A Turtle in a Kitchen

a déménagé

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Désolée pour le dérangement...

A Turtle in a Kitchen: mars 2008

mars 25, 2008

Tarte tatin aux pommes et à la rhubarbe caramélisée au cidre sur un air d'aurevoir

A l'heure qu'il est, je devrais être le nez dans mes bagages. Car oui, je file à l'anglaise, ou pour être exacte, à l'égyptienne, puisque c'est cette belle ville du Caire qui m'attend.


Des semaines que l'air est à la réflexion et aux remises en questions. Période de doutes intenses, auxquels se mêlent une envie d'en finir, une bonne fois, et la certitude que c'est précisément en ce moment qu'il ne faut pas lâcher la barre du navire que j'aide à passer, tant bien que mal, depuis quatre longues années, aux travers des tempêtes et des quelques promenades de santé qui, heureusement , se présentent parfois pour me faire apprécier la beauté du voyage.

Au milieu de cette période intense, tout aussi enrichissante que fatigante, une éclaircie : la perspective d'un voyage improvisé en Egypte pour enseigner une semaine à l'Université du Caire.

De ces propositions qu'on ne peut refuser, tant l'expérience est belle et la perspective euphorisante. Pensez donc, outre le plaisir réel de découvrir l'enseignement en terre étrangère, la possibilité de me promener les après midi au milieu des soucks et autres pyramides...

J'ai donc accepté et me voilà depuis quelques jours dans une tension permanente : préparer les cours, les valises, les papiers, régler mon absence et ne pas oublier la crème solaire.

Bref! Me voici ce soir presque prête à embarquer, mais je ne pouvais m'envoler sans vous laisser une petite pierre, une petite recette gourmande, pour vous donner un petit rayon de soleil, moi qui apprend, gelée au milieu de ces giboulées de mars, que 38 degrés m'attendent là bas! Et n'oubliez pas votre maillot de bain, m'a glissé le doyen dans un clin d'oeil... avouez que c'est surréaliste!

Mais, sans plus tarder, pour préserver mes dernières forces, je vous livre la petite recette de tarte tatin à tomber concoctée pour le déjeuner de Pâques.

J'ai déjà réalisé de nombreuses tartes tatins, depuis qu'un beau matin, je gagnais grâce à la toute première le Kiki 14... Mais j'avais, il y a peu, dégusté une tarte tatin à tomber dans un de mes restaurants préférés. Son point fort était sans aucun doute la pâte. Sortant alors mon plus doux regard, j'ai demandé au cuisto ce qu'il avait mis dans cette dernière pour qu'elle soit à ce point... irrésistible. Il a éclaté de rire et dans un geste affectueux m'a balancé un "c'est un secret", presque sans appel.... J'ai insisté, dégainé mon petit sourire-allez-dit-moi-tout et il a fini par me concéder un "c'est un tant pour tant"... La belle affaire!

Bref, c'est toute seule qu'il allait falloir essayer de retrouver les ingrédients magiques. Mais ce n'était pas le genre de détails susceptibles de m'arrêter, c'était juste un challenge à la hauteur de mon idée fixe. Depuis un mois, j'y réfléchissais régulièrement et je m'y suis finalement attelée pour le week end Pascal.


Ce qui m'avait fait absolument craquer dans la fameuse pâte du restaurant, c'est qu'elle était un mélange subtil d'ingrédients : bien beurrée, elle s'égrainait fabuleusement en bouche dans un mirage de douceurs, croustillante et fondante. Il me fallait tenter de retrouver cette sensation, et j'aime autant vous prévenir tout de suite, je n'y suis pas allée avec le dos de la cuillère...!

Point de bonne conscience ou d'opération slim fast, dans cette recette. Tout le contraire, même! Alors, si vous faites partie de celles qui se ruent sur les journaux féminins qui dégainent tous leur Recette magique pour perdre 10 kg en 3 heures 30 et sans l'ombre d'un effort, fuyez tant qu'il est encore temps!

Ici, tout n'est que bon beurre, poudre d'amandes et sucre!


Pour être tout à fait honnête, le résultat est relativement proche de mon souvenir fabuleux, bien plus gourmand que la recette classique, mais je n'ai pas encore LE résultat... Que cela ne tienne! je réitérerai, et vu l'air de famille de ce premier essai avec la pâte de mes rêves, ce n'est qu'une question d'heures, croyez moi! Et ce, d'autant que lorsque j'ai une idée quelque part... je ne l'ai pas ailleurs!

Pour le reste, j'ai ressorti le fabuleux caramel de cidre déjà réalisé pour le fameux kiki, et, pour contrebalancer la touche très gourmande de la pâte, associée aux pommes, j'ai utilisé quelques beaux morceaux de rhubarbe, histoire de donner une petite note un peu plus acide et dynamiser le tout!

Allez, en avant pour cette Presque parfaite Tarte Tatin aux Pommes et morceaux de rhubarbe, caramélisés au cidre






Ingrédients: Pour 14 tartelettes (diamètre des plats 10 cm)



Pour la pâte sablée tant pour tant réadaptée version Turtle:
  • 200 g de farine
  • 200 g de beurre demi-sel (avec des cristaux de sel de guérande)
  • 100 g de poudre d'amandes
  • 100 g de cassonade
  • 1 oeuf

Pour la garniture:

  • 600 g de rhubarbe en morceaux (merci mister Picard)
  • 4 ou 5 belles pommes, du type gala
  • un peu de beurre
  • un peu de sucre

Pour le caramel de cidre:

  • 150 g de sucre
  • 200 ml de cidre brut

Marche à suivre:

