A Turtle in a Kitchen

a déménagé

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Désolée pour le dérangement...

A Turtle in a Kitchen: février 2007

février 27, 2007

Lentilles-Soto Corail ou la Danse Bollywoodienne d'une Turtle

Après le déferlement d'amour ayant envahi ma cuisine l'autre jour, il est grand temps de revenir ce soir à un petit plat plus sobre et néanmoins follement généreux.
J'ai déjà évoqué l'arrivée dans ma cuisine de la lentille corail, utilisée notamment pour réaliser mon Dip Dal. Forte de cette première expérience, j'ai eu envie de poursuivre l'aventure.
Nous étions un samedi matin. J'adore ce jour.
Il consacre l'entrée dans le week end, instant magique où j'envisage de pouvoir faire tout un tas de choses exclues durant la semaine. M'étant réveillée tardivement, je voulais profiter des quelques heures de répit avant le gros rush de l'après midi pour me concocter un déjeuner complet, réconfortant et original. Immédiatement, le souvenir ô combien magique d'un petit plat testé chez Valérie, au cours d'une de nos rencontres praliniennes, un fabuleux Curry de lentilles corail au lait de coco, est revenu caresser virtuellement mon palais.
Mais parce que les choses ne se déroulent que très rarement comme je le veux (c'est beaucoup plus marrant), ce jour là, impossible d'accéder au blog de Valérie : canalblog faisait des siennes. J'ai tenté de me souvenir ou plutôt d'imaginer, à l'aide du généreux souvenir qu'il m'en restait, ce qu'il fallait pour réaliser si ce n'est le plat tant apprécié, au moins une version approchante.
Il y aurait donc des lentilles corail, des carottes, des champignons (je savais qu'ils ne figuraient pas dans le plat de Valérie, mais je n'avais pas de pommes de terre), quelques morceaux de poulet et bien sûr, du lait de coco, ainsi que des épices...

Les épices, voilà bien une chose dont je ne peux me passer. Régulièrement, je craque au détour d'une épicerie ou d'un rayon de grand magasin sur des petites boîtes aux mille saveurs. Ajouter ces dernières à quelque plat basic assure toujours un voyage des papilles dont je ne sais plus me passer. Un jour, j'ai constaté que l'étagère située au dessus de ma cuisinière ne permettait plus d'en accueillir. J'ai donc investi dans un indispensable lot de petits pots en porcelaine, permettant d'accueillir à l'abri de la lumière et de l'humidité les plus fragiles de mes mélanges. Toute contente, j'ai rempli, puis confortablement installé les petits pots dans un charmant petit réceptacle en fer forgé, destiné à être accroché au mur. Bon, mes capacités en matière de bricolage étant ce qu'elles sont (proches du néant, je dois bien l'avouer) je me suis dit qu'en attendant que mon Pôpa vienne m'aider à accrocher le tout au mur, j'allais laisser le tout sur l'étagère. Ainsi, en ce samedi matin, les petits pots somnolaient comme à leur habitude, tranquillement avachis sur leur promontoire. Alors que je commençais tranquillement à préparer mon déjeuner et avant même que je ne me sois approchée du fameux petit pot contenant le garam massala (une merveille, ce mélange), un bruit suspect attira mon attention. Et là, relevant la tête brusquement, sans avoir ne serait-ce que le temps de lâcher ce qui se trouvait alors dans mes mains, je fus soudain entourée d'une vague d'épices aux couleurs bigarrées, totalement constellée de curry, cumin, épices tandoori, nageant dans une mer de petits morceaux de porcelaine blancs. Un véritable tsunami dans mes 5 mètres carrés de cuisine.
Imaginez un peu la tête de la Turtle comprenant soudain que le fameux cortège de petits pots avait tout à coup décidé de faire le grand plongeon de l'étagère pour venir retrouver la terre ferme, 1 mètre 50 plus bas.... Prise d'un violent fou rire, consécutif à la trouille créée par le bruit hallucinant qui avait entouré ce phénomène tout bonnement surnaturel, je me dis que le plus simple était encore, compte tenu du capharnaüm m'entourant, de me munir illico presto de mon aspirateur. Ah... la belle et riche idée! En deux temps trois mouvements, épices, porcelaine et tout ce qui traînait sur mon carrelage habituellement blanc, disparurent. Bueno...

Ce n'est que quelques jours plus tard, lorsque, décidant qu'il était temps de rafraîchir un peu mon appartement, je remis en marche mon aspirateur, que je compris les conséquences de ma brillante idée... Imaginez-vous en train d'aspirer dans une ambiance tout à coup féerique, brusquement envahie par une douce émanation provenant de l'animal vrombissant, faite de senteurs mêlant l'Inde et le Maroc ... Et oui, c'est un concept! Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas tenter d'exploiter ce filon. Non, mais sans rire, ce n'est pas donné à tout le monde de n'avoir plus qu'une envie, à peine le bouton marche de l'aspirateur enclenché, danser comme une héroïne tout droit sortie d'un bon film de Bollywood ! Ne rigolez pas, ça peut créer des vocations, j'en suis sûre! En tout cas, croyez-moi sur parole, la danse de la Turtle indienne passant l'aspiro d'une main, ça vaut le détour!

Bon, je ne m'étendrai pas plus que ça sur la deuxième conséquence, nettement moins rigolote de l'éclatage de pots à épices en règle dans ma cuisine. Oui, oui, il vaut mieux passer sous silence certains détails... Sachez juste que vous devriez si, comme moi, vous avez une machine à laver le linge située dans la cuisine, penser à en fermer hermétiquement la porte avant de vous lancer dans ce type d'aventure, un malheur n'est que trop vite arrivé. Et découvrir, à l'issue d'une machine, que vos parfaitement blancs petits débardeurs et autres sublimes chemises initialement de la même couleur, ont décidé de se transformer en vêtements jaune poussin parce que manifestement, le curry avait décidé de s'immiscer dans le cycle de nettoyage, c'est plus que déroutant!

Trèves de plaisanteries et anecdotes croustillantes sur mon quotidien passionnant, enrichi par les petites blagues de ma grande copine la Vie, je vous livre à présent la recette de mon petit plat partiellement remasteurisé, j'ai nommé le délicieux Lentilles Soto Corail


Ingrédients: pour une Turtle Dansant dans un Bollywood


  • 50 g de lentilles corail
  • 30 cl de lait de coco
  • 10 cl de lait ou crème fraîche
  • 100 g de poulet
  • 200 g de champignons (ou de pommes de terre, précuites à la vapeur et coupées en rondelles)
  • 2 petites carottes (150 g)
  • 1 échalote
  • Garam Massala (1 bonne dose)
  • Quelques graines de carvi et de Coriandre ou quelques grains de poivre noir
  • Huile de noisettes
  • Une grosse noisette de beurre
  • Quelques gouttes de jus de citron (facultatif)
Marche à suivre:

  • Mettre dans une cocotte en fonte une bonne noisette de beurre, une cuillère à soupe d'huile de noisettes, y faire revenir l'échalote quelques instants
  • Ajouter les épices, les graines de coriandre et de carvi, le garam massala
  • Eplucher les carottes et les couper en fines rondelles
  • Jeter dans la cocotte les carottes et les lentilles, les enrober dans le beurre et les épices
  • Faire revenir deux minutes, en mélangeant rapidement
  • Couvrir d'un peu d'eau (2 cm au dessus des lentilles)
  • Fermer la cocotte et laisser cuire une dizaine de minutes
  • Pendant ce temps, couper le poulet en petits morceaux
  • Faire chauffer une grande poêle avec une cuillère à soupe d'huile, y jeter les champignons et les saisir à feu assez vif, en remuant souvent et en les salant, pour qu'ils rendent leur eau
  • Ajouter après 5 minutes les morceaux de poulet et les saisir sur toutes les faces pour qu'ils dorent légèrement
  • Quand les lentilles ont déjà cuit 10 minutes, ouvrir la cocotte, l'eau doit être presque totalement absorbée, ajouter alors le lait de coco, le lait et la poêlée de champignons et poulet
  • Mélanger et laisser mijoter 7 à 10 minutes à feu moyen à doux, en remuant régulièrement
  • Saler, poivrer, goûter pour vérifier que le tout soit suffisamment fort en goût, ne pas hésiter à ajouter du garam massala s'il en manque, finir en versant quelques goutes de jus de citron sur le dessus, servir immédiatement

Bilan des courses

Alors que vous dire de ce lentilles Soto Corail?

Tout d'abord qu'il figure tout en haut des PRQFGB (Plats Réconfortants Qui Font Grand Bien). Oh que oui! Celui-ci, y goûter, c'est l'adopter pour tous les jours où l'on a qu'une envie (surtout si la pluie vient frapper les carreaux), rester calé sous la couette et regarder des dvd comme si de rien n'était.

