A Turtle in a Kitchen

a déménagé

http://www.aturtleinakitchen.fr

Désolée pour le dérangement...

A Turtle in a Kitchen: avril 2007

avril 30, 2007

Ôde à un Faux Broyé du Poitou qui se donnait des airs de frangipane


Mordre la vie à pleine dents et la sentir se distiller en émotions, dans des sanglots momentanés et absolument désespérés, enfant qu'un rien traverse, plus souvent dans le tintement léger d'un grelot de rire.

S'éclipser de temps à autre, s'envoler dans de nuageuses pensées et ne revenir que de longues minutes après, toute surprise de retrouver son corps qui soudain rappelle qu'on fait partie de la danse de ce monde qui s'agite autour.

Aussi loin que remontent mes souvenirs, je suis cette petite fille mi-rêveuse, mi rieuse. Les photos en témoignent et ce, dès la plus tendre enfance.


Invitée à présenter une photo de moi petite, j'avais bien du mal à choisir entre ces deux facettes. Finalement, je suis tombée sur celle-ci, où, âgée d'à peine 4 ans, je suis surprise en flagrante échappée de la réalité, comme si je tentais de répondre à la question que me posent aujourd'hui Claude Olivier et Emilie, quel était mon rêve d'enfance? (en 57 caractères maximum, le truc déjà facile...)


Je crois bien que, tout simplement, mon rêve était de vivre, à pleins poumons. Dévorer la vie.
A travers mille projets, mille rencontres, mille instants.
Et il n'a pas changé d'un iota.
Drôle, de penser qu'à peine oxygénée par la vie je l'ai tant aimée que je n'avais qu'un souci, en profiter. Une belle arme à transmettre à un enfant, tant le reste en découle facilement, ensuite.

Sur cette photo, je suis assise sur les marches du perron de notre maison de famille, dans le sud.


Depuis ma naissance, ce Sud là m'a bercée autant que le vent breton, si ce n'est plus, en réalité. Mais la mémoire et les réminiscences sont parfois injustes, elles n'ont que faire des souvenirs de dégustation de melons gorgés d'eau, aux parfums sucrés embaumant la cuisine, si frais, grands incontournables des retours de plage tardifs, ni des heures égrainées à parcourir les chemins secs de poussière de mon sud maternel, le soleil pesant dans l'air, alourdi des effluves de raisins mûrs, du parfum, caractéristique, des pignes et aiguilles de pin se dorant sous un rayon déclinant.
Ces moments là sont tous à fleur de peau, depuis ce matin. Ils me reviennent, s"imposant telle une bourrasque fait voler une feuille libérée de toute attache. Il faut dire que je sais les miens en ce lieu enchanteur, et je les imagine. Plus exactement, je m'imagine parmi eux.


Je suis là bas, au petit déjeuner, sur la terrasse du Mas maternel, face à l'étang qui se profile, délicatement paré de quelques flamants roses, joyaux blancs et roses, traits d'union volatiles entre l'étendue aqueuse et le Canigou qui se dessine, silhouette majestueuse. Instants précieux où la chaleur est encore douceur, caresse du rayon sur ma peau de lait qui s'effraie et rougit sous les UV la martyrisant aux heures trop chaudes. Non, à cette heure matinale, elle sait qu'elle peut profiter tout son saoul, se sucrant légèrement sous la caresse des rayons, développant un parfum presque vanillé qui se mêle, subtile, à l'odeur forte du café qui embaume, répandant son trop plein, en volutes, du bol que je tiens paresseusement sur mes cuisses, installée confortablement dans mon transat, la tête renversée, légèrement, pour accueillir toute la lumière, yeux clos.
Un peu plus tard, dans la journée, m'amusant cette fois du jeu de lumières d'un soleil, toujours farceur, baladant un rayon sur mes mains qui, sous un filet d'eau froide rafraîchissant, lavent et coupent la laitue du jardin, les tomates si rouges et rondelettes, les poivrons, croquants et gorgés de saveurs, presque sucrés, pour un déjeuner tardif... Un instant, mes yeux se perdent dans la vue magnifique qui se laisse contempler, au travers de la fenêtre tout en long qui permet, tel un mirador, de ne jamais perdre cette rareté de vue, quand un tourbillon de voix et de rires surprend ma rêverie, les femmes entrent, mère, grand mère et soeur sont là, riant et commentant la dernière histoire de ma tante, convoyant les assiettes et verres sur la table, à l'ombre des parasols, sur la grande table en teck.


Les heures passent et, un brin d'herbe vert de sève se baladant de droite et de gauche au coin des lèvres, titillé du bout des dents, paresseusement, je parcours au ralentis le bois de pins, ou encore celui de mimosas. Je fais une halte, pour contempler la beauté gracile des agapanthes qui, hardiment, se lèvent de terre pour montrer au monde le poétique mauve qui les pare, le vert vaillant de leurs tiges jouant les rôles d'écrin naturel.

La nuit est déjà en train de recouvrir le paysage, lentement, et j'hume l'air, vert de son odeur herbacée, mon regard se perd dans les arcs en ciel d'eau mécaniques qui balayent la pelouse, dans un rythme régulier. Il est temps de mettre un pull, Pôpa commence la grillade, ça sent le charbon de bois et l'apéritif tardif m'a ouvert l'appétit. Juste prendre un instant pour se dire qu'on aimerait que cette journée jamais ne finisse.
Le sud, explosion de couleurs et de saveurs. Le sud, ses amandes, fraîches, que l'on récolte à même l'arbre, dans leur coques vertes, à peau de velours, puis que l'on fend, entre deux pierres, afin de trouver la coque dure et marron clair bien cachée en son sein. Allez, encore un effort, un dernier coup, raisonnable cette fois, afin de ne pas tout gâcher en écrasant l'amande dans un geste impatient. La découverte de la saveur unique de l'amande fraîche.

Chaque fois que je réalise des desserts qui révèlent véritablement le goût de cette dernière, je pense immédiatement à ces dégustations volées au détour d'un chemin.
Très récemment encore, ce goût merveilleux est venu titiller mes souvenirs papillaires, lorsque j'ai avec force gourmandise, dévoré un morceau d'un Broyé du Poitou qui s'est révélé particulièrement parfumé par la saveur suave de ce fruit sec. Cette dernière était même si présente qu'on aurait bien dit que ce biscuit traditionnel se donnait des airs de frangipane... ce qui me place face à un dilemme, ai-je vraiment réalisé un Broyé traditionnel?
Sûrement pas, répondrait probablement Lilizen qui, elle, vous montrera ce à quoi devrait ressembler un vrai Broyé du Poitou. Normal, cela dit. D'une, je n'ai pas étalé la pâte sur la plaque de cuisson qui aurait dû l'accueillir, l'ayant placée très à l'étroit dans un plat rectangulaire beaucoup trop petit. De deux, j'y ai inclus quantités d'amandes entières.
Et pourtant, je ne résiste pas à l'envie de vous faire part de cette recette, laquelle réalisée par mes soins, ne ressemblait pas du tout aux petits biscuits plats habituels, mais n'en était pas moins absolument délicieuse.
Alors voici un Faux Broyé du Poitou qui se donnait des airs de Biscuit moelleux à la frangipane


Cette recette provient du livre Les Gâteaux de Mamie, chez Marabout. Ce petit livre est un vrai recueil de valeurs sûres. Je n'ai jamais été déçu par aucune des recettes testées, c'est dire! Je vous mets les proportions telles qu'elles y figurent. En revanche, pour la technique, c'est celle que j'ai utilisée et non la méthode traditionnelle...