  • Préparer la pâte: mélanger intimement la farine, la poudre d'amandes, le beurre mou coupé en cubes, jusqu'à l'obtention d'un mélange sablonneux. Ajouter alors l'oeuf, rapidement, sans trop travailler la pâte et réserver au frais au moins une heure

  • Pendant ce temps, faire chauffer une poêle avec un peu de beurre, y glisser les morceaux de rhubarbe, saupoudrer de sucre généreusement, et laisser cuire une bonne trentaine de minutes à feu moyen, en remuant régulièrement, et en veillant à ne pas écraser les morceaux de rhubarbe, jusqu'à ce qu'ils soient fondants et légèrement caramélisés, réserver

  • Préparer le caramel de cidre: verser dans une casserole le sucre et le cidre , placer sur une plaque à feu moyen
    Laisser caraméliser l'ensemble en ne remuant pas. La caramélisation prend entre 6 et 8 minutes, veiller à ce que le tout chauffe de manière uniforme et surtout que le caramel ne fonce pas trop, ôter du feu dès qu'il a une joli couleur ambrée

  • Verser au fond des moules à tartelette le cidre, en parts égales. Eplucher et couper les pommes en lamelles assez épaisses et recouvrir le caramel, ajouter la rhubarbe caramélisée (goûter pour voir si elle n'est pas trop acide, si tel est le cas, ajouter avant un peu de sucre)

  • Faire préchauffer le four à 160 °C.

  • Sortir la pâte du réfrigérateur et l'étaler sur un plan de travail fariné, selon l'épaisseur désirée (pour ma part, j'ai étalé de la pâte en laissant une épaisseur d'un peu plus d'un demi centimètre, pour un résultat plus gourmand). Couper des cercles de la taille des tartelettes, en ajoutant environ un cm, de façon à pouvoir déposer ces cercles sur les fruits et border la pâte sur les côtés des moules, pour qu'elle s'enfonce sur les côtés. (Il vous restera peut être un peu de pâte, vous pouvez alors en faire des petits sablés ou la congeler, s'il en reste beaucoup)

  • Glisser les tartelettes dans le four, à mi hauteur et cuire entre 25 et 30 minutes, jusqu'à ce que la pâte ait doré. Laisser refroidir si vous ne les mangez pas tout de suite. Au moment de passer au dessert, réchauffer les tartelettes 5 à 10 minutes et les démouler sur les assiettes à dessert.



Bilan des courses:

Je pars du principe que là où il y a du plaisir... il y a du plaisir et pas de place pour les complexes! Avec cette recette regorgeant de bonnes choses, bien généreuses, pas de doutes, nous y sommes!

La saveur des pommes confites dans le caramel de cidre, associée à celle plus acidulée de la rhubarbe est tout simplement idéale. Quant à la pâte... la pâte... la douceur de l'amande, du sucre, soulignée à merveille par le beurre aux cristaux de sel de guérande... croustillante et fondante à la fois... que puis-je sincèrement ajouter?

Ah si, peut être que Pôpa, peu adepte des desserts, en temps normal, en a volé deux, et que nous avons été à deux doigts d'un fratricide quand mes frères ont réalisé le soir venu qu'il en restait encore deux... alors qu'ils étaient trois!

Et voilà, il pleut de la neige, je n'arrive pas à me réchauffer après avoir traversé tout Lyon à la recherche d'une pharmacie ouverte à 20h pour me permettre d'acheter les médicaments indispensables pour mon voyage, alors qu'il ne faisait que 2 degrés, et je ne sais pas même à l'heure qu'il est où est ce fichu maillot de bain... Ai-je bien fait de dévorer ces tartelettes démoniaques avant l'épreuve du maillot? Voilà une bonne question, à laquelle il est définitivement trop tard pour penser !!

Allez, à très vite, les amis!

Conté par Alhya at 3/25/2008 08:37:00 PM | 59 comments Fiche recette

mars 19, 2008

Tics, tacs, tocs, à nous les galettes de patate douce à la mozarelle et magrets mi-cuits au gros sel

Malgré mon apparente absence de la blogosphère, je continue à lire régulièrement les billets de tous les bloggeurs que j'apprécie, dès que je peux voler un instant, même si je n'ai malheureusement plus le temps (ou, parfois, l'énergie) de commenter. Pourtant, certains ne m'oublient pas. Outre les commentaires laissés ici qui me touchent tout particulièrement dans cette période où je travaille quasiment non-stop, certaines m'ont transmis le dernier petit jeu ayant fleuri un peu partout sur les blogs. Sandra, d'abord, puis Sophie. Je ne peux résister à si gentilles invitations et je m'exécute, enfin.
Le règlement de ce jeu prévoit que je dois "mettre le lien de la personne qui m'a taguée ; mentionner 6 manies, habitudes, tics sans importance sur moi ; taguer à mon tour 6 personnes en mettant leur lien à la fin du billet et avertir directement sur leur blog les personnes taguées".
J'ai souvent participé à ce type d'exercices, mais je trouve ce dernier particulièrement périlleux. Je fais partie de ceux qui pensent qu'on se définit bien plus au travers des petits détails du quotidien que par les plus longues déclarations. C'est pourquoi, alors même que je ne suis pas particulièrement inspirée ce soir, je prends mon courage à deux mains et me lance!