Ensuite, point ultra important, il finit de me réconcilier avec le lait de coco. Moi qui croyait détester cet ingrédient, je suis totalement convertie à sa douce saveur, mariée à des plats salés, une merveille d'onctuosité, un soupçon de richesse et à peine, à peine de ce petit goût qui esquisse immédiatement une échappée vers les îles...

J'ai déjà évoqué la grande douceur des lentilles corail. Ici encore, cette qualité est parfaitement mise en valeur. Au détour d'une bouchée, les carottes se dévoilent, à peine un peu croquantes, le poulet, onctueux, fondant légèrement sous les coups de la dent carnassière... Les champignons amènent leur petite note boisée... Cependant, pour ceux qui préfèreraient une version plus "tient au corps", ils peuvent être remplacés par des petites rondelles de pomme de terre, qu'on aura précuites puis poêlées également quelques minutes, histoire de les faire dorer un tantinet.

Ce petit plat est d'une grande simplicité à réaliser. Néanmoins, l'essentiel de sa réussite tient à sa saveur, laquelle dépend totalement de la qualité des épices. Le garam massala pour commencer (paix à son âme, il séjourne toujours paisiblement dans les tréfonds de mon aspirateur) doit être judicieusement dosé, être présent, sans étouffer les autres produits (je sais, avec ce genre d'indications, je ne vous aide pas beaucoup, mais c'est comme ça, il faut goûter au fur et à mesure de la préparation pour savoir). Les graines de carvi ensuite. J'ai investi il y a peu dans ces dernières et elles constituent mon nouvel ingrédient phare du moment. Elles ont une saveur légèrement anisée, plus subtile et nuancée que la badiane ou l'anis vert. J'ai trouvé qu'ici, elles dynamisaient à merveille l'ensemble, craquant de temps en temps sous la dent et libérant alors leur force. De la même manière, la graine de coriandre relève le tout. Si vous n'êtes pas amateur de l'une ou l'autre de ces graines, nulle obligation de les ajouter,un peu de poivre noir pourra parfaitement les remplacer.

Allez, mes amis, à nouveau envahie par le souvenir de cette association de saveurs et de couleurs, je m'en vais rejoindre un pays lointain, en rêve au moins!

Conté par Alhya at 2/27/2007 11:00:00 PM | 74 comments Fiche recette

février 21, 2007

Moelleux Fondants ChocoMarronnés ou la rencontre amoureuse de Sieur Chocolat et Dame Marron

Il y a quelques jours c'était la Saint Valentin et la douce Sophie m'a alors conviée à répondre à un questionnaire à ce sujet . J'étais fort emballée par l'idée et ce, alors même que je crois bien ne jamais avoir sacrifié à la pression commerciale liée à ce genre d'évènements (bon, si j'avoue, une fois, mais de grâce, je n'avais que 16 ans, et tout le monde le sait, à 16 ans, la fille est fleur bleue), mais les contraintes de mon quotidien étant ce qu'elles sont, je n'ai pu le faire à temps. Ce soir, je trouve un rien décalé de le faire. J'opte donc pour une déclaration à ma façon, consistant à vous compter l'histoire d'une rencontre d'amour s'étant déroulée il y a peu, dans la Turtle's Kitchen, entre Sieur Chocolat et Demoiselle Marron.
Oui, oui, je sais. Ce n'était pas tout à fait ça, l'esprit du questionnaire. Mais j'avoue qu'ayant déjà récemment relevé, avec force courage, le challenge périlleux et ô combien long, consistant à répondre à un questionnaire, j'ai comme l'irrésistible envie de passer mon tour... Et puis, avouez qu'une Belle histoire d'amour, c'est quand même nettement plus affriolant que le fait de savoir où j'aimerais partir le jour de la St Valentin avec mon amoureux, non?

Alors, laissez moi vous narrer cette histoire là.


Il était une fois .... Sieur Chocolat.
Ce brave gars, tout de noir vêtu, se reposait tranquillement,
consciencieusement enveloppé dans une robe argentée, elle même confortablement recouverte par une couche de papier cartonné. Il était là, un rien esseulé, malgré tout, attendant patiemment l'heure de sa grande sortie...


De son côté, une jolie Demoiselle marron, crémeuse à souhait, s'étant parée de ses plus beaux atours vanillés, séjournait dans sa boîte de fer, bien à l'abri de la lumière...

Un matin du mois du Janvier de l'An 2007, une Turtle en manque de réconfort se dit qu'il était plus que temps de passer aux choses sérieuses et de trouver, comme à son habitude, un petit bout de bonheur gustatif tout droit sorti de sa cuisine. Elle ouvrit alors la porte de son inspiration et, pour permettre à cette dernière de s'exprimer, ouvrit prosaïquement, il est vrai, les portes de ses placards. Elle découvrit alors, dans le fatras des produits placés tant bien que mal côte à côte sur les rayons, ces deux malheureux, qui désespéraient manifestement de trouver chaussure à leur pied. N'écoutant que son courage, elle eut soudain l'envie irrésistible de permettre à ces deux là de tenter leur chance...

Sieur Chocolat, tout à coup ébloui par la brusque sortie de l'obscurité dans laquelle il était plongé depuis bien trop longtemps, ne vit pas immédiatement de quel bois était la recette qu'il allait bientôt concourir à réaliser. Il sentit soudain une vague de chaleur l'envahir. Douce, cette dernière ne lui procura au départ que cette étonnante sensation de fondre de plaisir. Puis, il eut tout à coup la certitude qu'il retournait à sa prime jeunesse, au fur et à mesure qu'il sentait sa robe noire dégouliner, sous la grande spatule en bois l'enrobant progressivement et ô combien délicieusement de beurre salé . Lorsque, enfin, il fut complètement et intimement mêlé à ce dernier, il aperçut du coin de l'oeil la Belle Demoiselle Marron se préparant pour leur rencontre imminente. Il sut, sans même que la Turtle ait eu le temps de cligner d'un cil, qu'il était face à une perle. Elle était là, attendant patiemment, scintillant légèrement sous la lumière, tout en couleurs chatoyantes et légèrement mordorées.

Elle, n'ayant toujours pas réalisé que son heure était venue, continuait, comme à l'accoutumée de rêver à son Prince Charmant... C'était chose courante pour elle, de penser à celui qui un jour serait l'élu de son coeur. Elle y pensait même tant et avait cru l'apercevoir si souvent, avant de réaliser, toute déconfite, qu'elle s'était finalement trompée, qu'elle s'était même promis que lorsqu'enfin elle le croiserait, elle commencerait par lui reprocher d'avoir tant tarder à venir la chercher sur son fidèle- et forcément blanc- destrier!

... Et voilà qu'au moment précis où elle se sentit quitter son humble demeure toute en fer, pour le rejoindre, -enfin!-, elle perdit dans l'instant toute envie de le laisser marronner quelques temps... Elle n'eut en fait plus qu'un désir irrésistible, se laisser délicatement envahir par la légère chaleur de son Prince Charmant, n'opposant ni résistance, ni reproche aucun à celui qui était devenu dans l'instant sa parfaite moitié, son rêve, sa destinée. Il n'eut pas même besoin de se présenter, elle le reconnut immédiatement, comme une évidence. Alors, pour parfaire ce mariage endiablé de la généreuse et crémeuse robe à la subtile douceur vanillée de Dame Marron et de la riche onctuosité de Sieur Chocolat, furent ajoutés quelques oeufs par la Turtle, devenue grande Prêtresse de leur idylle naissante. Et se créa alors l'alchimie parfaite, l'équilibre de la force de Monsieur Chocolat mariée à la grande douceur de la Dame marron.
Après quelques instants dans la fournaise du four, accessoire modeste de leur lune de miel, naquirent de parfaits Moelleux-fondants Chocomarronés...

Voici donc l'histoire telle qu'elle me fût contée, directement au creux de l'oreille, par la lecture de la recette réalisée par Manue. Il me faut préciser que lorsqu'elle l'avait faite, Manue s'était extasiée et quand Manue s'extasie, la Turtle note. Je n'ai donc rien changé, et vous la trouverez ici. Je vous remets les ingrédients et la marche à suivre, on ne peut plus simple!







Regardez moi un peu la bouille trognon du dernier né, l'est pas tout le portrait de sa grand mère, franchement?





Ingrédients: Pour une vingtaine de mini moelleux fondants (j'ai fait une partie dans mon tout nouveau moule à petits cakes, et une partie dans mon moule à muffins)


  • 500 g de crème de marrons vanillée
  • 100 g de chocolat noir dessert (à 61 ou 65% de cacao)
  • 3 oeufs
  • 100 g de beurre (demi sel pour moi)+ 10 g pour le moule




voici deux photos des moelleux retournés, vous observerez cet aspect luisant, signe de la légère caramélisation et de la légère humidité de ces petites choses...