Ingrédients:

  • 450 g de farine
  • 250 g de beurre demi sel
  • 250 g de sucre
  • 100 g d'amandes (entières pour moi)
  • 2 oeufs (+1 jaune pour dorer)
  • 3 CS de lait entier
  • 2 CS de rhum (d'eau de vie normalement)

Marche à suivre:


  • Préchauffer le four ) 180 °C, th 6.
  • Battre les deux oeufs, le sucre et le rhum. Ajouter le beurre à température ambiante et battre jusqu'à l'obtention d'une crème onctueuse.
  • Ajouter la farine et l'intégrer rapidement à la crème
  • Pendant ce temps, torréfier les amandes entières quelques minutes dans une poêle bien chaude, à sec, en les remuant pour qu'elles dorent sur toutes les faces
  • Beurrer un moule rectangulaire (20 cm*40 cm) et y déposer la pâte
  • Sur le dessus, former des belles sties (étape non réalisée)
  • Mélanger le lait et le jaune et dorer le dessus de la pâte (étape non réalisée)
  • Glisser dans le four 35 à 40 minutes, attendre qu'il refroidisse légèrement pour le couper en gros cubes (si vous attendez le refroidissement complet, la découpe sera plus délicate)
  • Dévorer légèrement tiède ou si vous êtes patients froid

Bilan des courses:

Je précise tout de même qu'initialement, je comptais bien réaliser la vraie recette du Broyé.

Oui, mais c'était un dimanche après midi, au cours d'un week end bien rempli et, j'étais atteinte de flémingyte aigüe.

Aidée de Marion qui faisait plus ou moins semblant de participer à la réalisation (si, si, ne dis pas le contraire ;-), tout en copiant d'une main et d'un oeil une série de recettes sur un petit carnet,... je ne sais pas trop vous dire où mon cerveau n'a pas réussi à suivre de bout en bout les indications du livre... Ou plutôt si, j'ai bien ma petite idée ;-)

Quoi qu'il en soit, le résultat était étonnant, mais absolument délicieux.

Le Broyé, compte tenu de l'épaisseur de la pâte lors de la cuisson, est resté un peu moelleux au centre, tout en conservant le bon goût de beurre et de sucre caractéristique du traditionnel Broyé.

Bien sûr, le résultat n'avait rien d'une galette et nul besoin de préciser que l'on ne pouvait pas du tout le casser, comme on doit le faire normalement.

Mais quel bonheur de plonger les dents dans ce biscuit un tout petit peu moelleux, encore tiède, si parfaitement réconfortant en ce dimanche après midi pluvieux. Les amandes, entières, avaient répandu leur doux parfum dans la pâte, laquelle avait le goût de la frangipane...

Tout le monde l'a testé, avant d'y revenir, juste pour vérifier qu'il avait bien le goût si unique des délices simples. Croyez moi, personne n'a boudé son plaisir!

A donner furieusement envie de réitérer, de temps à autre, cette erreur...

Je ne résiste pas à l'envie de convier Patoumi, Loulou, Tit, et Khala à nous parler de leur rêve d'enfance, si le coeur leur en dit.

Conté par Alhya at 4/30/2007 01:00:00 AM | 89 comments Fiche recette

avril 24, 2007

12 plats, 20 gourmands, 1ère à droite, 14 ème étage : une nuit dans les étoiles

N'est-il pas mystérieux à souhait, ce titre?
On dirait le titre d'une intrigue à la Agatha Christie ou à la Hercule Poirot, je trouve...
Mais en fait, pas du tout!
Pas de meurtre, charade ou énigme, derrière ce titre là, tout le contraire même.


Ce titre, c'est un peu comme la colonne vertébrale, en quelques chiffres, de la quatrième rencontre au sommet* des pralines et gratons orchestrée par la Grande Véronica de la Popote de Véro et la Turtle herself (que j'aime parler de moi à la troisième personne, je me sens hyper importante tout à coup ! ;-)

*oui, je sais qu'il y en a eu d'autres, mais elles ont eu lieu dans un autre contexte. Un atelier culinaire , un anniversaire, un restaurant, etc... Là, nous parlons de celles où les Pralines, chacunes à leur tour, s'invitent à festoyer!

Car oui, ça y est...



Après une semaine à revivre en pensées cette soirée fabuleuse, Véro et moi avons enfin livré nos impressions et le détail de ce marathon culinaire, qui s'est pourtant déroulé en toute simplicité, dans un souffle, à peine le temps d'un éclat de rire, serais-je tentée de dire...



dans un billet que vous retrouverez ici.


Je vous invite cordialement à vous y rendre, d'autant plus que vous pourrez ainsi vous régaler des deux premières recettes, fabuleuses, présentées pour l'occasion...


La Mousse de St jacques St marcelin et son crumble salé croustillant


Et la Mousse de Mascarpone sur lit de lemon curd et son crumble sucrée, cette fois!

Sans vouloir vous influencer, je précise quand même que des douze réalisées ce soir là, ce sont les deux qui ont fait le plus l'unanimité, parmi les 20 goûteurs de choc (même si, il faut bien l'avouer, le choix a été plus que rude.., le kouign Amann ayant failli battre la mousse de mascarpone, et le velouté de Tomates Chèvre Basilic à deux doigts de griller la mousse de St jacques sur le fil du rasoir de la sélection)

Et surtout, ne vous inquiétez pas, les autres recettes suivront, progressivement. Car oui, on n'oublie pas, la vie, c'est bon quand on prend son temps...

Allez, Bonne lecture, les amis!
(avouez que jamais, depuis l'ouverture de ce blog, La Turtle a fait si court billet!!)
et pour celles et ceux qui râlent (oui, oui, pas la peine de protester, j'ai bien compris!), je précise que le billet du Pralines et gratons et quand même particulièrement long, non mais! je ne suis pas malade, c'est juste que j'ai délocalisé pour aujourd'hui!!

Conté par Alhya at 4/24/2007 02:30:00 PM | 45 comments Fiche recette

avril 17, 2007

Financiers Noisettes Amandes Curry qui se dévorent sans l'ombre d'un effort

Me revoici. Non, non, contrairement aux apparences, je n'ai absolument pas quitté mes fourneaux, ni même le monde des blogs culinaires. J'ai juste passé comme prévu le week end à cuisiner afin d'accueillir comme il se doit la fine fleur des bloggeurs (et surtout amis) lyonnais, au cours d'une soirée époustoufflante. Bien que ce soir j'ai encore des images fabuleuses plein la tête, que je suis toute emplie de ces moments de partage et de pur bonheur, je ne vous narre pas encore cette aventure incroyable, ces 48 heures passées à cuisiner aux côtés de Véronica, ces 7, non en fait, 9 heures de soirée (oui, oui, les pralines et gratons ne plaisantent pas, même pas peur de veiller jusqu'au bout de la nuit) absolument magiques. Promis, ce n'est que partie remise, je garde toutes ces impressions bien au chaud pour l'instant et très bientôt, avec ma complice, nous vous expliquerons tout ça en détails.
Pour patienter, et parce que ce soir, je n'ai que peu de temps, je profite d'un questionnaire (encore un, quand je vous disais que ça n'arrête plus!) reçu récemment, que j'ai découvert aux détours de nombreux blogs et que j'ai trouvé très poétique. Il consiste à souligner en gras ce que j'ai déjà accompli dans ma vie, en ajoutant des commentaires si le coeur m'en dit. Il m'a été transmis par la douce Emilie et la piquante bretonne Domie et je me plie avec grand plaisir à cet exercice.
Alors en route pour les Expériences de vie By the Turtle: (tout un programme ;-)