Premier tic, ne jamais commencer une journée sans préparer un vrai petit déjeuner. Dans ma famille, les vrais repas familiaux, ceux autour desquels on s'éternise des heures durant assis autour d'une table, n'ont jamais été une tradition. En revanche, le petit déjeuner a toujours figuré parmi les moments privilégiés de la vie familiale, tout particulièrement les week end. Rare moment où nous nous retrouvions tous les sept, l'oeil lourd de sommeil après une longue grasse matinée, j'ai toujours raffolé de cet instant privilégié, où les minutes passées à bavasser s'égrainaient au ralentis, après des semaines vécues tambours-battants, avec des horaires propres à chacun. Pôpa nous a initié très tôt au plaisir de dévorer de grandes tartines de pain frais, recouvertes d'une bonne dose de beurre salé et de confiture, accompagnant un grand bol de chocolat chaud, qu'il nous préparait pendant que son café noir passait dans la grande cafetière, lentement. Une fois le nid familial quitté, j'ai gardé une affection particulière pour cet instant particulier et c'est un rituel auquel je ne déroge jamais, quitte à me lever plus tôt. Avec les années, j'ai troqué le chocolat chaud contre un grand café bien noir, que je bois brûlant, ce qui m'aide à ouvrir un oeil, et les fruits, céréales et yaourt ont remplacé les tartines de pain beurré. Je savoure ces bonnes choses en même tant que je dévore mes mails, profitant des derniers instants de calme que je m'accorde avant de foncer dans une nouvelle journée.


Deuxième tic, me maquiller. Adolescente puis jeune femme, j'aurais tué père et mère plutôt que de sortir sans rimmel. Aujourd'hui, assez curieusement, je suis beaucoup moins assidue, et il m'arrive régulièrement d'oublier cette étape, notamment le dimanche matin, lorsque je me précipite dehors pour aller faire mon marché. La semaine, en revanche, cette étape reste essentielle, c'est un moment au cours duquel je me concentre sur ce que je dois accomplir dans la journée, fais le point, pendant que je me tartine de fond de teint et me fais des yeux de biche, comme le dit Pôpa.


Troisième tic, festoyer le vendredi soir. C'est une habitude plus qu'ancrée. La semaine finie, j'ai toujours un grand plaisir à retrouver mes amis autour d'un diner improvisé, ou, à défaut, de quelques verres pour célébrer l'entrée dans le week end. Prémices nécessaires pour entrer dans ces deux jours censés me permettre de souffler un peu (ce qui est bien rarement le cas, vu le nombre de choses que j'ai en général au programme), c'est de loin ma soirée préférée, tout à fait essentielle à mon équilibre.


Quatrième tic, être ponctuellement très maladroite. Pas en toutes circonstances, mais précisément dans les moments où je ne dois surtout pas faire d'écart. Des chutes mémorables dans l'amphithéâtre rempli, alors que, le cours ayant déjà débuté, je déboulais, montant quatre à quatre les marches, pour discrètement m'installer au milieu de mes camarades, et me retrouvais brusquement les quatre pattes en l'air, dans un fou rire général, aux dévalages d'escaliers dans le métro, en passant par les glissades dans les bars, je crois m'être étalée à peu près partout. De la même manière, j'ai cassé des centaines d'objets, de préférence ceux auxquels les propriétaires étaient particulièrement attachés. Une vraie calamité !


Cinquième tic, toucher les gens. Je suis une personne assez tactile. Quand je m'enflamme, que je ris, que je partage une conversation, j'ai tendance à les toucher. C'est plus fort que moi, une façon de créer du lien, qui en déstabilise certains, et m'a valu quelques sacrés moments de solitude, quand, adolescente, mon geste purement amical était parfois, et souvent bien malgré moi, interprété comme signifiant plus, mais ceci est une autre histoire !


Sixième tic, faire du sport. ça je dois bien dire que c'est une habitude qui est née avec mon entrée dans cette grande aventure qu'est la thèse. Pendant des années, et notamment, toutes les années collège, j'ai détesté faire du sport. C'était même l'enfer, pour moi. J'ai encore en tête cette sensation très désagréable de me retrouver un lundi matin pluvieux en jogging, tenue peu sayante s'il en est, obligée d'assumer le fait que je n'étais pas précisément une fille ayant de folles capacités en la matière. Bonne dans les jeux d'équipe, je perdais tous mes moyens, ou presque, lorsqu'il s'agissait de faire de l'athlétisme (sous toutes ses formes) ou de l'endurance... J'ai rêvé des années durant que mon médecin de famille me dispense de ces trois heures hebdomadaires de calvaire. Rien n'y a fait, je n'ai jamais obtenu la fameuse dispense, et ce, d'autant que Turtle's mum était absolument contre l'idée que j'échappe à cette saine activité! Toutes ces années, j'ai dû me résoudre à sacrifier à cette obligation qui me déplaisait au plus haut point. Une fois le lycée quitté, j'ai juré de ne plus jamais me forcer à faire du sport. Et pourtant! Lorsque j'ai commencé à passer des heures assises devant un ordinateur ou des livres poussiéreux, j'ai compris tout l'intérêt d'avoir une activité sportive régulière, la nécessité même, pour mon corps et mon esprit, de passer plusieurs heures par semaine à me dépenser. Au fil des années, je suis même devenue de plus en plus assidue et depuis près d'un mois, je me suis même remise à la course, c'est dire! Bien que je n'aime toujours pas courir (pas de miracle à l'horizon), je raffole de cette sensation que procure l'après-course. Le corps fatigué par une saine activité, le plaisir unique de prendre alors une douche bien méritée après l'effort accompli à jeun, puis de me préparer un bon petit déjeuner, toute guillerette sous l'effet des endorphines de sortie!