Marche à suivre :

  • Préchauffer le four à thermostat 5 (150°C).
  • Faire fondre le chocolat au bain-marie avec le beurre
  • Lisser le mélange
  • Ajouter à la crème de marron en fouettant.
  • Battre les oeufs entiers et incorporer progressivement au mélange en remuant très vivement pour obtenir une préparation homogène.
  • Verser dans un moule à gâteau beurré et fariné.
  • Cuire entre 20 et 30 minutes (toujours à 150°C): à chacun de calibrer sa cuisson... le tout étant que le moelleux, reste bien moelleux, alors attention à ne pas les oublier trop longtemps au chaud!

Bilan des courses:

Ces petits Moelleux Fondants ChocoMarronés furent dégustés par une bande de joyeux drilles, à l'issue d'une fort festive soirée raclette. Je pensais qu'au regard de la qualité un tantinet riche du repas, ils ne seraient pas nécessairement adaptés. Et oui, à peine nés et déjà accusés d'être trop bourratifs. Mais quelle ne fût pas ma surprise de constater qu'ils partaient plus vite encore qu'il ne m'avait fallu de temps pour les préparer!

En effet, ces petites bouchées (qui peuvent, bien sûr, être aussi préparés dans un grand moule - mais ils sont si mignons et se dégustent si vite en portions individuelles qu'il serait presque dommage de ne pas les présenter ainsi) se sont révélés à la fois généreux et légers. Contrairement à un certain pavé présenté tantôt en ces lieux, ici, nul risque d'être écoeuré ou de crouler sous un marasme chocolaté. Non, l'aventure est toute autre et bien plus raisonnable, tout en étant délicieusement gourmande. Vous l'aurez noté, j'en suis persuadée en renard que vous êtes, point de farine dans ces moelleux. Juste l'essentiel.

J'ajouterais enfin que même les personnes qui a priori pensaient ne pas aimer la crème de marrons se sont laissés conquérir. C'est que cette dernière sait presque se faire oublier, en parfaite représentante de la gente féminine, révélant seulement, dans le dernier instant de la dégustation, sa saveur particulière...
Ces petits Moelleux Fondants, je te les dédie, ma Grande Romantique, en espérant que tu ne me tiennes pas rigueur de n'avoir pas tout à fait répondu...

Conté par Alhya at 2/21/2007 11:05:00 PM | 89 comments Fiche recette

février 16, 2007

Dip-Dal de Lentilles Corail, graines de Coriandre et Menthe

Sortir d'un déjeuner, le coeur guilleret, l'estomac bien rempli et se retrouver l'oeil un rien affolé d'être tout à coup ébloui par un rayon de soleil rieur.
S'imaginer dans l'instant sur une piste enneigée, sentant la crème solaire soigneusement tartinée sur le visage exposé, dérisoire barrière -les tâches de rousseur seront de sorties ce soir-, pieds serrés dans des chaussures tortionnaires, genoux un rien fléchis, à l'arrêt, coudes posés sur les bâtons plantés, occupée seulement à savourer une pause bienvenue au milieu de l'effort... Etre tout à coup sortie de sa douce torpeur par le son de la neige crissant sous l'effort d'un surfeur virant à proximité, avoir soudain l'oeil à l'affût, guettant l'anorak rouge flashy de ma Ratatouille, dévalant tant bien que mal la piste, grand jeune homme bien décidé à garder le rythme endiablé cadencé par Grand Yo...
A 14 heures aujourd'hui, point de neige à l'horizon. Juste la douce caresse chaleureuse d'un soleil de février sur fond de fraîcheur hivernale. Sûrement celui que je préfère. Naturellement, se laisser conduire jusqu'à un petit coin de verdure urbain, point lumineux au milieu de l'asphalte. S'asseoir quelques instants à peine, c'est promis, sur la pierre. Du bout des doigts, toucher l'herbe douce et verte, si forte de s'être gorgée d'eau tout l'hiver. Oublier qu'il y a quelques minutes encore, dans l'obscurité d'un immeuble, on avait mille projets. Regarder des gens s'embrasser, observer les passants allant, coeur léger et sourire aux lèvres, accomplir leurs projets... Respirer à pleins poumons , les yeux fermés et le visage tendu pour mieux profiter de la légère source de chaleur. Se dire Vivement l'été, en se relevant d'un bon, requinquée, et marcher d'un pas badin retrouver son travail...
Quoi de mieux alors, pour finir en beauté une telle journée, que de se préparer un petit plat tout en couleur et en saveurs?
J'ai ce qu'il vous faut.
Il se trouve que juste avant Noël, une merveilleuse petite fée (Amazone de son état, mais seulement à ses heures perdues) m'a fait livrer un petit présent impromptu, petite surprise découverte dans ma boîte aux lettres : le fameux "Bôllyfood! "de Marie-Laure... En son sein, un Dal de lentilles corail m'a fait de l'oeil, immediately.
N'ayant jamais cuisiné de lentilles corail, jamais goûté de dal, l'excitation était à son comble, l'aventure alléchante et l'occasion toute trouvée : j'avais un apéritif dînatoire au programme le soir même !
Pim pam poum, je ferme le livre (les grandes lignes de la recette en tête), fonce dans ma cuisine, me lance dans la réalisation de la recette. A cet instant précis, je reçois un coup de fil et continue à cuisiner tranquillement d'une main, l'appareil calé au creux de l'épaule, la tête légèrement penchée. Je ris, papote, refais le monde, tout en continuant à surveiller la cuisson des lentilles d'un oeil. Quand ces dernières semblent prêtes, j'ouvre le frigo, y aperçois un pot de ricotta n'attendant que moi. Toujours en grande conversation, j'incorpore alors de généreuses cuillérées d'un mélange ricotta-faisselle à mes lentilles, un chouillat de jus de citron, un soupçon d'huile de noisette, jusqu'à obtenir une texture dense, mais tartinable...
A ce stade, il faut que je vous explique qu'innocemment, je pensais, que le dal était le cousin indien d'un dip (autrement appelé par nos cuisinières canadiennes préférées trempette, i.e. petite sauce à tartiner sur des toasts au cours de l'apéro, tout aussi idéale pour sublimer des petits bâtonnets de légumes, à plonger allégrement dedans). J'ajoute alors quelques graines de coriandre, un peu de curry (je trouvais que ça manquait de force) et un peu de menthe qui passait par là... (un jour je vous expliquerais comment les produits dansent parfois sur mon étagère, cherchant à attirer mon attention ;-)
A la fin du coup de téléphone, je rouvre le livre, histoire de vérifier que je n'ai rien oublié... et là, ô rage, ô désespoir! Je m'aperçois que ni curry, ni menthe dans la recette, mais surtout, point de ricotta, de faisselle, ni même de yaourt dans le dal ! Tout à coup interpellée par cet élément, je fonce sur mon ordinateur, tape le nom magique sur google et voilà ce que je lis :
Dal (également écrit dhal, dahl ou daal) est une préparation
de légumineuses qui ont été dépouillées de leur coques et cassées, mais on
donne aussi ce nom au potage épais et pimenté préparé à partir des Dals, et qui est un
classique de la cuisine indienne. Ce potage peut être considéré comme un cousin
plus doux du Sambar de l'inde du sud.
Comme moi, vous devez vous être rendu compte que nulle part n'est mentionnée l'option apéro... L'auteur de cette définition (que vous retrouverez ici) explique que les dals apportent des nutriments en quantité et qualité, étant une grande source de protéines et de fer. Ils sont servis avec une portion de riz et une portion de légumes cuits ou crus.
Vous pensez bien que ce genre de détails n'arrête point une Turtle fermement décidée à amener un petit dip chez ses amis pour l'apéro. Quitte à s'être loupé, autant persister et signer... Je rajoute encore un soupçon de ricotta, quelques graines de Coriandre supplémentaires, histoire de dynamiser encore un peu le tout et en avant pour un fabuleux DipDal de lentilles Corail, graines de Coriandre et Menthe , que je te dédie, ma généreuse Amazone!
Et qu'on ne me dise pas, après ça, que la cuisine n'est pas une réinvention permanente!
Je vous livre ici la recette telle que je l'ai réalisée ce soir là car définitivement, cette erreur était une bien belle façon de renouveler et magnifier un petit apéro entre amis!
Ingrédients:
  • 200 g de lentilles corail
  • 70 g ricotta (ajouté par moi)
  • 30 g environ de faisselle ou de yaourt à la grecque (idem)
  • 2 CS de ghee ou d'huile de noisettes
  • grains de coriandre
  • cumin
  • curry (ajouté)
  • menthe (encore!)
  • Quelques gouttes de jus de citron (idem)
  • coriandre fraîche (je n'en avais pas trouvé hélas!)