1-Payer votre tournée dans un bar (bon, ok, techniquement, il n'y avait que mes amis dans le bar, mais ils étaient nombreux!!)
2 - Nager avec des dauphins dans l’océan
3 - Escalader une montagne (pas au propre, mais beaucoup de mes projets ressemblent fort à des montagnes avant que je les réalise)
4 - Conduire une Ferrari
5 - Visiter les Grandes Pyramides (un jour, je le ferai, je me suis promis toute petite que l'Egypte serait une de mes destinations)
6 - Porter une tarentule
7 - Prendre un bain avec quelqu’un à la lumière des bougies (oui, oui, oui. La turtle's touch, un bon verre de vin)
8 - Dire « Je t’aime » en le pensant vraiment, chaque fois... (toujours en le pensant, sinon, à quoi bon?)
9 - Prendre un arbre dans vos bras (petite, très souvent, notamment chaque fois que nous jouions à 1 2 3 Soleil, quand c'était moi qui comptait, pendant que les autres se mouvaient dans mon dos, je me collais tout contre l'arbre, bras grands ouverts... j'adorais ça)
10 - Sauter à l’élastique, dans la cour de récré (tant et plus, ce fût longtemps mon jeu favori. J'essayais d'y jouer aussi à la maison, entre deux chaises, ou en convaincant Grand Yo et ma P'tite Caille de bien vouloir participer... les chaises étaient définitivement plus arrangeantes)
11 - Visiter Paris ( toute petite d'abord, en haut de la Tour Eiffel, et régulièrement après... j'aime cette ville en dilettante, la cueillir au détour d'un séjour, toujours en flânant et laissant la découverte venir à moi)
12 - Regarder un orage sur la mer (en Bretagne, bien sûr... et quelle magie... à couper le souffle en même temps que toute envie qu'un jour, la tempête se calme)
13 - Rester éveillée toute la nuit pour regarder le lever du soleil (presque tous les soirs de l'été, surtout adolescente, dans de multiples lieux. Face au Canigou dans le sud, face à la Mer en Bretagne, toujours des instants magiques. Aujourd'hui, il m'arrive encore d'être surprise, rentrant au petit matin d'une soirée, par les premiers chants d'oiseau, et de m'arrêter, sur un banc, attendant avec eux que le soleil réponde à leur appel)
14 - Voir une aurore boréale
15 - Aller dans un grand événement sportif (une rencontre de l'OL, ça compte? Ben oui!!! dirait ma P'tite Caille, dans un haussement d'épaule sans appel)
16 - Monter les marches de l’Oratoire Saint Joseph
17 - Faire pousser et manger vos propres légumes (non, hélas, et ce n'est pas pour demain... en même temps, j'ai autant les pouces verts que ma Grand mère est bonne cuisinière et c'est pas faute pour celle-ci d'avoir tenté de me dévoiler les secrets de son savoir faire, en matière de jardinage, heureusement!)
18 - Toucher un iceberg (et non, et pourtant, ça doit être super sympa... Bon, hormis sur le Titanic)
19 - Dormir sous les étoiles
20 - Changer la couche d’un bébé (dès la naissance de Ma P'tite caille, du haut de mes 4 ans et demi, je voulais jouer les parfaites petites mères et tentait d'expliquer à Pôpa, aussi doué au quatrième qu'au premier, qu'il y avait un sens pour ces choses là... comme pour le reste!)
21 - Faire un voyage en montgolfière
22 - Voir des étoiles filantes (l'été, bien sûr et notamment en Bretagne, au cours des nuits passées à dormir à la belle étoile sur les îles environnantes)
23 - Être grisé(e) par le champagne (chaque fois que j'en bois. Je ne sais même pas faire autrement avec cet alcool là. C'est sûrement pour cela d'ailleurs que je n'en rafolle pas)
24 - Donner plus que vous ne pouviez à une œuvre caritative
25 - Observer la nuit avec un télescope
26 - Participer à un record du monde (le record du monde de la bêtise parfois, mais je n'ai averti personne, dans ma grande sagesse)
27 - Faire une bataille avec de la nourriture (bien sûr. Jamais à mon initiative cependant, j'étais bien trop sage pour oser. Un souvenir notamment de bataille de farine et d'eau, très marrant sur le moment, beaucoup moins dans la phase nettoyage)
28 - Parier sur le cheval gagnant (jamais, mais il ne vaut mieux pas. J'ai une capacité innée à me planter de canasson)
29 - Demander votre chemin à un étranger (avec mon sens de l'orientation proche de zéro, je me suis si souvent perdue, même à deux pas de chez moi, que j'ai régulièrement réussi à demander mon chemin à un étranger, en France ;-))
30 - Faire une bataille de boules de neige (parce qu'on peut faire autrement?)
31 - Crier aussi fort que vous le pouvez (pour le plaisir, je n'y arrive que rarement, mais par peur ou colère, ça a pu m'arriver -exceptionnellement, évidemment-)
32 - Porter un agneau
33 - Voir une éclipse totale
34 - Escalader une dune (oui, sur une de mes îles bretonnes, bon j'admets elles n'étaient pas immenses, mais c'était bien des dunes... et de sable fin, s'il vous plaît!)
35 - Écraser un animal en voiture
36 - Danser comme un fou sans se soucier de qui vous regarde (pour la folie, chaque fois que je danse, ou presque, quant au regard, je m'en moque toujours éperdument)
37 - Adopter un accent pour une journée entière (Oh que oui, et c'est parfois très gênant. Je ne maîtrise absolument pas ce phénomène, dès que je suis en contact avec une personne, je pique automatiquement ses accents, intonnations et expressions. Passant des vacances de Pâques à Porquerolles, petite, il me fallait une semaine pour perdre l'accent piqué là bas une fois rentrée)
38 - Se sentir vraiment heureux, même un court moment (non seulement ils sont de moins en moins courts, mais de plus en plus fréquents)
39 - Avoir deux disques durs sur votre ordinateur
40 - Prendre soin de quelqu’un qui est ivre
41 - Danser avec un inconnu
42 - Observer les baleines dans l’océan
43 - Voler un panneau
44 - Voyager « sac au dos » au Canada
45 - Entreprendre un long voyage sur la route
46 - Escalader des rochers (le plus dur: arnachée de ma combine et de mon avenot, durant une pêche de nuit)
47 - Faire une balade de minuit sur la plage (et entendre le clapotis de l'eau qui lentement se retire pour se coucher)
48 - Faire du parapente
49 - Visiter l’Irlande
50 - Avoir le cœur brisé plus longtemps que vous n’aviez été amoureux
51 - Au restaurant, vous asseoir à une table d’inconnus et manger avec eux
52 - Visiter le Japon
53 - Traire une vache et aussi des chèvres
54 - Classer vos CD par ordre alphabétique
55 - Prétendre être un super héros
56 - Chanter dans un karaoké
57 - Traîner au lit toute une journée
58 - Jouer au football (dès que les jours rallongeaient, au printemps, nous jouions avec Pôpa contre Grand Yo et ma P'tite Caille, jusqu'à la tombée du jour, dans le jardin. Je driblais comme un chef, à l'époque!)
59 - Faire de la plongée sous-marine
60 - S’embrasser sous la pluie
61 - Jouer dans la boue
62 - Jouer sous la pluie
63 - Être dans un théâtre de plein air
64 - Visiter la grande Muraille de Chine
65 - Créer votre entreprise
66 - Tomber amoureux sans avoir le cœur brisé
67 - Visiter d’anciens monuments (dès que je voyage, ça fait indispensablement partie de la découverte d'un pays)
68 - Suivre un cours d’arts martiaux

69 - Jouer à la XBox pendant 6h d’affilée
70 - Être marié
71 - Tourner dans un film
72 - Organiser une fête surprise
73 - Être divorcé
74 - Ne pas manger pendant 5 jours (à 13 ans, pour prouver à Grand Yo que j'en étais capable, je garde un souvenir attroce des brûlures d'estomac)
75 - Faire des biscuits à partir d’un sachet tout prêt
76 - Gagner le premier prix à un concours de déguisement
77 - Conduire une gondole à Venise
78 - Être tatouée
79 - Faire du canoë-kayak (sur les Gorges de l'Ardèche, pendant 48 heures, un bivouak à mi-parcours, le bonheur de découvrir, totalement épuisée à la fin de la première journée, que les bidons étanches avaient pris l'eau et que nous n'avions qu'un t-shirt, une paire de chaussettes , un slip et un sac de couchage sec pour 3 et, pour le dîner, un couscous qui avait fourbement gonflé à l'eau de l'Ardèche pendant la journée. Après avoir accusé mon ami d'être à l'origine de ce foirage du bidon, toute couverte de coups de soleil et totalement gelée à la nuit tombée, j'en ai pleuré... mais de rire, tellement nous avions fière allure! Il faut dire que Ma P'tite Caille -qui était de la partie- portait, magistral, son slip sec sur le haut du crâne, pour dédramatiser l'évènement)
80 - Être interviewée à la télévision
81 - Recevoir des fleurs sans raison particulière
82 - Jouer sur une scène (petite, plusieurs fois, notamment pour une pièce "le Dit de la Perdrix", j'avais 8 ans. Très longtemps après, les répliques tournaient à nouveau en boucle dans ma bouche, prêtes à s'envoler à nouveau)
83 - Être à Las Vegas
84 - Enregistrer de la musique
85 - Manger du requin
86 - S’embrasser dès le premier rendez-vous
87 - Être en Thaïlande
88 - Acheter une maison
89 - Enterrer un de vos parents
90 - Faire une croisière
91 - Parler plus d’une langue couramment (à une époque.. mais ça se perd si vite, quand on ne la parle plus)
92 - Élever des enfants
93 - Suivre votre chanteur favori en tournée
94 - Faire une randonnée en vélo dans un pays étranger
95 - Déménager dans une autre ville pour une nouvelle vie (j'avais 14 ans et je quittais ma Drôme natale, j'ai mis bien longtemps à m'en remettre, le premier vrai déchirement... j'aimais tellement mon village d'enfance)
96 - Manger des fourmis