Et voilà! Après ces révélations passionnantes, et sans aucune transition, je vous propose de passer à deux recettes réalisées pour le réveillon du Nouvel an (le premier qui dit que c'est un peu tard, pour en parler, je lui rétorque qu'on fait ce qu'on peut, hein!).
La première est issue du livre Amuse-Gueules, aux éditions Marabout. Je l'avais déjà testée avant le réveillon avec un franc succès, et une fois de plus, elle s'est avérée tout particulièrement délicieuse, et a été appréciée à sa juste valeur. Quant à la seconde, il s'agit de celle des magrets séchés de Lilo, déjà réalisés l'an passé pour Noël et refaits cette année. Elle est absolument somptueuse, simplissime, et le résultat est tout simplement bluffant. Si vous ne la connaissez pas, il vous faut à tout prix l'essayer!


En avant pour les deux recettes d'un réveillon qu'on peut utiliser à n'importe quel apéro dinatoire (elle est pas belle la vie?) !



Petites galettes de patate douce

Ingrédients:

  • 3 patates douces orange
  • 2 c à c de fécule de maïs (en prévoir un peu plus)
  • 50 g de beurre environ
  • 150 g de mozarelle coupée en petits cubes
  • sel et poivre

Marche à suivre:

  • Peler les patates douces, les couper en rondelles fines et les faire revenir dans un peu de beurre salé, jusqu'à ce qu'elles deviennent bien tendres (le livre préconise de les faire bouillir, mais je préfère ce mode de cuisson)
  • Ajouter la fécule puis remuer et mélanger jusqu'à l'obtention d'une pâte bien lisse, saler et poivrer
  • Faire fondre à nouveau du beurre dans une poêle à feu doux, verser des cuillères à café de patate douce et enfoncer un cube de mozzarelle au centre, puis aplatir délicatement, pour former des disques grossiers.
  • Augmenter le feu légèrement et faire cuire pendant 3 minutes sur chaque face jusqu'à ce que les galettes soient dorées, et réserver sur du papier absorbant
  • Répéter l'opération jusqu'à épuisement des ingrédients

Bilan des courses:

Bien que les photos, faites à la va-vite, pour cause de repas gargantuesque préparé à quatre mains avec Guillemette ne laissant que peu de temps pour la pause photo, ne lui rendent pas véritablement honneur, cette recette constitue une vraie valeur sûre.

Ultra simple à réaliser, avec quelques ingrédients à peine, elle surprend les testeurs par son petit goût sucré-salé qui donne un petit goût de reviens-y.

La patate douce est un légume ancien qui se révèle tout particulièrement fabuleux, ainsi préparé. Cette patate dont la texture est assez proche de sa copine la pomme de terre, est beaucoup plus originale que cette dernière, assez sucrée, elle devient une vraie gourmandise, ainsi associée à la mozarelle qui fond au coeur des petites galettes qui croustillent légèrement à l'extérieur, mais s'avèrent ultra moelleuses à l'intérieur.

Vous pouvez y associer quelques herbes, un peu de poivre ou d'autres épices telles que la cannelle, le curcuma ou encore un peu de curry, pour une note un peu plus originale encore et typée.

Magrets mi-cuits au gros sel et aux épices :
La première fois que j'ai réalisé des magrets séchés cuits au gros sel, c'était au cours d'une atelier Pralines et gratons, sous la houlette de Véronica, ce qui fait que la technique est un tout petit peu différente de celle que préconise Lilo. Nous avons alors paré les magrets d'épices avant de les mettre dans le gros sel. De plus, nous avons enrubanné les magrets dans de la gaze, ce qui a l'avantage de permettre d'enlever le sel plus rapidement, une fois les magrets mi-cuits. Enfin, Lilo préconise de les laisser mariner dans le gros sel 12 heures alors que nous les avons laissé 20h. Cette année, j'ai repris la technique appliquée l'an passé et la seule note d'originalité pour ces magrets 2008 a été de varier les associations d'épices.




Ingrédients:


  • 3 beaux magrets crus
  • 3 kg de gros sel de guérande (Lilo en utilise moins, mais la première fois, je l'ai faite avec ces proportions et la seconde aussi, donc voilà)
  • Romarin et piment d'espelette
  • Macis et poivre sichuan
  • Mélange cajun (Thym, Moutarde jaune, Ail, Piment fort, Oignon rose, Origan, Paprika, Cumin, Poivre noir)
  • Gaze pour entourer les magrets (facultatif, mais bien pratique)

Marche à suivre:

  • Préparer les mélanges d'épices pour chaque magret, et parer chacun d'eu avec ces dernières, de manière généreuse
  • Enrubanner chacun des magrets de la gaze, pour qu'il n'y ait plus de chair non couverte
  • Verser la moitié du sel dans un boite en plastique. Disposer le magret de canard dessus et reversez le sel restant par dessus. (procéder ainsi pour chaque magret)
  • Laisser macérer 20 h au réfrigérateur. Passé ce temps, sortir le magret de canard de la boite et retirer la gaze.
  • Laisser sécher les magrets 3 semaines en bas du réfrigérateur, pas moins.


Bilan des courses:

L'an passé, quand j'ai découvert que je pouvais préparer moi-même des magrets séchés, j'avais terriblement hâte de tester, pour être apte à déterminer s'ils étaient aussi bons que ceux que l'on peut acheter dans le commerce. En réalité, j'ai réalisé qu'ils étaient bien meilleurs!

Outre que cela revient bien moins cher de préparer soit même ses magrets, ces derniers s'avèrent tout simplement merveilleux. Généreux, salés juste à point , l'ajout d'épices leur donne une saveur unique, parfumant à souhait chacun d'eux.

Trancher la question cornélienne de savoir quelle est la meilleure association m'est impossible. Chacune est différente et sera appréciée par vos convives en fonction de leurs affinités.

La version au piment d'espelette et au romarin me parle particulièrement, réveillant mes affinités avec la cuisine du sud. Celle au poivre sichuan et au macis est certainement la plus parfumée et douce à la fois, évoquant des contrées plus lointaines, tout aussi enchanteresses. Quant au magret parfumé avec le mélange cajun, elle s'avère plus typée, soulignant davantage la force du magret.