Marche à suivre:

  • Dans une sauteuse, faire revenir le cumin, la coriandre en grains, avec le ghee ou l'huile, pendant une minute
  • Ajouter les lentilles, les enrober des épices à l'aide d'une cuillère en bois
  • Verser 40 cl d'eau, couvrir et laisser cuire 20 minutes (il ne doit plus y avoir sinon, sinon, laisser encore quelques instants, à découvert pour que l'eau restante s'évapore)
  • Ajouter aux lentilles la ricotta, détendue avec la faisselle ou le yaourt (les lentilles s'écrasent un peu, mais certaines restent entières, c'est normal)
  • Saler et Poivrer, goûter, pour éventuellement rectifier l'assaisonnement
  • Là, j'ai ajouté une généreuse cuillérée de curry, une franche dose de cumin et encore quelques graines de coriandre (on peut les concasser, mais les laisser entières, c'est leur laisser une chance de s'exprimer plus généreusement, au hasard d'une bouchée)
  • Parsemer d'un peu de menthe (c'est mieux si elle est fraîche, la mienne ne l'était pas) ou de coriandre fraîche
  • Faire couler un filet d'huile de noisettes sur le tout
  • Servir à température ambiante, soit avec des petits bâtonnets de carotte et de concombre ou encore des lanières de poivrons (faites-les un peu larges, pour qu'elles puissent faire office de petites cuillères et récolter au passage un peu du dip dal), soit sur des feuilles d'endives, en mettant une grosse cuillérée à soupe de dip sur le bout de chacune d'elles

Bilan des courses:

A tous ceux qui ont un souvenir atroce des salades de lentilles à l'oignon frais servies à la cantine scolaire, surtout ne fuyez pas cette recette. Donnez une chance à ces lentilles corail qui n'ont pas du tout le goût fort et un rien terreux de leurs cousines, les lentilles vertes. Celles-ci sont bien plus douces.

Ainsi préparées, les lentilles sont moelleuses et généreuses, un appel à l'évasion, dans une explosion de saveurs.

Certes, ce dip est plus épais que ceux que je sers à l'accoutumée, mais les amis avec qui je l'ai partagé l'ont trouvé très à leur goût et personne ne s'est étonné de sa texture, s'émerveillant seulement de son goût.

Car oui! ce dipdal est une plongée dans les saveurs épicées de l'Inde : le goût fort en bouche du cumin, la douceur de la noisette, le piquant du curry qui réveille les papilles, la note fraîche de la menthe et la saveur un tantinet poivrée de la coriandre qui explose en bouche...moi, j'adore! En y réfléchissant, je me demande si je n'ai pas tout simplement fait cette erreur à cause du Houmous, ce mezzé libanais à base de pois chiche, d'huile d'olive et d'herbes fraîches. En tout cas, c'est une bonne alternative à ce dernier, qui a l'avantage d'être bien moins grasse et tout aussi savoureuse, les épices en plus!

Bien sûr, rien ne vous interdit de manger ce dip-dal en dhal tout court. Il suffira alors de le servir chaud et d'ôter la faisselle ou le yaourt. Je vous invite à conserver la ricotta (ou un chouillat de crème fraîche), qui apporte un peu de fondant et de moelleux aux lentilles ce qui, à mon sens est un plus (mais après, libre à vous de faire en fonction de vos envies et habitudes!) Par la suite, j'ai d'ailleurs retesté le dhal ainsi préparé et c'était très satifaisant : un plat complet, sain et rassasiant, auquel j'ai juste associé quelques légumes... Il existe d'ailleurs une autre version du dhal, avec des haricots jaunes et du yaourt dans le livre de Marie-Laure, à la texture plus moelleuse, vous pouvez le retrouver magistralement interprété avec des lentilles corailles ici, chez Mitsu.

Quelle que soit la version choisie, je ne peux que vous recommander d'essayer le dhal de lentilles corail, petit plat bourré de protéines et de fer, il vous donnera un maximum d'énergie pour un faible apport calorique.

Vraiment, nulle raison de ne pas essayer, surtout si vous pouvez y plonger une cuillère sous un généreux rayon de soleil !

Conté par Alhya at 2/16/2007 10:40:00 PM | 75 comments Fiche recette

février 11, 2007

Quand Tsé Tsé la Mouche rencontre La Turtle et se pose sur un Diamant citronné

J'ai croisé la mouche tsé-tsé et je crois bien qu'elle m'a piquée...
Et oui, je ne vois que ça pour expliquer ce qui m'arrive en ce moment.
Comme je l'ai dit quelque fois, je suis une Lève tôt. "Oui, moi, j'aime me lever tôt!", dis-je souvent dans un grand sourire à qui s'inquiète de savoir que je me lève tous les matins à 6h
Certes... j'aime me lever tôt, mais, pour être tout à fait honnête, de longs mois durant, je n'ai quasiment pas dormi ou quelques heures à peine... Toutes les nuits, je me réveillais pendant d'infiniment longs instants, perdue dans un océan de silence, et, quelle que soit l'heure du coucher, j'ouvrais définitivement un oeil à 6 heures du matin, y compris les week end. Je ne savais plus faire autrement et ça, je me passais bien d'en informer les gens qui s'inquiétaient de ma petite mine et de la lumière qui semblait m'avoir soudainement quittée... Les gens vous assènent toujours un "mais enfin, il FAUT que tu dormes" censé aider... la bonne blague! Comme si l'on décidait volontairement de se priver de sommeil!
Après des mois à ce rythme effréné, de journées passées à cent à l'heure, enchaînant des nuits ne laissant, au réveil, que l'atroce impression de n'avoir pu actionner le bouton off plus de trente secondes, j'étais si fatiguée qu'il m'arrivait de pleurer de dépit en voyant qu'à nouveau, un dimanche, mon réveil indiquait 6h04 alors que je savais pertinemment que je ne retrouverais plus le sommeil... Je pensais que j'avais perdu le mode d'emploi, ou même la faculté de me reposer réellement. Je n'avais plus qu'un vague souvenir de ce que pouvait être le bonheur intense de sombrer pour plusieurs heures d'affilée dans un vrai, profond et réparateur sommeil. Alors, après m'être inquiétée sérieusement quelques temps, avoir vainement recherché une solution qui n'arrivait pas, j'en ai pris mon parti et adapté mon emploi du temps en fonction de cette donnée. Puisque le sommeil fuyait systématiquement mon oreiller entre 3 et 4 heures du matin, je passais généralement une à deux heures à lire, préférant cela au fait de tourner vainement en tout sens sous ma couette. Puisque je me réveillais tôt les week end, j'enchaînais marché, balades, ménage parfois, lecture, cinéma, shopping, à tel point qu'avoir 19 à 20 heures à exploiter par jour n'était pas désagréable et devenait même un plus.
Puis, progressivement et, au départ, sans que je m'en aperçoive, la tournure de mes nuits a changé. D'une, j'ai arrêté les pauses de sommeil nocturne. Terminées les insomnies entre 3 et 5 heures du matin (cette tranche horaire est absolument détestable : il n'y a pas un bruit, tout le monde est parti vivre ses rêves et une monumentale chape de solitude s'abat sur le malheureux qui ne dort pas à cet instant là). Puis, mine de rien, il m'est arrivé quelques fois de ne pas réussir à me lever à 6 heures, en semaine : quelle surprise d'ouvrir un oeil, entre 8 et 9 heures, une méga-grasse matinée pour la Turtle! Dernière étape de cette évolution, de quart d'heure en demi-heure de sommeil supplémentaire, j'ai progressivement recommencé à dormir le dimanche matin. Alors me direz-vous pourquoi en parler aujourd'hui ?
D'une, sachez que faire le point sur la qualité de son sommeil est très tendance en ce moment. A la télé, à la radio, la question du sommeil fait à nouveau débat : comment améliorer la qualité du sommeil, faut-il imposer des siestes obligatoires pour les salariés des entreprises, quels sont les troubles du sommeil que l'on peut soigner et auquel il faut faire attention, etc.... et comme je suis une fille très tendance, je me dois de coller à cette actualité brûlante !
De deux, parce que je suis face à une vraie question et j'ai besoin de vos lumières : pourquoi, alors que je dors à présent plus qu'au cours des trois ou quatre dernières années, je me réveille systématiquement archi crevée? N'est ce pas un comble?! Rendez-moi mes insomnies, bon sang! ;-)
Après avoir bien réfléchi, je pense que deux explications s'imposent : soit je rattrape le déficit de sommeil accumulé, et là, mes amis, je pense que je ne suis pas sortie de l'auberge, parce que faites un rapide calcul, 3 heures en moyenne à rattraper par nuit, sur trois ans, ça fait pas mal d'heures ; soit La mouche Tsé tsé m'a piquée...
J'opte pour la deuxième solution (désolée, la première ne m'emballe pas du tout )!