97 - Marcher sur le Golden Gate Bridge
98 - Chanter à tue-tête dans votre voiture et ne pas avoir arrêté alors que vous saviez qu’on vous regarde (manquerait plus que je me gâche mon plaisir!)
99 - Subir de la chirurgie esthétique
100 - Survivre à un accident auquel vous auriez pu ne pas survivre (deux fois, en 6 mois, accidents de voiture, ressortie miraculeusement indemne )
101 - Écrire des articles pour une grande publication (bon, "grande" tout est question d'appréciation, mais dans le monde des publications juridiques, oui ;-)
102 - Perdre plus de 18 kg (ah non, 10 seulement, mais c'était bien trop. Après, j'aurais perdu un os)
103 - Soutenir quelqu’un qui perdait connaissance
104 - Piloter un avion
105 - Toucher une raie vivante
106 - Briser le cœur de quelqu’un (je ne pense pas, même si un ou deux ont pu le prétendre... ils s'en sont toujours merveilleusement remis, après !)
107 - Aider un animal à donner naissance
108 - Gagner de l’argent à un jeu télévisé
109 - Vous casser un os (même pas, et pourtant, Dieu sait que je l'espérais, avoir un platre, c'était trop la classe: les dédicaces des copains, j'en rêvais ;-)
110 - Percer une autre partie de votre visage que les oreilles
111 - Utiliser un revolver ou autre arme à feu
112 - Manger des champignons que vous aviez récoltés
113 - Monter un cheval
114 - Subir une importante opération (bon, c'était que l'appendicite, mais n'empêche, à 16 ans, un 23 décembre, c'était vraiment un coup bas! Pendant 3 jours , toute la Turtle's family s'est relayée à mon chevet m'expliquant que j'avais une chance fabuleuse: ma grand mère avait apporté un chevreuil impossible à cuisiner qui trônait à chaque repas, un véritable cauchemar, selon eux)
115 - Avoir un serpent comme animal de compagnie
116 - Dormir plus de 30h d’affilée (en rentrant d'un camp de guides, après 4 jours sans dormir)
117 - Visiter tous les continents
118 - Faire une randonnée en canoë de plus de 2 jours
119 - Manger du kangourou
120 - Manger des sushi
121 - Avoir votre photo dans le journal (le Dauphiné Libéré, pour le départ en classe de neige, mon super bonnet trônant sur le haut du crane, la combine rose bonbon bien en place, un sourire barrant largement mon visage!)
122 - Changer l’opinion de quelqu’un à propos de quelque chose qui vous tenait vraiment à cœur
123 - Reprendre vos études (techniquement, je ne peux pas ... je ne les ai pas encore terminées!)
124 - Faire du parachute
125 - Porter un serpent
126 - Construire votre PC à partir de différents morceaux
127 - Vendre une de vos créations à quelqu’un qui ne vous connaissez pas
128 - Teindre vos cheveux
129 - Raser votre tête
130 - Sauver la vie de quelqu’un
131 - Voler quelque chose (j'avais 7 ans, dans une papeterie, je me suis fait repérer au moment où je piquais une petite voiture rouge pour Ma P'tite Caille, oui, oui, j'avais le vol altruiste. Je n'ai plus jamais réitéré, tellement cette humiliation m'a marquée, une frayeur à faire pipi dans sa culotte)
132 - Louer un avion
133 - Vivre dans un pays placé sous la protection des Casques Bleus

Je refile la patate chaude, si le coeur leur en dit, à Kashyle (pour m'excuser de n'avoir toujours pas répondu aux précédents qu'elle m'avait gentiment envoyé...), à Lilo (dont j'aime tant son regard particulier, entier et juste sur la vie), et enfin à Béa dont la Tartine Gourmande me plonge chaque fois dans des états de délectation onirique.




Arpès toutes ces révélations (passionnantes, j'en suis sûre), je vous propose ce soir, une petite recette aussi facile qu'elle est fabuleuse.
Je l'ai réalisée pour notre atelier chocolat et caramels entre Pralines, et elle a fait sensation!
Elle est issue d'un petit livre que j'ai littéralement dévoré et que je vais encore et encore tester, tant les associations de saveurs proposées y sont parfaitement alléchantes. Il s'agit du livre d'une ex-bloggeuse, Saveurs sucrées salées "vous les connaissiez sucrés? Les voici en version salée... et vice et versa"
Je l'ai un peu modifiée, je crois que je suis parfaitement incorrigible! N'ayant pas de pistaches, j'ai opté pour de la poudre de noisettes. J'ai aussi ajouté un soupçon de farine de châtaigne à la farine classique et enfin opté pour du curry, des baies roses et du poivre Séchouan, pour typer leur goût. Enfin, j'ai ajouté des amandes entières pour associer un petit côté croquant à leur moelleux et c'était tout bonnement, trop court, jeune homme !
Voici donc les Financiers salés Noisettes Amandes et Curry qui se dévorent sans l'ombre d'un effort



Ingrédients:


  • 35 g de poudre de noisettes
  • 40 g de poudre d'amandes
  • 70 g de beurre salé
  • 20 g de farine
  • 15 g de farine de châtaigne
  • 2 blancs d'oeuf
  • 1 cs de curry
  • Baies rouges et poivre séchuan
  • Poivre noir
  • 30 g d'amandes entières


Marche à suivre:

  • Torréfier les poudres de noisette et d'amande en les faisant revenir à sec dans une poêle
  • Faire fonde le beurre dans une casserole et le laisser devenir noisette
  • Filtrer au chinois pour retirer les particules foncées
  • Tamiser ensemble les poudres torréfiées et les farines dans un saladier
  • Ajouter le beurre et mélanger soigneusement
  • Incorporer les blancs non battus et le curry, le poivre, les baies et le poivre séchuan fraîchement concassés
  • Laisser reposer la pâte 30 minutes au moins, à température ambiante
  • Pendant ce temps, faire revenir les amandes entières à sec dans une poêle pour qu'elles soient dorées à souhait, ajouter à la pâte
  • Verser la pâte dans les moules à mini financiers ou les demi sphères pour moi
  • Préchauffer le four à 160 °C
  • Cuire 5 minutes, les financiers doivent rester moelleux et souples au toucher
  • Les servir tièdes

Bilan des courses:

J'aurais dû suivre les recommandations de Saveurs Sucrées Salées et doubler, voire tripler les quantités. J'ai obtenu une vingtaine de ces petits financiers et heureusement que, comme d'habitude, les Pralines avaient toutes prévu des tas de petites choses délicieuses en quantité pour notre brunch, mais à l'avenir, je n'oublierai pas!