Dévoré sur du bon pain de campagne ou au coeur d'une salade, ces magrets méritent le détour!





Pour finir ce billet, je ne prends pas, le risque de citer six blogs pour poursuivre le jeu des tags, contrairement à ce qu'impose le règlement. Vu le nombre de personnes y ayant déjà sacrifié, ce serait tout simplement idiot. Que ceux qui n'ont pas encore participé et qui ont envie de tenter l'exercice se lancent!

Conté par Alhya at 3/19/2008 10:25:00 PM | 43 comments Fiche recette

mars 11, 2008

48 heures-bouffée d'oxygène et quelquesTartelettes chococaramélait d'un dimanche ensoleillé de mars

Avant de faire ma virée bretonne, je vous avais promis de vous raconter quelques rencontres. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas cédé à cet exercice si particulier qui consiste à raconter ici les rencontres que je fais grâce à cette chose si particulière qu'est le blog. Comment une zone qui pourrait être le sommet du narcissisme et de l'égocentrisme, peut créer du lien social et générer de vraies amitiés? Ceci vaudrait sûrement une belle réflexion, que je laisse aux plus téméraires. Pour ma part, je me bornerai à vous dire ce que m'a inspiré une certaine virée parisienne.

Mettons nous dans le contexte. Début février, mes travaux universitaires m'offraient l'opportunité de faire une virée impromptue à Paris. Ni une, ni deux, j'en ai informé quelques bloggeurs, espérant pouvoir mettre un visage sur le nom d'un certain nombre d'entre eux que je n'avais pas encore eu le plaisir de rencontrer, et croiser ceux que je connaissais déjà et vois trop rarement. Patrick, que j'ai la chance de très bien connaître (la Bretagne, forcément...), s'est aussitôt chargé d'organiser pour ma venue une rencontre au delà de mes espérances (dont il vous en a déjà parlé ici ). Très vite informée que l'une de mes soirées allait ainsi me permettre de rencontrer pas deux, pas trois, ni même quatre, mais huit bloggeurs, dont 6 que je n'avais encore jamais vu, j'étais déjà au comble du bonheur. Orchestrée par lui, la rencontre devait en effet réunir Adèle, Mathilde, alias Omelette, Lilo, Marion, Tit', Béatrice, Cécile, et Dorian, rien que ça!

J'aurais pu alors me dire que rencontrer autant de bloggeurs était déjà le summum, mais non... Que voulez-vous, l'opportunité était trop belle pour que je ne l'exploite pas au maximum. Et ce, d'autant plus que je savais que Brigitte était à la même période de passage en Métropole: hors de question de la louper! Par ailleurs, j'avais promis à Emilie que je ne manquerais pas de passer la voir si je passais par Paris... Au fil des heures, et compte tenu des réactions très enthousiastes de mes amis bloggeurs, j'ai dû me résoudre à l'évidence... 24 heures pour voir tout ce petit monde était bien trop court! Plutôt que de passer seulement une journée à Paris, comme ma réunion universitaire me l'imposait, il me fallait exploiter à fond cette virée, et débarquer la veille du rendez vous, pour repartir le jour d'après. Et voilà comment, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'ai organisé 48 heures magiques en Terre parisienne....

Tout a commencé avec mon arrivée à la gare de Lyon, où ce cher Patrick m'attendait de pied ferme : en bon breton, il était prêt à pêcher dès l'arrivée la crevette que j'étais, perdue au milieu de la capitale. Aussi sec, nous nous sommes dirigés en voiture, s'il vous plaît (luxe ultime pour moi qui ne connait à Paris que les rames de métro), vers un bistro de son choix où nous attendaient patiemment Emilie et Anna, une ancienne bloggeuse, que je m'étais également promis de rencontrer si l'occasion se présentait. Euphorique, la Turtle.

Et ce, d'autant plus que débarquer ainsi, en milieu de semaine à Paris, avec pour perspective de ne rencontrer que des cuisiniers émérites, c'était encore mieux que faire l'école buissonnière....

De prime abord, la pauvre Emilie a été un peu décontenancée par mes fou-rires permanents ! Il faut dire qu'aussi bien entourée, je ne pouvais qu'être ultra naturelle et parfaitement à l'aise ! Rien ne m'arrêtait, je parlais aussi vite que possible, enchaînant les questions et les blagues, avec un enthousiasme non feint, encouragée par les réactions ultra-vives d'Anna qui s'est très vite avérée aussi loquace que moi ! Pour parfaire le tout, Patrick avait trouvé le lieu parfait pour cette rencontre. Sur ses conseils éclairés, nous avons toutes les trois dégusté, sans faiblir, de fabuleux faux filets, accompagnés de généreuses pommes de terres, tout ça soigneusement arrosé d'un fabuleux vin rouge... Bref, nous avons passé une soirée toute en générosité, les 48 heures parisiennes commençaient sur les chapeaux de roue!

Accueillie comme une petite reine pour passer la nuit par Patrick et ses deux perles (sa femme, Sylvie, et sa fille Mathilde), la soirée s'est prolongée très tard dans la nuit, tant nous avions de choses à nous raconter, ce qui ne m'a pas empêchée d'être dès le petit matin dans les rues parisiennes, attendant impatiemment de rencontrer Brigitte. Un kabig rouge a alors fait surface au milieu de la rue, et une fois de plus, la magie a opéré : la rencontre était à la hauteur de la générosité de cette grande dame, que je connaissais déjà par mails interposés, depuis plusieurs mois. Quelques heures à parler à bâtons rompus, autour de multiples cafés et du partage de quelques croissants bien beurrés, et il était déjà, hélas!, l'heure que je rejoigne mon rendez vous universitaire.