Quoi qu'il en soit, je suis un peu déroutée face à ce nouvel état, ce nouveau rythme... très turtleien pour le coup. Et oui, car la marathon girl attitud' ne m'a pas quittée, elle. J'ai toujours

cent : envies, découvertes, choses, aventures, etc...

à : vivre, tester, réaliser, découvrir, voir, aimer, etc...

et ça ne semble pas près de changer (j'ai même l'impression que cette tendance se développe de manière relativement exponentielle, avec le temps). Puisque mes journées ne font plus 19 heures, mais seulement 16 à 17, on comprend pourquoi la Turtle court et court encore!

Alors, "quelle différence? ", me direz-vous. Et bien maintenant, lorsque je ne fais pas exactement tout ce qui était prévu (ce qui arrive assez souvent), ce n'est plus la fin du monde. Je m'assois, cinq minutes au moins, et je me dis "tant pis ! On verra demain!" et je le pense, vraiment.
En fin de compte, je ne suis pas sûre que ce soit la mouche Tsé-tsé, la responsable de ce retour au sommeil, à moins que ce soit elle qui ait permis à ce nouveau lâcher prise de s'installer. Le petit étau qui me comprimait un rien l'estomac en permanence durant ces longs mois, nourri de tout un tas de petites pensées angoissées et angoissantes, s'est progressivement desserré... Je dirais même qu'il s'est fait déloger à grands coups de pied dans l'arrière train par une espèce d'immense joie de vivre qui a pris le dessus... et sa place. L'exigence exacerbée et la dictature de la perfection se sont fait remettre à la leur...
C'est qu'à force d'avoir le nez au vent, guettant le bonheur à l'horizon et le corps toujours en mouvement, en train d'essayer de le poursuivre, je ne m'étais pas aperçue qu'il était là, tout prêt... et tout près... dans quelques heures passées à cuisiner, dans un apéro entre amis, dans un paragraphe de thèse enfin rédigé, dans un regard échangé... Cette fichue course au bonheur dans laquelle je m'étais lancée et qui finalement m'empêchait même de dormir, s'est enfin calmée, pour me permettre de découvrir que je n'avais pas besoin de courir.
Reste qu'une chose est sûre, et je m'en aperçois réellement aujourd'hui, par comparaison. Lorsqu'on commence à mal dormir, on en prend très vite son parti, on oublie progressivement ce que signifie se reposer vraiment, on continue à affronter les journées, contre vents et marées, et dieu sait si la tempête fait alors souvent rage... On y arrive, on affronte, on se cambre et on n'aperçoit pas l'énergie positive qui décampe, après s'être effilochée au fil des mois...
Je n'ai pas de formules magiques pour ceux et celles qui passent peut-être par une phase sans sommeil... Ce que je réalise à présent, c'est tout simplement que j'ai enfin réappris à profiter de la nuit, après avoir reconquis le jour, vous dire comment j'ai fait... j'en suis bien incapable.
Malgré tout, je vais vous confier une petite phrase qui ne me quitte plus, qui m'aide à ne pas oublier que, finalement, c'est peut être bien aujourd'hui que ça se passe, et pas demain et ce, même quand tout fait semblant d'aller mal, parce qu'elle m'apaise quand l'angoisse réapparaît (attention, préparez vous...):
"Le pire n'est jamais sûr"
Allez, je vous vois déjà en train de rigoler... Mais relisez-la, calmement, et vous verrez, elle n'est pas si bête que ça. En tout cas, moi, je l'adore !



Bon, maintenant, puisqu'on est tous super motivés pour profiter de la vie, je vous file un petit devoir à faire la maison. Mais non, ne râlez pas tout de suite, celui-ci n'est pas compliqué. Je vous garantis, sa réalisation ne vous laissera même pas assez de temps pour rêver toutes les splendeurs de réconfort et de saveurs que comportent ces petits sablés derrière leur aspect scintillant !

Cette recette, ça faisait un petit moment qu'elle me tarabustais. Après l'avoir longtemps reluquée chez Station Gourmande, je l'ai finalement réalisée.
J'ai suivi la recette, sauf que, suite à une étourderie, j'ai dû un chouillat modifier la manière de procéder. Et puis, ce jour là, je voulais faire plaisir à Ma P'tite Caille, grand amateur de citron... j'ai donc ajouté quelques zestes, petite note acidulée dans un océan de douceur...


Voici donc Les Sablés Diamants Acidulés... ou comment aider la mouche Tsé Tsé à vous piquer!

Ingrédients:

  • 125 g de farine
  • 80 g de beurre (j'ai mis du beurre demi-sel, un très bon beurre, avec des morceaux de sel de Guérande, ce qui m'a évité d'ajouter la pincée de sel)
  • 50 g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 pincée de sel (j'opterais pour de la fleur de sel, personnellement)
  • 1 jaune d'oeuf
  • Sucre
  • 1/2 verre de lait (uniquement si vous vous trompez comme moi...)
  • 1 zeste de citron et quelques gouttes de jus de citron
Marche à suivre



  • Fouetter le beurre pommade, jusqu'à ce qu'il soit crémeux
  • Ajouter le sucre, le sucre vanillé, le sel, les zestes de citron, plus quelques gouttes de citron (à ce stade, je me suis plantée, et j'ai ajouté le jaune)
  • Mélanger
  • Tamiser la farine et la verser dans le bol
  • Travailler la pâte à la maryse, pas trop longtemps.
  • Faire un boudin et l'emballer dans un film.
  • Laisser au frigo 2h.
  • Préchauffer le four à 180°
  • Battre le jaune d'oeuf
  • Badigeonner le boudin et le rouler dans le sucre (bon forcément, comme j'avais déjà mis le jaune dans la pâte, et bien j'ai innové en plongeant mes rouleaux de pâte dans le lait, avant de les rouler dans le sucre)
  • Couper des tranches de même épaisseur (plus facile pour la cuisson) et les déposer sur un papier sulfurisé. Ils vont s'étaler légèrement, laisser 3 à 4 cm entre chaque.
  • Enfourner pour 15 minutes.
  • Les décoller à froid.

Bilan des courses:

Ces sablés sont croustillants sous la dent, si sablés qu'un décollage intempestif avant refroidissement total les brise à coup sûr. Il faut les traiter avec douceur... Lorsque la dent rompt un morceau, la langue s'émeut immédiatement, entrant en contact avec ce mélange croustillant et généreux de sucre et beurre salé mêlé.. puis vient la légère note acidulée du citron, arrivant juste à point pour réhausser ce mariage parfait qui pourrait paraître malgré tout un brin trop suave pour certains palais délicats.

Marie-Laure les a elle présentés, mariés à du gingembre et Florianna a, pour sa part, craqué pour une version chocolatée... Je les aime tellement ainsi, avec ce chouillat d'acidité qui leur va bien, que je ne suis pas sûre de ne pas réitérer exactement à l'identique la prochaine fois, à moins qu'une version aux épices remporte la mise... je suis encore en grande négociation avec moi même.;-)

La texture de ces sablés est une merveille. Anne recommande de les manger le lendemain. Je n'ai pas pu vérifier... il n'en restait plus. A déguster en rentrant du ski avec un thé de Noël aux épices, avec un bon Earl Grey, lors d'un petit déjeuner tardif du dimanche matin, à savourer entre deux corrections de copies, tout en buvant une tisane du soir au nom évocateur de Toit du monde; bref, en toute occasion, dès lors que l'on recherche un concentré de douceur...qui fait du bien à l'intérieur ;-)...

Conté par Alhya at 2/11/2007 06:42:00 PM | 94 comments Fiche recette

février 06, 2007

Tu manges donc tu es, Valse des Sablés Salés

Soho dont le site ne laisse de me surprendre et de me faire saliver, m'a récemment conviée à répondre à un questionnaire...
C'était demandé si gentiment que je n'ai pu qu'accepter et je m'empresse d'y répondre car, si je me laisse aller, dans 6 mois je ne l'aurai pas encore fait, alors on y va et on se lance, voici dont mes réponses au questionnaire You are what you eat (tout un programme... j'ai envie de dire... mais, surtout, hein, pas de pression!)
1. If you were stuck on an island and could only eat one cuisine (e.g., French, Italian, etc.) for the rest of your life, what would it be? Why? Si vous étiez coincé sur une île pour le reste de votre vie, et que vous ne pouviez choisir qu’une seule cuisine (française, italienne…), laquelle adopteriez-vous ? Pourquoi ?

ça y est... ça commence... je ne sais pas répondre :-)...