La saveur de ces financiers est prononcée, juste ce qu'il faut. L'association du curry, des baies et du poivre de séchuan dynamise la grande douceur des amandes et de la noisette, pour un mélange présent sans être agressif. Ils sont étonnamment moelleux, sans être écoeurants. On découvre la saveur magique du beurre noisette , parfaite, associée au curry, dans un deuxième temps, juste de quoi donner envie d'y revenir, encore et encore !

En un mot, ils n'ont rien à envier à leur cousins sucrés, bien au contraire!

Conté par Alhya at 4/17/2007 10:05:00 PM | 69 comments Fiche recette

avril 09, 2007

Mais t'es pas un peu Zinzin? Mais non! C'est le Passe à ton VoiZin-Zin-Zin!

Alors, comment ça s'est passé ? Par quelle route mystérieuse me suis-je retrouvée face à un mail, un lundi soir, me disant que c'était moi, le prochain zinzin?
ça devait être juste avant ou juste après quelques soirées arrosées des fêtes de fin d'année... C'est pas dur, ça paraissait encore super loin, l'an 2007.
Et puis c'était chouette comme idée. Une grande Chaîne culinaire: 52 semaines, 52 bloggeurs, chaque fois 3 ingrédients, 7 jours, 1 objectif : inventer une recette mariant 2 d'entre eux, y ajouter son grain de sel, avant de repasser le tout à un autre Voizin(-Zin-Zin). C'était le Passe à ton voizin!
Ah oui, pas de doute, sur le papier, c'était super tentant. En plus, 7 jours, ça semblait être pas loin d'une éternité, pas un challenge à la Jack Bauer, beaucoup plus simple ! Et puis, c'était une Potine qui avait inventé cette Grande Chaîne de Zinzins alors, évidemment, sans hésiter, j'avais signé! Ensuite, les semaines se sont enchaînées, les zinzins se sont passé le relais... De mon côté, j'ai presqu'oublié jusqu'à la possibilité qu'un jour, au détour d'un tirage au sort, ce soit moi le Zin-Zin. Enfin, jusqu'à lundi dernier.


Là, la nouvelle est tombée. Oui, la Turtle à toi de t'y coller! C'était la douce Elvira qui me l'annonçait, en même temps qu'elle me présentait les ingrédients qu'elle me refilait. Et là, je l'ai encore plus aimée, l'adorable Elvira, vu les ingrédients qu'elle avait utilisé pour sa jolie Mousse Vanillée au chocolat blanc et au Miel . Que du connu et du sucré!

A nous trois, Dame Vanille, Sieur Chocolat et Oncle Miel

En Turtle un rien déjantée qui aime bien s'amuser (non, non, ce n'était pas pour faire taire certains mauvais esprits, insinuant, au détour de quelques commentaires, que je ne ferais que du sucré, que mon p'tit coin de blog tournerait bonant malant à un "Salon du Thé littéraire"), dès la lecture des ingrédients, j'ai décidé que contre toute attente, le prochain zinzin ne serait pas sucré!

7 jours, 3 ingrédients sucrés, 1 recette salée. Les dés étaient jetés, le challenge lancé!

A cet instant précis, j'ai tout à coup réalisé que 7 jours, c'était pas franchement une éternité...

Le mieux, dans ces cas là, procéder par ordre : d'abord, virer l'intrus. Vanille, Chocolat, Miel... Ploum, ploum, c'est toi qui dit qui est, Amstramgram, c'est Oncle Miel qui s'en va!



Nous restait donc Dame Vanille et Sieur Chocolat...


Et là, et bien là... une intuition, même deux : Sieur chocolat allait se marier à de la viande et, Dame vanille, à une tarte tatin salée.



Bon, il faut avouer que l'idée de réaliser une viande au chocolat me taraudait depuis longtemps. Bien souvent, cette association du chocolat à un plat salé, que d'aucuns qualifieraient volontiers d'osée, je l'avais rêvée avec du gibier. Mais voilà, cuisiner un sanglier ou un chevreuil au pied levé, quand on n'est pas la meilleur pote d'Obélix, n'est pas chose franchement aisée. Alors, en Turtle consciente des réalités, j'ai raisonnablement opté pour une association plus praticable, du genre à pouvoir être concoctée en une soirée.
Immédiatement, le Magret de canard, habituellement parfait dans ses habits de miel, s'est imposé. Il est aussi sec apparu, tout fiérot, avec sa belle robe cacaotée. Cette première idée adoptée, c'est en ouvrant mon frigo, ce soir-là, alors que mon regard se posait nonchalamment sur quelques beaux panais, que la tatin fût à son tour habillée. Une tatin à la pâte vanillée, délicatement parée de quelques rondelles de carottes et panais caramélisés, quoi de mieux pour accompagner mon magret chocolaté?
Le lundi soir, à peine couchée, les produits jouaient la salsa dans ma tête, me forçant à dessiner mentalement les détails de la recette à réaliser. Fallait-il mettre du jus d'orange, pour réaliser la base de la sauce au chocolat? L'orange ne risquait-elle de nuire à la douceur et aux saveurs subtiles du panais. Du bouillon? Pourquoi pas, mais alors, quel type de chocolat, cacao ou vrais morceaux? Et la tatin? comment réaliser un caramel, sans faire une recette trop sucrée? Fallait-il ne pas en mettre?
Après quelques recherches, le lendemain, je n'arrivais à me décider. C'est finalement une recette de sauce chocolatée débusquée par la super Véro qui m'a tentée. Pour la tatin vanillée, se posait toujours le problème du caramel. Après quelques échanges de mails avec l'adorable Lilo, mon intuition de ne rien ajouter prenait corps et s'affirmait.
Vendredi soir, enfin libre, j'ai débarqué à l'improviste chez mes parents, sur les coups de 19 heures, armée de mes munitions et, sans aucune explication, j'ai dégainé.
Autant vous dire que Pôpa et Turtle's Mum n'ont pas compris tout de suite ce qui allait leur arriver.
Apercevant la tête peu avenante des fameux panais, Pôpa lança un :
-"Mais tu es sûre que ça se mange, cette ... chose?"
Moi, afférée : -"oui, oui, c'est délicieux, tu vas adorer"
Puis, m'observant fendre la gousse de vanille pour la mêler à la pâte:
-"ah mais tu nous fais une tatin sucrée?" , du ton guilleret de l'homme qui croit avoir tout pigé.
Moi, toujours afférée: -"non, non, c'est une tarte salée"
- .... Silence circonspect, précédant le battage en retraite dans le salon du Breton se préparant mentalement à affronter l'inconnu culinaire.

Turtle's Mum, passant à son tour à proximité et glissant un oeil au dessus de mon épaule, pendant la préparation de la sauce au chocolat : -"Tu vas pas mettre du chocolat, avec le magret?"
Moi : -"Si, si. Tu sais, c'est comme le magret au miel, mais à la place, c'est du chocolat"
Turtle's Mum -"Du magret au miel?" Silence prolongé
Moi, relevant la tête, un rien assommée : -"Oui, tu ne connais pas?"
Turtle's Mum, après une longue hésitation : -"Ben moi, tu sais, les mélanges sucrés salés..."
Moi : -"non mais je sais. Mais là, tu vas voir, tu vas adoôorer!"
A cet instant précis, j'ai bien cru que je les avais définitivement perdus... Au fond de moi, un terrible combat commença, opposant Forces du doute vs Enthousiasme créatif.
En étais-je si sûre qu'ils allaient adoôorer? Que savais-je du plat que j'avais imaginé, à part qu'il m'avait tentée? Heeelp!!
Surtout, ne pas douter. Le Grand Sage a dit
"quand enfin lâché le bateau pour plonger dans l'océan tu as, ne jamais te demander si, en fait, tu es bien sûr de savoir nager, tu dois"
Voilà, continuer à patauger, tant bien que mal . Allez, ça allait marcher !
J'ai poursuivi la recette, suppliant intérieurement tous les Saints et Patrons des Causes Perdues de me filer un coup de pouce, promettant, si jamais mon plat était bon, de ne plus jamais retenter des mélanges hasardeux sur une simple intuition -promis de promis-, et, après un bon quart d'heure de neuvaines, j'ai finalement servi, sous les yeux médusés d'une Turtle's Mum et d'un Pôpa, aussi enthousiastes que des bêtes promises à l'abatage,
Un Fabuleux Magret, sauce au chocolat, et sa tarte Tatin Panais-carottée-vanillée