A peine le temps de me souvenir que j'étais aussi une juriste, venue avec une mission bien précise, et je m'engouffrai dans un immense bâtiment gris, où m'attendaient des gens aussi sérieux que leur attaché case. Mais, regonflée à bloc par la rencontre d'une personne rare, de celles que l'on ne croise sans repartir avec un petit supplément d'âme, je m'immergeais vaillamment dans 5 longues heures de réunion, sans pause et sans même un déjeuner pour me sustenter. Sortie totalement fourbue de cette réunion intense, mais largement victorieuse, il était juste l'heure de rejoindre Lilo, qui me proposait sans autre préalable de la rejoindre dans une charmante librairie...

Comme pour Emilie et Brigitte, je connaissais Lilo par son blog, les mails, et quelques coups de téléphone échangés depuis un certain Kiki. J'étais encore une fois tout bonnement ravie de rencontrer enfin cette dernière, que j'avais failli rejoindre cet été à Aurillac. Arrivée un peu avant elle dans la Librairie Cocotte, j'étais totalement sous le charme de ce lieu hors norme, où j'aurais volontiers passé des heures, afin d'apprécier toutes les merveilles de livres qu'elle recèle, dans une ambiance parfaitement cosy, doucement parfumée par des odeurs de muffins s'échappant doucement de l'arrière cuisine... Lorsque Lilo m'y a finalement rejointe, nul besoin de présentation, aucun préalable en fait. Illico, j'ai ressenti cette impression si unique que j'étais avec une amie de longue date. Après quelques minutes, bien trop courtes pour les deux boulimiques de lectures et de cuisine que nous sommes, passées dans ce lieu magique, il était déjà l'heure de rejoindre Patrick.

Après nous avoir accueilli chez lui pour un apéritif délicieux, il avait réservé pour cette rencontre un restaurant libanais hors normes, où tout n'était que plaisir du goût et des sens: hoummous à se damner, aubergines grillées en ratatouille, brochettes d'agneau et de poulet et autres taboulés libanais tout en parfums, accompagnés de généreuses cheese naans, heureusement pour moi que j'avais diété dans la journée, fait qui me permettait de satisfaire pleinement mon absolue gourmandise!

Au delà de l'orgie gastronomique, comment décrire cette magnifique soirée, où j'ai partagé dans une ambiance archi-bonne enfant quantités de conversations passionnantes, ponctuées de fou-rires et de pétulants jeux de mots, comme un poisson dans l'eau au milieu de ces huluberlus tous réunis par une même passion?

Très difficile de vous décrire le regard attentif de Dorian, l'oeil malicieux de Tit', la délicatesse de Cécile, la gouaille d'Adèle, le rire de Marion, les conversations enflammées de Lilo, le sourire de Béatrice, la finesse de Mathilde et l'immense satisfaction se lisant dans les pupilles de Patrick, trônant en patriarche au milieu de l'immense tablée, tout heureux de voir que l'alchimie était bien au rendez-vous... Une nouvelle parenthèse enchantée, où j'aurais voulu avoir quelques instants les pouvoirs d'une Morgane, capable d'un coup de baguette magique de suspendre le temps... La soirée s'est finie chez Marion, qui nous accueillait, Lilo et moi, dans son petit intérieur parisien si charmant, pour nous permettre de prolonger encore un peu nos beaucoup trop courtes retrouvailles. Après quelques heures de sommeil, il était déjà temps pour moi de quitter à regrets les filles pour prendre le chemin du retour. Les yeux encore plein de toutes ces visages, la tête posée contre la vitre du train et le sourire aux lèvres, j'ai laissé tous les moments forts de ces 48 heures me gagner. Une parenthèse si dense et riche qu'en posant le pied sur les terres lyonnaises, j'avais cette impression rare de m'être échappée plusieurs semaines...

48 heures aptes à vous donner irrémédiablement confiance en la nature humaine et en la vie....

Et, le week end dernier, en passant plusieurs heures aux fourneaux, pour préparer quelques bonnes petites choses pour l'anniversaire de ma Ratatouille (17 ans, ça se fête quand même!), c'est à toutes ces personnes exceptionnelles que j'ai pensé, émue de me dire qu'il y a trois ans, en découvrant subitement que j'aimais cuisiner, je ne pouvais imaginer tout ce que cette découverte allait m'apporter... ah, ça non!

C'est donc à tous ces êtres hors normes que je dédie cette petite recette, concotée samedi pour l'occasion. Elle est née de mon envie de réaliser des petites tartelettes au bon goût de réconfort. Pour ce faire, j'ai piqué la recette de pâte sablée du grand Bras, celle qu'il nous livre dans son livre Petits festins et desserts, acheté sur les très bons conseils de ce bon vieux Tit', et que je vous recommande chaudement. Pour garnir cette pâte fabuleuse, j'ai eu envie d'utiliser le péché de gourmandise de Pôpa, le lait concentré sucré, auquel j'ai, en grande gourmande, ajouté quelques carreaux de chocolat blanc et pignons grillés, pour un résultat à la hauteur de mon envie de faire un grand plaisir à mon petit frère, devenu si grand...


Allez, en voiture, Maestro!