Je suis bien trop curieuse et gourmande pour faire une croix sur toutes les cuisines sauf une!! Alors, soyons maligne, procédons par élimination. Puisque je suis censée être seule sur l'île déserte (déjà c'est bof, comme idée, je préfère l'envisager avec l'homme de ma vie, l'île déserte, parce que bon, je vais m'ennuyer comme un rat mort, sinon), je vais opter pour la cuisine que je connais le mieux, dont les produits et les saveurs me parlent naturellement, suscitent chez moi le plus d'idées et d'envie... et c'est donc ... l'italienne.

Là, j'avoue que je rigole bien en lisant ma réponse car si je réfléchis deux secondes ....disons que je ne peux pas vraiment prétendre connaître LA cuisine italienne, encore moins en maîtriser toutes les subtilités. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'elle m'effraye bien moins que la française qui me file un super complexe. Je ne sais pas pourquoi, un gigot de sept heures m'intimide au plus haut point, une blanquette de veau me bluffe et je suis pétrie d'admiration pour cette Bonne Femme qui a donné son nom au lapin (je dis ça, je n'ai jamais goûté de lapin Bonne femme de ma vie. Mais je ne sais pas, depuis que je suis petite, c'est un plat dont le nom me plaît trop : j'imagine volontiers la parfaite cuisinière, cette fameuse Bonnefemme qui, derrière ses fourneaux a fait mijoter son lapin et l'a si bien réussi qu'une tablée d'hommes l'a tout de suite acclamée et donné son doux nom à son lapin ;-))

2.What is the most unusual food you've eaten? Quel est l’aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez goûté ?

Euh... ceux préparés par mes frères? ;-)... mais peut-on même parler de plat? (pour l'inhabituel, ils se posent là, en revanche ;-). Pendant des années, je n'ai pas été une grande aventurière, ne connaissant rien à la cuisine et n'étant pas forcément poussée à découvrir des plats originaux par mes parents, je n'ai pas développé une grande connaissance des traditions culinaires, ou encore testé d'aliments à l'air même un rien "exotique" (j'ai été élevée par un père pour qui tout ce qui sort de ce qu'il connaît et apprécie est exotique, donc mes lacunes concernent autant les plats français qu'étrangers). Par ailleurs, je n'ai pas beaucoup voyagé, en tout cas pas dans des pays si exotiques qu'ils me permettent de découvrir quelque chose de franchement inhabituel.

Alors, si je réfléchis et tente, malgré tout, de répondre à cette question, j'ai en tête l'image et le souvenir presque palpable des rations de survie que m'avait envoyé mon oncle. C'était des espèces de gâteaux, à la consistance super sablonneuse, impossibles à manger sans boire au fur et à mesure des litres d'eau. Ils étaient ultra énergétiques et il fallait les extraire d'un papier argenté hermétique. Un seul remplaçait un petit déjeuner et deux, un déjeuner ou un dîner. Ils avaient un goût franchement pas terrible, mais je trouvais ça extraordinaire! J'étais trop contente de ce cadeau : j'avais l'impression utlra réconfortante de pouvoir affronter n'importe quelle calamité avec ça à portée de main. Les jours où je voulais me créer des sensations fortes, j'embarquais toutes mes affaires préférées dans un balluchon, bien calé sous le bras, et je filais au fin fond du jardin avec mes rations de survie en me disant que, quoi qu'il arrive, je ne mourrais pas de faim! J'adorais cette sensation d'être totalement indépendante et prête à affronter tous les dangers (même si le fond du jardin était à peine à 50 mètres de la maison, permettant a priori de se sentir de toute façon en sécurité : du haut de mon mètre douze, ça semblait être une vraie expédition, la preuve de mon immense courage)

3. What is the most unusual food you've eaten and liked? Quel est l’aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez goûté et aimé ?
Oh, hé, ça suffit maintenant! On arrête d'insister lourdement! ;-)
Bon, alors, pour les mêmes raisons que celles précédemment exposées, on ne ressent pas le grand frisson en lisant ma réponse.... Allez, tant pis, je me lance : c'est sûrement les escargots, que j'ai découvert tardivement ou encore les ris de veau, dernière découverte en date . Dans les deux cas, c'était une aventure pour moi. Il fallait que je passe outre l'aspect et l'image répugnante que j'associais à ces deux aliments. Les deux fois, mon courage a été largement récompensé, j'ai apprécié. De là à dire que j'en mangerai tous les jours, c'est aller un peu vite en besogne, mais disons que j'ai été contente d'avoir testé.
4. What foods will you avoid eating (either because of a dietary choice or allergies or just plain don't like)? Quels aliments évitez vous de manger (que ce soit à cause d’allergies, d’un régime alimentaire précis ou juste parce que vous n’aimez pas) ?
Sûrement les aliments frits. Je déteste plus que tout l'odeur de la friture... elle me soulève l'estomac . Si j'en mange, c'est toujours en petite quantité et seulement parce que, sur le moment, ça m'attire, mais je le regrette très souvent car je suis systématiquement écoeurée après. Il y a aussi l'ail, que je supporte de moins en moins. ça, pour le coup, ça m'ennuie vraiment : un bon nombre de merveilleux plats sont cuisinés avec, et je suis parfois obligée de me priver de choses extrêmement tentantes pour cette raison... Enfin, je n'aime pas la noix de coco, surtout si elle est râpée. Mais progressivement, je me fais au lait de coco, notamment dans les plats salés. Là encore, c'est à la suite de ma récente immersion dans les cuisines d'autres pays, l'Inde, entre autres, que j'ai progressivement appris à l'apprécier.
Hormis ces trois choses qui me viennent directement à l'esprit, je crois que rien n'est vraiment rédhibitoire pour moi. Si c'est bien préparé, je suis prête à tout goûter, quitte à ne pas aimer immédiatement. Plus d'une fois, j'ai pu contaster que mon goût se forme, avec le temps et, forte de cette certitude, je redonne régulièrement une chance à des aliments que j'étais persuadée ne pas aimer.
5. Do you cook (and by that, I mean prepare a meal that you'd serve to friends)? EST-CE QUE VOUS CUISINEZ ?!
Uniquement quand je n'écris pas ma thèse , donc trèèèèsss peu souvent, ça va de soi ;-) !
6. If yes, what is your favorite dish to prepare to impress someone? Quel est le plat que vous préparez lorsque vous souhaiter impressionner ?
Alors là, pour le coup c'est simple : je ne fais jamais, ou presque, les mêmes plats. Rien ne m'emballe moins que de refaire deux fois la même chose, ce serait louper une occasion en or de découvrir de nouvelles recettes. S'il m'arrive ponctuellement de refaire un plat déjà fait, c'est uniquement à la demande exprès et assidue de ceux qui l'ont testé et apprécié et ce n'est pas pour les impressionner. En fait, j'ai trop soif d'apprendre, de découvrir, comme pour rattraper, justement, toutes ces années où mon quotidien était fait de coquillettes et de riz-poisson pané. Quand je reçois, c'est précisément le moment où je préfère cuisiner, parce que systématiquement je me lance. Je fais des recettes, en suivant véritablement les étapes, alors que dans le quotidien, je laisse uniquement parler mes envies et mon instinct. Quand je décide d'organiser un repas, j'y pense, plusieurs jours avant. Je savoure mon plaisir : j'envisage toutes les possibilités, je tergiverse, j'imagine, je salive, je lis, regarde, compare, j'ouvre mon cahier aux mille recettes non testées, je visite tous mes blogs favoris, j'ouvre quelques livres de cuisine. Le véritable challenge consiste donc, pour moi, non pas à épater la galerie en réalisant une valeur sûre, mais à tester chaque fois de nouvelles choses. Cette attitude est assez révélatrice de ce qui m'a conduit vers une cuisine la première fois et qui ne m'a depuis plus quittée, dans ce lieu que j'aime tant, l'envie de découvrir. Si la cuisine avait été associée à une somme de connaissances ou était faite de certitudes, je n'aurais jamais osé y pénétrer !
Bien sûr, cette découverte permanente, le fait de toujours m'ouvrir à de nouvelles choses, saveurs, techniques, peut générer quelques sueurs froides : je me dis successivement "est ce que je vais y arriver? ", "est ce que ce sera aussi bon que je l'espère?". Puis, les heures passant, "et si je n'y arrive pas ? ", "et si c'est pas bon?", enfin, quand tout est fait et que j'attends mes invités, "je suis sure que j'ai raté et/ou je sens que ça ne va pas être bon". Je ne redeviens sereine qu'au moment précis où les gens goûtent... et apprécient... et là, c'est le bonheur!
7. When you go to a restaurant, what's your ordering strategy/preference? Lorsque vous allez au restaurant, quels plats préférez-vous choisir ?
Je commande de préférence ce que je ne sais pas faire ou ce que je ne me fais pas, dans le quotidien. Donc, mon choix ira en général vers la viande, de préférence des plats mijotés, très traditionnels si je suis dans un restaurant français (cf réponse 1), plus exotiques si c'est un restaurant original. Finalement, ce qui compte et guide mon choix, c'est l'évasion que peut me procurer un repas, je vais donc souvent vers l'inconnu.
8. Have you ever returned a dish or wine to the kitchen at a restaurant? Why? Au restaurant, avez-vous déjà demande à ce que l’on vous change un plat ou un vin ?
Oui, une fois au moins. En tout cas celle-ci m'a marquée. J'étais toute jeune, 18 ans à peine, je dînais avec mon amoureux de l'époque, c'était un grand jour, premier dîner en tête à tête. J'avais commandé une salade en entrée, et au moment où je m'apprêtais à manger les premières feuilles, je m'aperçois qu'un ver de terre remonte lentement sur l'une d'elle, pas intimidé pour deux sous par ma présence. A ce moment précis, j'ai très vite envisagé de virer discrètement l'intrus à l'aide de la pointe de mon couteau, ni vu ni connu et sans éclat. Mon petit ami de l'époque, ayant compris mon stratagème, m'a alors houspillée, me disant qu'il fallait absolument que je demande une nouvelle salade. J'ai donc demandé à ce qu'on la change, à contre coeur. Deux minutes après, j'ai entendu le patron enguirlander sérieusement quelqu'un, dans la pièce attenante, et quelques secondes plus tard, la pauvre cuisinière est arrivée, toute penaude devant moi, pour s'excuser platement, sous les yeux de son patron... J'ai détesté ce moment précis. J'aurais voulu plonger 6 pieds sous terre, je ressentais trop précisément ce qu'elle pouvait vivre à cet instant précis. Les humiliations publiques sont parmi les choses que je hais le plus au monde... lorsque ma salade sans ver de terre est arrivée, je n'avais plus faim...
9. How many cookbooks do you own? Combien de livres de cuisine possédez-vous ?
Je dois en avoir une grosse dizaine, dont une bonne partie, seulement depuis Noël. Comme bon nombre de bloggeurs, la majeure partie de mon inspiration et de mes recettes proviennent directement des blogs de cuisine et ce n'est qu'avec le temps que je m'ouvre aux livres. Je découvre depuis peu que j'aime lire les recettes des grands chefs, comprendre leurs affinités, le pourquoi du comment de leur cuisine, ce qui fait qu'eux ont cette intuition magique, celle qui les conduit à inventer la route qui mène droit à un voyage gustatif hors du commun. En ce moment, je dévore celui d'Hélène Darroze, je rêve aussi du fameux Tentations de Philippe Conticini, hélas en rupture de stock. Enfin, mon livre de chevet depuis Noël est La cuillère d'argent (et oui, les amis, je prépare mon exil sur l'île déserte ;-)!)
10. What is one food that you wouldn't want to live without? Quel est l’aliment dont vous ne pourriez vous passer ?
Voilà encore une question impossible! D'aucun! Ce qui est sûr, c'est que je ne peux me passer de légumes, lesquels font partie intégrante de mon alimentation et de mon équilibre. Je crois que je les aime tous, ou presque. Si je passe plusieurs jours sans en manger, je suis tout simplement à côté de mes pompes, totalement déphasée. Mais bien sûr, j'ai aussi besoin d'une dose de chocolat, mais là encore, c'est pareil, c'est juste parce que c'est une énorme source de magnésium, puisque je ne suis absolument pas gourmande ;-).