Ingrédients: pour 2 parents terrorisés et 1 Turtle soudainement convertie

  • 1 beau Magret de canard (388 g exactement pour le notre ;-)
  • 230 g de farine
  • 30 g de parmesan râpé
  • 80 g de beurre demi sel (et un peu pour la cuisson des légumes)
  • un peu d'eau
  • 1 gousse de Vanille bien charnue (venue des îles pour la mienne, le nec plus ultra de la gousse)
  • 450 g de Panais
  • 150 g de Carottes
  • 30 g de Miel (ben oui, il a trouvé finalement une p'tite place Oncle Miel, il voulait être de la fiesta)
  • 30 g de Chocolat noir Corsé ou Epicé
  • 5 g de Cacao Van Houten non sucré
  • 20 cl de jus de canard ou 20 cl d'eau et un cube de bouillon de poule
  • Poivre noir

Marche à suivre:



Préparer la Pâte de la Tatin:

  • Mettre la farine dans un cul de poule, découper le beurre en petits dés et le parmesan
  • Fendre la gousse de vanille en deux et récupérer les graines à l'aide de la pointe d'un couteau, réserver la gousse, mettre les graines avec les autres ingrédients
  • Du bout des doigts, mélanger tous les ingrédients, jusqu'à l'obtention d'un mélange sablonneux
  • Ajouter progressivement de l'eau, afin d'obtenir une boule de pâte bien souple, sans être collante (40 à 50 ml d'eau environ)
  • Réserver 30 minutes, à température ambiante.

Préparer les légumes:

  • Pendant ce temps, peler les carottes et les panais et les découper en rondelles d'environ un centimètre d'épaisseur
  • Dans une poêle antiadhésive, faire fondre un généreux morceau de beurre, à feu moyen
  • Couper la gousse de vanille en tronçons et les faire chauffer dans le beurre, en prenant garde à ce que ce dernier ne noircisse, y jeter les légumes, les enrober du beurre, baisser légèrement le feu, saler
  • Pendant une quinzaine de minutes, remuer régulièrement les rondelles de carottes et panais, de façon à ce qu'elles dorent, sans brûler, quand les morceaux commencent à avoir une jolie couleur, à être légèrement caramélisés les réserver. ôter les morceaux de la gousse de vanille
  • Faire préchauffer le four à 200 °C
  • Dans un moule à manquer, disposer le plus harmonieusement possible les rondelles de panais et de carottes, de façon à couvrir la totalité du fond, s'il en reste, commencer une deuxième couche
  • Etaler la pâte à tarte, de telle façon que son diamètre soit supérieur à celui du moule d'une dizaine de centimètres
  • Recouvrir les rondelles à l'aide de la pâte, en bordant sur les côtés, de telle façon que la pâte touche le fond du moule (comme une couverture bordant un lit ;-)
  • Faire cuire 35 à 40 minutes, toujours à 200 °

Préparer la sauce au chocolat :

  • Faire chauffer 25 cl d'eau, à feu moyen, y faire fondre le cube de bouillon de volaille
  • Une fois le cube fondu, ajouter le miel, en remuant à l'aide d'une cuillère en bois
  • Ajouter alors le Cacao en poudre non sucré, bien mélanger, baisser un peu le feu
  • Faire alors fondre les carrés de chocolat épicé, en remuant
  • Mettre le feu au minimum, et laisser la sauce épaissir très doucement (attention, j'utilise une plaque à induction, permettant de mettre sur 1 ou 2, si vous cuisinez au gaz, mieux vaut réserver la sauce et la réchauffer au dernier moment)

Dix minutes avant la fin de la cuisson de la Tatin, préparer le magret:

  • Entailler, à l'aide d'un couteau à pointe fine, la graisse du canard, dans la largeur, en espaçant les entailles de deux cm
  • Faire chauffer la poêle à feu vif, et là, je cite mon maître, Mister Estèbe himself " et Hop, à la poêle, côté graisse, 10 minutes (l'homme disait 14, mais 10 suffisaient amplement pour ma bête à moi) pour un magret gentiment dodu, disons de 400 grammes, à feu mezzo.
  • On vire deux ou trois fois la graisse fondue en cours de cuisson. (...) Au bout de 10 minutes donc, on retourne le magret, pour le saisir violemment 4 minutes de plus côté chair. Avant de le laisser reposer un petit moment au chaud dans du papier alu. L'a bien mérité une petite sieste, l'animal".
  • Pendant que l'animal dort, donc (je reprends la suite, merci encore, Estèbe), faire doucement réchauffer la sauce si elle a été réservée,
  • Sortir la tatin du four, la retourner sur un plat, et y découper 3 jolies parts
  • Découper de généreuses tranches de magret
  • Sur chaque assiette, déposer une belle part de Tatin, les morceaux de magret (3 ou 4), faire quelques tours de Moulin à poivre, et napper le magret et la tatin de sauce au chocolat
  • Servir immédiatement devant vos hôtes, totalement médusés, et déguster en jurant que plus jamais autrement le magret vous ne mangerez!

Bilan des courses:

Honnêtement, tout le long de la préparation, j'avais de furieux doutes. D'abord, quant au fait que la recette corresponde à ce que je souhaitais en l'imaginant. Ensuite, et surtout, quant au fait que ça puisse emporter l'adhésion de mes goûteurs officiels.

Faire manger à mes parents, peu adeptes des mélanges trop audacieux, un tel dîner, c'était quand même tenter le diable (et cela ... un Vendredi Saint, ce qui n'était quand même pas franchement catholique! )

Bien sûr, le challenge me plaisait, et je savais que quoi qu'il arrive, mes parents mangeraient. Mais cuisiner juste pour le plaisir, sans arriver à convaincre les convives, c'est quand même ni une panacée, ni ce que j'espérais. Alors c'est avec un franc serrement de l'estomac que j'ai attendu leurs réactions.

Procédons par ordre, d'abord la Tatin (oui, mes testeurs ont préféré se lancer avec les légumes). La saveur du panais est naturellement étonnante. Elle a la douceur sucrée de la vanille, avec un léger parfum, proche de la fleur d'oranger, très difficile en réalité à décrire. Ici, à peine dorée dans un peu de beurre demi sel et cuite ensuite sous la pâte, elle développe tous ses arômes. De même pour les carottes, qui deviennent légèrement caramélisées. La pâte est en réalité la même que celle que j'avais utilisée pour ma Tarte Tatin Pomme Poires Epicée, piquée chez Lilo, dans laquelle j'ai juste troqué le sucre contre le parmesan. Elle a une texture parfaite, présente sans être riche, car peu beurrée, elle sublime les légumes qui y tronent, comme un écrin, révélant leur beauté. La note vanillée lui donne encore un soupçon de générosité et de saveur supplémentaire et crée un mariage étonnant avec le parmesan, accentuant la grande douceur des légumes.

A ce stade de la dégustation, Turtle's Mum a déclaré être littéralement séduite, Pôpa a lancé des "c'est étonnant, cette subtilité", à plusieurs reprises, ce qui s'avère être un peu le must du compliment, pour ce breton peu féru des qualificatifs culinaires.

Ensuite, la cuisson du magret. Elle était tout bonnement idéale. La bête était juste saignante, l'extérieur caramélisé comme il se doit, la graisse, croustillante, à peine présente en bouche, l'onctuosité de la chair préservée. Fabuleux. Et là, tous mes remerciements vont à Estèbe. Merci, l'ami, votre technique est parfaite.