Ingrédients:

Pour la pâte sablée:


  • 200 g de farine
  • 130 g de beurre demi sel
  • 40 g de jaune d'oeuf
  • 60 g de poudre d'amandes
  • 90 g de sucre


Pour la garniture:

  • 1 petite boîte de lait concentré sucré
  • 100 g de chocolat blanc
  • 8 cl de crème liquide
  • 30 g de beurre demi sel
  • 30 g de pignons (facultatif)

Marche à suivre:

  • Préparer la pâte sablée: mélanger la farine, le sucre, le beurre mou en morceaux, de façon à obtenir un mélange sableux, et ajouter enfin rapidement les jaunes, sans trop travailler, former une boule et réserver au frais au moins une heure
  • Dans une casserole qui n'attache pas, faire chauffer le lait concentré sucré en remuant tout le long avec une spatule, pour ne pas que le fond accroche et brule (là, j'avoue que j'ai eu quelques difficultés, vu les casseroles que j'avais sous la main, j'ai donc fait chauffer au bain marie, de façon à limiter les dégâts), jusqu'à l'obtention d'une pâte moelleuse, proche du caramel, intégrer alors le chocolat blanc, coupé en morceaux, ajouter petit à petit la crème, cuire encore une dizaine de minutes en remuant toujours sans cesse, et terminer par le beurre salé et les pignons, préalablement grillés à sec dans une poêle, réserver
  • Faire préchauffer le four th 7
  • Etaler la pâte sablée et découper des petits ronds pour emplir des moules individuels, ou un grand cercle, si vous optez pour une tarte individuelle
  • Faire chauffer à blanc la pâte une quinzaine de minutes, jusqu'à ce qu'elle soit légèrement dorée
  • Verser au coeur de chaque empreinte le mélange au chocolat blanc et cuire une dizaine de minutes, jusqu'à ce que le dessus soit bien doré
  • Laisser refroidir et placer, si possible, une heure au frais
  • Déguster sans aucune modération, de toute façon, ce n'est pas possible de faire autrement!

Bilan des courses:

La pâte sablée est aussi merveilleuse qu'elle en a l'air. Friable sous la dent, livrant son bon goût de beurre salé, subtile et sublimée par la présence du sucre, elle est une de celles que je préfère. La présence du lait concentré sucré permet à la garniture d'avoir une texture un peu "schewy", proche de celle du caramel au beurre salé, en moins dense. Le chocolat blanc y révèle son extrême douceur, sans être pour autant écoeurant. Les pignons jouent les intrus, craquant sous la dent et ajoutant leur saveur de pin, me rappelant mes origines maternelles et catalanes.


Nous avons dégusté ces tartelettes avec la fabuleuse mousse au chocolat noir de Turtle's mum, l'association des deux nous donnant cette ineffable impression de pure décadence que seuls procurent les plus gourmands desserts....


Alors, convaincus?






Conté par Alhya at 3/11/2008 10:31:00 PM | 51 comments Fiche recette

mars 04, 2008

Un Cake aux fruits secs moelleux et ambré, pour deux thésardes échouées sur un rocher breton


Savez vous à quoi ressemblent deux thésardes amies qui s'échappent 8 jours travailler en Bretagne pour casser le rythme, la solitude de la rédaction, et la fatigue ?
A deux poussins tombés du nid à l'aube, ordinateurs en bandoulière, tirant à bout de bras d'énormes valises remplies de trois tonnes de documents et livres divers, se nichant au milieu de quelques jeans, de pulls bien chauds et autres tenues tout confort, passablement excitées à l'idée de seulement changer d'air.
A deux vraies filles aussi, faisant l'indispensable pause au kiosque à journaux, rayon femmes pour l'une, cuisine, pour l'autre (je vous laisse deviner laquelle a opté pour la seconde option;-) ), histoire d'acheter quelque lecture récréative en prévision du long trajet en train, et qui, enfin bien installées dans les sièges, n'en finissent pas de piapiater et de pouffer comme des petites folles, trop contentes de se raconter les derniers rebondissements de leurs vies passionnantes et irrésistiblement drôles, contées à travers mille anecdotes du quotidien, ne voyant pas les longues heures s'égrainer, ni les paysages défiler, toutes surprises, tout à coup, de découvrir un ciel noir, si breton, s'épanouir au dessus de leurs têtes, lorsqu'elles se retrouvent sur un quai de gare perdu dans la campagne... Plouaret Tregor, nous voici!
Une pause au supermarché, exploitant l'adorable cousin venu nous chercher en voiture pour nous conduire à bon port, histoire de faire le plein de bonnes choses pour affronter les longues heures de travail à venir, et nous étions parées.
Bien sûr, la clim du train, sur ma petite forme d'un mois de février éternel, a fait son petit effet et j'ai récolté un bon rhume pour me tenir compagnie et me pousser à faire de grandes flambées dans la cheminée, luxe ultime de cet appartement breton qui, en plus d'avoir cette vue incomparable sur la mer, se paie le luxe du confort.
Juste histoire de me narguer, ce jour là, ma Bretagne chérie n'a pas daigné montré le bout d'un rayon de soleil, pour me permettre de faire découvrir à mon amie la beauté d'un coucher de soleil irisant l'eau de ses reflets orange et or. Au lieu de cela, nous avons eu la tempête, la pluie et le crachin. Mais, à croire que je choisis bien mes amies, elle a été immédiatement séduite, emballée par la vue des quelques courageux affrontant les embruns pour faire quelques heures de planche à voile ou de surf sur les vagues déchainées.
Mieux encore, recluses que nous étions dans l'appartement, nous avons travaillé comme jamais, mélange de fou-rires et de concentration, ne relevant le nez de nos écrans d'ordinateur que pour faire des thés parfumés et bouillants, débattre de quelques difficultés rédactionnelles auxquelles l'une ou l'autre se heurtait, ou lorsque nos estomacs nous rappelaient à l'ordre et me poussaient à préparer en quelques minutes un repas réconfortant.
Nous avons ainsi enchaîné les journées de travail, et les petits maquereaux grillés, les beaux morceaux de boeuf saisis en croûte de fruits secs, leur donnant du fondant et une cuisson à coeur, ou encore marinés dans une sauce soja, tout ce petit monde joyeusement accompagné de belles poêlées de légumes d'hiver au lait de coco et autres nouilles japonaises sautés, enfin, quelques veloutés de châtaignes ou de carottes pour aider, le soir venu, nos petits corps exténués par l'effort intellectuel et les quelques verres de vin blanc sirotés devant l'âtre à se réchauffer.
Une vraie sinécure, aérées que nous étions malgré tout par notre bonne heure de marche quotidienne dans le crachin breton.
Evidemment, je noircis un peu le tableau. En réalité, il y a eu cette douce journée d'éclaircies, où j'ai pu sortir l'appareil photo, pour mitrailler ma Bretagne sous ses habits hivernaux.
Non, vraiment, cette semaine s'est égrainée à toute allure, parenthèse enchantée qui nous a permis de rentrer à Lyon requinquées et avec cette douce sensation du devoir accompli.