Voilà, c'est fini ! Je transmets ce questionnaire, comme il est de tradition, à quelques bloggeurs dont il me plairait fort de lire les réponses: cette chère La Sieste, la très fidèle Regardeuse, la douce Marie, le génial Claude Olivier, enfin, la gourmande Fille en Chocolat, à vos claviers, les amis!
Pour vous remercier d'avoir été si patients et d'avoir lu toutes ces choses passionnante que je viens de vous confier, je livre aujourd'hui ma botte secrète pour des apéros enchanteurs.
Je vous présente en effet des petits sablés apéritifs, tout simples, ultra rapides à faire et surtout, méga-bon-délicieux!
Sous vos yeux émerveillés, voici donc la Valse des sablés salés, avec, dans les rôles principaux ...
Les Sablés Aériens de jour ( légèrement plus clairs) ....
..... et Les très charmants Sablés Floconnés de nuit (photographiés dans leur habit de nuit, sous une douce lumière orangée)
Ingrédients:
Pour les Sablés Aériens Mimolette vieillie-Romarin
  • 100 g de farine
  • 100 g de beurre demi sel
  • 1 CS de polenta ou semoule de blé dur
  • 20 g de parmesan
  • 50 g d'emmental
  • 35 g de mimolette vieillie, coupée en petits morceaux
  • 1 CS de crème fraiche ou 1 CS d'huile de noisettes
  • 1/2 cc de curry
  • 1 cc de romarin (ou autres herbes basilic, thym, etc...)
  • Mélange 5 baies
Pour les Sablés Floconnés Parmesan-Ricotta

  • 65 g de flocons d'avoine
  • 160 g de farine (ou 60 g de farine de châtaigne, et 100 de farine de blé)
  • 100 g de beurre demi sel
  • 60 g d'emmental
  • 40 g de parmesan
  • 2 CS de ricotta
  • Cerfeuil
  • Coriandre en grains, concassés
  • Curry
  • poivre noir

Marche à suivre:

  • Mettre les farines (et la semoule de blé ou la polenta, pour la version 1) dans un saladier
  • Couper le beurre mou en petits morceaux
  • Malaxer du bout des doigts jusqu'à obtenir un mélange sablonneux
  • Incorporer à ce stade les fromages (et les flocons d'avoine pour la version 2), les herbes, le poivre
  • Ajouter la crème fraîche, l'huile de noisettes (version 1) ou la ricotta (version 2)
  • Mélanger jusqu'à obtenir une boule de pâte, en faire un boudin (le diamètre du boudin correspondra à la largeur de vos biscuits, à vous de voir)
  • Mettre le boudin dans un film plastique et le rouler sur un plan de travail quelques instants, afin d'avoir un beau cylindre, uniforme
  • Placer le boudin au frais au moins 30 minutes, plus c'est encore mieux
  • 20 minutes avant l'apéro, mettre le four à chauffer, Th 6 ou 7
  • Couper le boudin en rondelles d'environ 1 cm d'épaisseur
  • Poser les sablés les uns à côté des autres, sans qu'ils se touchent, sur du papier sulfurisé ou mieux, sur un silpat
  • Cuire 10 à 15 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés
  • Attendre 5 minutes qu'ils refroidissent un peu pour les décoller et les servir

Bilan des courses:

Les sablés à la mimolette et au romarin étaient plutôt aériens, sous l'effet probablement de l'emmental, ils gonflent en cuisant. Ils sont de ce fait légers, tout en étant généreux en bouche. La note salée et typée de la mimolette fonctionne à merveille avec la saveur du romarin et la légère touche de noisettes apportée par l'huile.

Les sablés aux flocons d'avoine et à la ricotta sont véritablement sablés. Ils ne gonflent pas comme les précédents. Je les ai testé deux fois, l'une avec de la farine normale, l'autre avec la farine de châtaigne. Avec la douceur de cette dernière, il faut penser à dynamiser le tout en associant des herbes toniques et un peu poivrées. Dans les deux cas, ils ont eu énormément de succès. L'ajout des flocons d'avoine est un vrai plus, en terme de texture et de goût. En cuisant, ces derniers donnent une petite touche légèrement croustillante, qui s'allie merveilleusement avec le sablé de la pâte. Le parmesan caractérise leur goût et finit de leur donner un côté très généreux qui leur va bien!

Croyez moi, avec ce genre de sablés salés, nul besoin de prévoir de banales chips ou autres curly, vos invités n'y poseront même pas l'ombre d'un regard !