Enfin, la sauce au chocolat. En réalité, c'est sans conteste le point fort de ce repas. Dans mon assiette, elle nappait tant la tatin que le magret, sublimant les deux (j'avoue que les assiettes de mes testeurs étaient plus timidement nappées de sauce, mais, n'ayez crainte, ils y sont revenus). Souvent imaginée, cette association de la force du cacao et de la note vigoureuse, légèrement fumée, du canard était au delà de mes espérances. La sauce s'avère finalement à peine sucrée, contrebalancée par la légère saveur du bouillon salé. Réellement, c'est un mariage finalement bien moins sucré- salé que le magret au miel, par exemple. Ici, le chocolat veloute la viande de sa force gourmande, donnant à la sauce une robe et une texture à la fois légère et dense. Mes testeurs ont littéralement dévoré le magret ainsi paré et Pôpa a même affirmé que je l'avais réconcilié avec cette bête là!
Une chose est sûre, c'était une première, mais sûrement pas une dernière. Oh que non! à moi les autres viandes! Je n'ai qu'une envie, recommencer ce mariage-là et je vous invite à tenter cette belle aventure!


Voilà, il ne me reste plus à présent qu'à repasser le Zin-zin à mon Voizin-zin-zin!
Après un tirage au sort à la pointe de la souris, yeux fermés s'il vous plait, la Voizine-Zine-Zine, est ...

Clairechen et sa Marmite d'un P'tit Point

tes trois prochains ingrédients sont donc :

  • le Canard,
  • la Vanille et
  • encore et toujours le Chocolat!

Bonne chance à toi Clairechen et à très vite pour la suite des aventures dans ta marmite!

Conté par Alhya at 4/09/2007 11:47:00 AM | 84 comments Fiche recette

avril 07, 2007

Juste pour le plaisir des yeux...





Ce Week end c'est Pâques. Dans mes rêves les plus fous, je suis en Bretagne.
Dans la réalité, je suis à Lyon.




Mais ceci pour une Très bonne raison. Je fomente une petite soirée Pralinée avec ma Grande Complice, pour la semaine prochaine...
Rendez-vous compte, mes pralines et Gratons me sont si chers, sont devenus si importants dans ma p'tite vie de Turtle, que je n'hésite pas plus de trente secondes à renoncer à une petite semaine dans mon havre de paix pour être toute fraîche et disposée à les accueillir Samedi prochain.
Et c'est loin d'être un sacrifice...
Inutile de vous parler de l'excitation et de l'immense plaisir que je ressens à imaginer un menu magique avec Véronica. Sans parler de l'impatience qui me brûle d'enfin mettre la main à la pâte pour le jour J, maintenant que nous avons réussi à choisir parmi les mille plats que nous avions envie de réaliser... C'est simple, j'en rêve la nuit!


Et puis, j'ai d'autant moins de mérite à être restée à Lyon que les Pralines et Gratons m'ont drôlement aidée à ne pas regretter de ne pas m'être exilée...


Samedi dernier, lors d'un atelier Caramels au Beurre Salé et Chocolats de Pâques (avouez que rien que l'intitulé a de quoi laisser rêveur...) chez la Douce et Chocolatée Miss Guillemette, ils m'ont aidée à réaliser une série de petites douceurs pour célébrer comme il se doit cette fête où les sucreries et chocolats ont la part belle.

Alors, en ce samedi matin, je vous propose juste un petit voyage des pupilles, en vous assurant que les papilles ne sont pas en reste dans cette histoire là



Cette petite poule a perdu un peu de sa robe de chocolat blanc au cours du transport, ce qui a poussé Turtle's Mum à lui faire un sort bien vite... elle est sympa, Turtle's Mum, cet esprit de sacrifice...


Tous les chocolats, sont réalisés à l'aide de Chocolat de grande qualité, acheté par plaques de 2,5 kg (ah oui, il s'agit de ne pas être modeste), si incomparable qu'il a de quoi vous faire renoncer à tout jamais à acheter du chocolat de grande surface.




Pour ma part, j'avais sélectionné dans la longue liste des saveurs possibles du

Chocolat blanc,
du chocolat Lait/caramel (celui utilisé ici, c'est une merveille), et du chocolat noir épicé.





Il est juste fondu, tempéré, avant d'être versé dans des moules...

C'est pour moi totalement magique de penser qu'on peut réaliser si facilement des personnages, oeufs et fritures chocolatés que les pâtissiers et chocolatiers vendent à prix d'or...

Pour la décoration, notamment celle du gros Oeuf en Chocolat blanc, il suffit de mettre un peu de poudre dorée, dans un peu de beurre de cacao, et d'en déposer au fond du moule à l'aide d'un pinceau.

Pour les fritures colorées, elles sont réalisées à l'aide de transferts, que l'on trouve dans les magasins spécialisés notamment. On coule le chocolat fondu dessus et en démoulant, hop, le dessin est sur le chocolat. Exactement comme les décalcomanies de mon enfance, magique, je vous dis!
La tête de la Petite Ninnogan, du haut de ses deux ans et demi, hésitant, émerveillée, entre la jolie poule ou la craquante vache...






Pour plus de détails sur cet après midi de travail acharné entre Pralines, vous pouvez aller regarder là, ou encore et surtout là!






Pour finir ce défilé de douceurs, je vous laisse avec quelque chose d'à peine croyable... Il s'agit d'un caramel chocolaté au beurre salé... Mais pas du banal caramel au beurre salé, non, non. Celui-ci a de quoi pousser tous les autres caramels au beurre salé à aller se rhabiller...
Je pense qu'il est capable de venir à bout de n'importe quelle bonne résolution visant à réaliser une diète pré-estivale (pour ma part, inutile de vous dire que ce n'est même pas au programme). Je suis même à peu près sûre qu'il figure au sommet de la liste noire des Weight Watcher's Members, juste à côté de ça.
En bouche, un léger goût chocolaté au milieu d'une vague parfumée, à la saveur unique du caramel au beurre salé...

C'est simple, à peine déposés au centre de la table, samedi dernier, ils ont fondu comme neige au soleil... allez savoir comment, en à peine, disons... une heure, il n'en restait plus un...


Pour retrouver la recette Parfaite de Guillemette, c'est par ici: clic!













Je vous laisse, il paraît que j'ai un zinzin à aller préparer, mais pas sans vous avoir souhaité de
Très Gourmandes, Généreuses et Chocolatées Fêtes de Pâques!
Et surtout, n'oubliez pas, parfois, il est terriblement bon et doux de se laisser envahir par une immense vague de gourmandise... terriblement, alors si ça vous arrive... ne résistez pas !

Conté par Alhya at 4/07/2007 10:56:00 AM | 49 comments Fiche recette

avril 03, 2007

La Tarte Mousse au Chocolat fabuleuse de C. Felder, spéciale dédicace à R. Dahl


J'ai souvent reçu des questionnaires, y ait répondu en général (la preuve, très récemment). Mais il semble que ces petites choses n'arrivent que par vagues.
Un jour, on en a aucun, le lendemain, on en a 12. Allez comprendre. Je viens de croiser ainsi une grande marée des questionnaires. C'est pourquoi j'avais, en capitaine raisonnable, mis de côté les derniers arrivés (notamment ceux des douces Kashyle et Inoule) histoire de faire une petite pause... Non que je doute un instant de votre capacité à vous passionner pour mes goûts, la manière dont je me vois en arbuste ou encore si j'aime le vin, simplement parce que je n'avais pas forcément de réponses à toutes ces questions existentielles, sur le moment. Le plan était donc de les ressortir au fil du temps, tranquillement...
Oui, mais voilà. Parce que (malencontreusement) ma route internet a croisé celle de Thom, au détour d'une page de son Golb (l'homme a beaucoup réfléchi pour trouver le titre de son p'tit chez lui) je me retrouve en charge de répondre à un questionnaire ... littéraire! Et là, tout de suite, on rigole moins. En lisant que cet homme sans scrupules me renvoyait en pleine poire cette patate chaude, je me suis dit (mon coco, tu perds rien pour attendre, tu vas te récupérer le prochain questionnaire culinaire qui passe par mes mains) "les amis, c'est pas gagné".
Mais à ce stade, je suis bien forcée d'admettre que je suis navrée : Adieu louables intentions de ne pas vous assommer avec des questionnaires. Il y avait challenge, et qui dit challenge, dit la Turtle ne recule pas. C'est vrai, quoi, il me cherchait le Thom Thom. J'ai bien été tentée d'ailleurs de lui répondre que de ma vie seuls les Elles à table et autres Code civil (mais attention, la nouvelle édition chaque année) avaient un jour laissé s'exprimer leurs caractères sous mes yeux. Et puis je me suis ressaisie.
Alors à toi, Grand Fourbe, et à vous autres lecteurs (j'écris lecteurs au pluriel, sait-on jamais, s'il en reste encore deux ;-), accrochez-vous, c'est parti !