Et regardez qui j'ai croisé au cours d'une de nos balades....



Vous ne trouvez pas qu'elle a un vague air de ressemblance avec une certaine Turtle?
Lorsque je travaille assidument de longues heures, comme ce fut le cas là bas, j'ai besoin, le soir venu, de cuisiner quelques douceurs. Profitant de mon achat du voyage, j'ai illico tenté une recette que proposait le numéro du mois de février de Elle à table. Je n'ai pas regretté. En la préparant, je me disais qu'elle serait parfaite pour nos petits déjeuners, et j'ai vu si juste que ce fut un peu le fil conducteur de nos réveils bretons au petit matin.
Même si les photos, prises à la va-vite, ne lui rendent pas assez honneur à mon goût, je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer la recette. Je vous livre, avec les quelques petites modifications effectuées par mégarde, je le promets, la recette du cake fondant, parfumé à souhait au rhum ambré, qui m'a comblée, à placer dans la droite ligne du précédent, le cake au chocolat et à l'huile d'olive dont je vous parlais ici.
En avant pour le Cake ultra moelleux aux fruits secs très rhumé de deux thésardes exilées sur un rocher breton
Ingrédients:
  • 250 g de farine
  • 150 g de beurre ramolli
  • 125 g de cassonade
  • 3 oeufs
  • 1 sachet de levure chimique
  • 15 cl de rhum brun
  • 50 g de raisins de corinthe
  • 50 g de dattes
  • 20 g de noisettes
  • 50 g d'abricots secs
  • 50 g de figues sèches
  • 3 càs de miel




Marche à suivre:

  • Mettre tous les fruits secs dans une casserole avec 10 cl de rhum, porter à frémissements, laisser refroidir
  • Préchauffer le four à 210 °C
  • Travailler le beurre en pommade, ajouter la cassonade, et incorporer les oeufs un à un
  • Travailler la pâte à la cuillère en bois, pour qu'elle soit lisse, ajouter la farine et la levure tamisées, travailler quelques minutes en versant 5 cl de rhum Beurre et chemiser un moule à cake, égouttez les fruits secs et les farine, les incorporer à la pâte, glisser au four (bon, moi, à ce stade, j'ai bien sûr mis tout le rhum, au lieu de ne mettre que les fruits)
  • Cuire 10 minutes à 210 °, puis 30 minutes à 180°C
  • Si nécessaire, couvrir en milieu de cuisson avec un papier sulfurisé
  • Lorsque le cake est cuit, verser les 10 cl de rhum, mêlés avec 3 c à soupe de miel, sur le dessus du cake (me rendant compte à ce stade de mon erreur, j'ai rajouté un sirop, fait d'un mélange d'une cuillère- ou 2 ou 3, je ne me souviens plus précisément ;o)-à soupe de rhum et d'un peu d'eau, en plus du miel)

Bilan des courses:

Dès le deuxième soir, j'ai mis à profit l'achat du train et concocté cette petite merveille. Il faut dire qu'à ce stade, j'étais passablement enrhumée et après quelques huit heures de travail assidu, j'ai eu bien du mal à me concentrer sur la marche à suivre. C'est pour cette raison qu'au lieu de garder le rhum pour le glaçage post cuisson, je l'ai incorporé dans la pâte. Je ne peux vous dire ce que donnerait la recette suivie à la lettre. Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est combien la version que j'ai réalisée était ultra moelleuse.

Effort surhumain pour la gourmande que je suis, je n'ai goûté ce cake que le lendemain, au réveil.
Et pourtant, lors de la cuisson, s'échappaient de douces odeurs de rhum et de sucre, qui me parlaient tout particulièrement, avec mon rhume qui me donnait des envies irrésistibles de grog, des parfums à vous pousser hors du lit en cas d'insomnie pour en déguster un morceau volé. Heureusement pour moi, en Bretagne, jamais d'insomnie, le bruit des vagues me berce et m'empêche tout réveil inopiné au milieu de la nuit.
Je vous laisse imaginer le plaisir, le lendemain aux petites heures, l'appartement encore à peine éclairé par les premiers rayons de lumière, de découper enfin sa croute rebondie et dorée, pour découvrir son coeur tout moelleux...
Il était aussi bon qu'il en avait l'air, avec sa texture un peu mouillée, juste sucré à souhait et gourmand avec ses fruits secs tout moelleux et parfumés. Au fil des jours, son goût de rhum s'est accru, au point que j'ai bien cru le troisième jour que j'allais finir un peu bourrée à force d'en déguster des morceaux replets.

Une petite tranche pour demain matin?

Conté par Alhya at 3/04/2008 10:22:00 PM | 53 comments Fiche recette