la mousse à la châtaigne: cf au dessus

Pour la mousse au chocolat, légère variante, plus généreuse:

  • 250 g de chocolat noir
  • 15 cl de crème fraîche entière
  • 3 jaunes
  • 1,5 feuilles de gélatine
  • 30 g de sucre semoule

Pour le glaçage ganaché:

  • 200 g de chocolat
  • 75 g environ de beurre

Marche à suivre:

  • Faire le croustillant aux noisettes
  • Faire la mousse à la châtaigne
  • Pour la mousse au chocolat, incorporer les jaunes au chocolat fondu, en fouettant bien, puis la gélatine, et enfin, la crème fondue
  • Pour le montage, mettre au fond des moules à cake la moitié de la mousse à la châtaigne, recouvrir d'un rectangle de croustillant aux noisettes, verser la moitié de la mousse au chocolat, finir par un nouveau rectangle de croustillant aux noisettes
  • Placer au congelateur les deux bûches ainsi réalisées
  • Deux heures avant le dîner, faire fondre le chocolat pour le glaçage, ajouter le beurre dans le chocolat encore chaud, en ajouter jusqu'à obtenir la texture désirée, en recouvrir les bûches juste sorties du congelateur
  • Placer les deux Bûches au frigo jusqu'à l'heure du dessert

Bilan des courses:

Cette version de la Bûche aux deux mousses sur son croustillant de noisettes a réellement fait l'unanimité. Nous l'avons servie accompagnée d'une compotée de poires citronnées (5 poires, coupées en cubes, réduites dans un jus de citron à feu doux, saupoudrées d'un peu de sucre, mixées puis réservées au frais jusqu'au dessert). L'association de la mousse au chocolat, de celle à la châtaigne et de la saveur légèrement acidulée de la poire était tout bonnement magique, le tout dans un nuage de douceur, relevé du croustillant aux noisettes... je n'ai plus de mots pour décrire combien le mélange était parfait... Alors, à vous d'essayer !

Conté par Alhya at 1/05/2007 10:05:00 PM | 93 comments Fiche recette