Conté par Alhya at 2/06/2007 10:45:00 PM | 89 comments Fiche recette

février 01, 2007

La Route Pavée de Toblerone... Ou commencer l'année par la Tuerie Du Siècle

Certains osent dire que je mange beaucoup de chocolat... Ils ont tort...
Je ne mange pas de chocolat, j'honore mon palais d'une dégustation, je me délecte de ce goût si subtil, riche, dense et fort, je m'en repais même... Par ailleurs, je ne me contente pas de l'aimer, je l'idolâtre et l'apprécie aussi sûrement que je suis dure à son égard.
Car c'est là, je crois, un des traits qui me caractérise autant que ma douce carapace et mon joli teint olive : je suis parfois peu amène avec les gens et les choses que j'aime. Cela a même pu s'approcher parfois de l'intransigeance. Et oui! il ne faut pas croire, c'est un job d'être glissé dans le petit cercle d'affection de la Turtle, car il ne faut pas la décevoir....
Il faut être là, l'oreille attentive et l'épaule moelleuse lorsqu'elle a peur de rater (même si, et même, surtout quand vous pensez qu'elle n'a aucune chance d'échouer, finalement) ; avoir le regard pétillant et le sourire prêt à s'épanouir généreusement quand elle trouve que tout va trop bien et que la vie est trop belle ; être sérieux et prêt à argumenter, lorsqu'elle discute sobrement; enfin (ma Ratatouille-le dernier de mes frérots- et Pôpa en savent quelque chose), piger vite, très vite, quand elle a besoin d'un ustensile en cuisine ;-)... Bref, ce n'est pas facile. Alors évidemment, il y a ceux qui comprennent illico comment ça fonctionne une Turtle bourrée d'énergie comme ça. Qui comprennent que derrière cette exigence et cet air déterminé, il y a une petite chose au coeur tendre qui aime délicieusement se faire plaisir et faire plaisir aux autres... Ils savent du coup parfaitement qu'on peut, en deux temps trois mouvements, la faire fondre, si on sait la prendre...
Et bien, voilà, c'est exactement ce que m'a fait la recette que je vous présente aujourd'hui ;-) ! Elle a su me prendre... et là, je crois bien que c'est pour la vie...
Bon, quand je l'ai goûtée la première fois, j'étais avec ma Copine de la fiesta du Réveillon. Il faut bien avouer que, pendant qu'on était face à la mer, par 14 degrés, sous un léger crachin..., on a quand même littéralement craqué... On s'est totalement laissées aller à préparer des choses qui finalement ont pour seul point commun d'être absolument délicieuses.... (De celles qui font qu'aujourd'hui je sais pertinemment le pourquoi du comment des deux p'tits kilos qui me tiennent chaud depuis...)
Je vous resitue un peu comment ça s'est passé.
Si on récapitule (mine de rien, et à force de patience, vous allez presque finir par tout savoir de ce qu'on leur a préparé pendant ce fameux Réveillon), à ce stade du séjour, on avait déjà réalisé une Terrible Panna Cotta et sa compotée de figues séchées citronnée... un très Canon Pain d'épices moelleux généreusement garni de tranches de Foie gras, le fabuleux Millefeuilles de St Jacques et sa fondue de poireaux à l'Armagnac.... sans oublier La Bûche aux deux mousses sur croustillant de noisettes. C'était le matin du 1er janvier, et pour s'assurer que le réveil au tout début de cette nouvelle année soit parfaitement à la hauteur, on avait préparé deux-trois petites choses pour un petit brunch ...
Marion avait dégainé un fabuleux carrot Cake nappé, comme il se doit, d'un généreux nappage au fromage frais... J'avais, de mon côté, à l'aide de ma grande poêle fétiche, aligné une bonne cinquantaine de généreuses crêpes, prêtes à être recouvertes illico d'une couche de Confiture banane chocolat. Les tranches de bacon grillées au four trônaient sur la table, à côté des miches de pain de campagne, du beurre salé et des confitures de mirabelles, fraises ou encore figues. Et c'est là qu'au milieu de cette table déjà recouverte, j'ai, un rien honteusement, mais néanmoins très sûrement, osé apporter la TUERIE dont je vais vous parler aujourd'hui.
Cette dernière, je l'avais, des heures durant scrutée là. Je l'avais yeutée à m'en faire mal au regard, cette espèce de recette aussi tentante que caloriquement proscrite.... Tant et si bien qu'ayant une quantité de Toblerone à utiliser*, j'étais face à un impératif catégorique le 1er janvier, je DEVAIS la réaliser.
A ce stade, je dois te prévenir, Toi, Lecteur...
J'ai longuement hésité avant de présenter cette recette, avant de tomber dans cette espèce de facilité consistant à te convaincre qu'en dehors de ce pavé, point de salut pour tout Chocoholic qui se respecte.
Je sais. Par deux fois déjà, j'ai présenté sur ce blog des Bombas Calorica pour Addict du chocolat. Il y a eu le Fondant Nathalie remasteurisée par Lilizen, et la Truffe Géante de la Mère Anne. Les deux étaient délicieuses, parfaites, elles avaient passé haut-la-main la difficile sélection Turtleienne. Mais là.... là, je dois te prévenir que lorsque tu goûteras à une telle chose, tu auras définitivement l'impression de franchir les portes du Paradis, jusqu'à ce que tu réalises que tu es comme retenu par la cheville par un espèce de vilain démon tout droit sorti de l'enfer... Le risque est grand, en effet, qu'à l'instant précis où tu succomberas à l'émerveillement et au ravissement que procure le fait de croquer allégrement dans ce pavé encore tiède, tu sentes ce petit pincement de culpabilité te titiller le coeur, là tout près de l'estomac... Alors je te le dis, Il va falloir être fort, ce que je suis sûre que tu seras, si tu es vraiment un Maître ès dégustation en chocolat...
Oseras-tu déguster ces bouchées à huit mille calories la part, sans succomber à ton affreuse mauvaise conscience? Seras-tu apte à te dire, sans peur et sans reproche, "que du bonheur et même pas peur"? Allez, tel que je te connais, Lecteur, rien ne t'effraie, n'est-ce pas?

Attention, prends une grande inspiration, et on y va, fonçons sans nous retourner sur la Route Pavée de Toblerone...


* Pôpa, dans sa précipitation des 5 dernières heures où tout se joue avant la veillée de Noël , décida d'offrir 300 g de toblerone à chacun de ses enfants (ce qui nous faisait en tout un joli capital de 1,5 kg de Toblerone, mine de rien ...), sauf qu'en allant vite et en voulant prendre la plus grosse version, il fit la grossière erreur d'acheter du Toblerone noir, et mes frères n'aiment que le Toblerone au lait... Il fallait donc l'utiliser autrement, pas possible de réaliser la traditionnelle dégustation en gros carrés .... je n'avais PAS le choix...




Ingrédients pour Une Route Pavée de Toblerone: (j'ai doublé les proportions, mais je rappelle que nous étions 14... Je les laisse ainsi, juste pour que vous ressentiez ce petit frisson d'interdit vous parcourir l'échine en lisant ces chiffres tout bonnement indécents...)
  • 500g de beurre
  • 500g de sucre (j'en ai mis moins... c'était trop, je dois avouer, là, j'ai pas pu.. 370 g suffisaient amplement)
  • 6 oeufs
  • 250g de farine
  • 150g de cacao van Houten
  • 2 cc d'extrait de vanille liquide
  • 1 cc de levure chimique
  • 300 g de Toblerone en morceaux (très important de conserver les morceaux)

Marche à suivre:

  • Préchauffer le four à 150 °
  • Faire ramollir le beurre sur feu doux
  • Pendant ce temps, mêler vanille et sucre dans un saladier, ajouter le chocolat en poudre, la farine et la levure
  • Verser le beurre fondu et incorporer les oeufs entiers, un à un à la pâte
  • Casser les morceaux de toblerone en bouts généreux, à l'aide d'un grand couteau, sur une planche en bois
  • Ajouter les morceaux à la pâte, mêler de façon à ce qu'ils soient enrobés et verser le tout dans un grand plat, pour ma part, un plat à gratin rectangulaire, couvert de papier sulfurisé
  • Glisser au four 35 à 45 minutes, selon le four (pour moi, 35)
  • Déguster dès qu'il a (un peu, au moins) refroidi, coupé en petits carrés

Bilan des courses:

Les photos ont été faites à mon retour de Bretagne. Et bien oui, forcément, j'ai réitéré cet acte de courage consistant à réaliser ce pavé détonnant et, surtout, à le déguster sans culpabilité. J'avoue que la seconde fois, il était particulièrement fondant car j'avais laissé de gros morceaux de toblerone, les triangles étaient à peine coupés en deux... Alors, en coupant le pavé, voilà ce que cela donnait....

Ai-je vraiment besoin d'ajouter quelque chose?

Bon, allez, si, juste pour vous dire que ce pavé doit évidemment être dégusté en petites quantités... sous peine de vrai écoeurement. Il doit, de préférence, être dégusté peu de temps après avoir été fait (ce qui tombe plutôt bien ;-), vu l'odeur irrésistible qui se répand en cuisine quand on le cuit) : il est meilleur légèrement tiède. Si jamais toutefois, vous ne le finissez pas, pensez à le réchauffer quelques secondes au micro-ondes, ce qui permettra au toblerone de fondre à nouveau et au pavé de révéler toute son onctuosité.

Pour toute réclamation, du type grave addiction constatée à la suite de la réalisation de ce pavé, s'adresser au responsable, ce démon de Blanc d'oeuf, et c'est par ICI !


Conté par Alhya at 2/01/2007 09:43:00 PM | 124 comments Fiche recette