Les quatre livres de mon enfance :

D'abord, La Maison des Barbapapa. les Josés Bové et autres Nicolas Hulot n'ont qu'à bien se tenir, le premier à sensibiliser les enfants aux risques technologiques (et humains) pesant sur la nature n'est autre que Barbapapa ! J'ai été nourrie de ses histoires au berceau et j'adorais tout particulièrement celle-ci. Le pitch est passionnant : Barbamama et Barbapapa s'étant allègrement multipliés (6 enfants en à peine deux livres, Barbamama, je t'admire), et ne pouvant plus, de ce fait, séjourner dans le bien trop petit F1 de Barbapapa (i.e. l'abri de jardin de François), décident de quitter leur jardin du centre ville pour échouer en plein milieu de la campagne, où ni une ni deux, ils se construisent une immense maison, constituée de plein de sphères, directement coulées sur le corps de Barbapapa (y'a pas à dire, il est quand même trop fort ce Barbapapa, en deux temps trois mouvements il te fait une somptueuse villa, sans même avoir besoin d'une truelle, juste un peu de béton). Chacun y a sa chambre et tous découvrent les immenses avantages de la vie à proximité de Dame nature, loin de la pollution. Mais un beau jour... les bulldozers débarquent et menacent de tout détruire (oui, oui, ce sont les méchantes machines de la couverture) et les Barbapapas doivent alors défendre leur campagne...
Bon, je ne vous en dis pas davantage, vous vous jeterez sur ce fabuleux livre pour assouvir votre inouïe envie de connaître la suite, dès que possible. Merci, Les Barbapapas, de m'avoir si tôt fait détester les bulldozers.

Les Contes de la rue Broca , de Pierre Gripari avec la fameuse sorcière du placard aux balais. Celle-ci m'a fait littéralement "trouiller de peur" dans mon lit! C'était pourtant ma préférée du bouquin, je la réclamais sans hésitation, toujours téméraire, dès que Pôpa me demandait ce que je voulais qu'il lise. Je me calais alors bien au chaud sous les draps et les couvertures (à l'époque, la couette n'était pas répandue.. le bonheur de la couverture qui gratte...), lui s'asseyait au coin du lit et j'installais ma tête tout près de sa cuisse, pour pouvoir voir les images, à proximité immédiate de ses immenses doigts qui sentaient le tabac. J'adorais ça. Merci Pierre Gripari, à toi la responsabilité de la cigarette du soir.

Charlie et la chocolaterie , de Roald Dahl. Bon, pour être tout à fait honnête, il y avait aussi Mathilda, Sacrées Sorcières. Mais Charlie et la Chocolaterie, c'était sans conteste, le mythe absolu. Après il y a eu le film, mais honnêtement, la version imaginée par une petite Turtle était bien bien plus exceptionnelle, féerique et magique... De quoi convertir quiconque à l'idée de se nourrir exclusivement de chocolat... et Dieu sait si j'aime Tim Burton, mais il est des chefs d'oeuvre auquel il est bien délicat de se confronter... C'est en te lisant que je suis devenue gourmande, j'en suis sûre : Tout est de ta faute, mon bon vieux Roald!
Enfin, Jane Eyre, de Charlotte Brontë : Là encore j'étais toute petite quand je l'ai lu. Qu'est ce que ça m'effrayait, ce climat lourd et angoissant, que seules les Soeurs Brontë savaient si bien créer... et c'était si romantique en même temps... Je rêvais de vivre un jour une si fabuleuse histoire d'amour. Charlotte, à toi, je dois mes histoires d'amours compliquées.
Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore :

Très, très dur de répondre à cette question. En fait, je fonctionne par grandes phases.
Tout à coup, je découvre un auteur et je me perds dedans, jusqu'à plus soif. Je m'immerge, me délectant de chacune de ses oeuvres, parfois jusqu'à l'écoeurement. En général, je pars en quête de la première émotion, même si je retrouve rarement le choc de la première fois (tiens, encore elle).
Cela a commencé avec les Soeurs Brontë , mais j'en ai déjà parlé juste au dessus. Ensuite, il y a eu tous les Daphné du Maurier, pour les plus célèbres, la terrifiante Auberge de la Jamaïque ou la flippante Rebecca. Ensuite vint, à l'adolescence, en même temps que les Stephen King, Barjavel. L'enchanteur fut le premier, puis Ravage, Tarendol, et la Nuit des temps.

Plus tard, et dans un style très différent qui m'a littéralement accrochée pour ne pas me lâcher, Armistead Maupin et ses Chroniques de San Francisco que j'ai toutes dévorées en un été, en Bretagne. Je me souviens, cet été-là, mes soirées n'en finissaient pas de se fêter et je n'ouvrais un oeil qu'en toute fin de matinée, voire en début d'après midi. Je restais là, calée sous la couette, sortant juste un bras dans le froid pour récupérer le livre et en lire au moins une cinquantaine de pages avant d'affronter la journée... Le Bonheur !
De l'ordre de l'évidence, la rencontre avec John Steinbeck... je crois que j'ai tout lu de lui, ou presque. A l'Est d'Eden fut le premier. Vinrent ensuite Les raisins de la colère, les pâturages du ciel, Tendre jeudi ou encore des Souris et des Hommes. En lisant son Amérique, j'ai aimé ce pays... ou cru l'aimer. C'est l'auteur, le regard qu'il y portait, qui m'avait totalement conquise.

Les quatre auteurs que je n’achèterai (ou n’emprunterai) probablement plus :
J'ai rarement détesté des auteurs, certains ne m'ont pas émue, mais, même laissée de marbre, j'ai presque toujours fini leur livre.
Un certain sens du devoir, une envie de laisser une chance à l'auteur de me surprendre jusqu'à la fin.
Parmi ceux qui m'ont laissé vraiment un souvenir atroce ou fait abandonner un livre, il y a eu quelques lectures forcées de l'école. A croire que lorsque je naviguais seule dans une bibliothèque ou une librairie, mon flair ne me trompait pas, mais que nous n'avions pas le même avec les programmes de l'éducation nationale ! Je me souviens par exemple d'avoir détesté Alain Fournier . Son Grand Meaulnes , lu un dimanche de printemps, dans la journée, pour l'interro du lendemain. C'était un rejet épidermique, je ne saurais même plus dire pourquoi. Beaucoup plus récemment, Charles Bukowski. Là, j'avoue, je n'ai pas pu. J'avais acheté Les nouveaux contes de la folie ordinaire, et non, rien n'y a fait.
Bon après, je sèche un peu. Sûrement Oui Oui, parce que déjà à l'âge où l'on apprend à lire je trouvais ça franchement débile, alors maintenant, je ne vous dis même pas. Et puis allons-y pour Enid Blyton et le Club des cinq, mais cette fois-ci avec beaucoup de regrets, parce que c'était bon, si bon !

Les quatre bouquins que j’emmènerais sur une île déserte :
Ô vous, frères humains, d'Albert Cohen. Ce texte, je l'ai découvert joué par trois acteurs fabuleux, au festival d'Avignon, en 1998. J'ai été totalement bouleversée. C'est la première fois qu'ainsi je tombais amoureuse d'un texte sans l'avoir sous les yeux. La sobriété du jeu des acteurs (chacun représentant le narrateur à un âge différent) ne mettait qu'avec plus de force en valeur la majesté des mots, leur sens, leur poids. En sortant, j'ai acheté le bouquin, il ne m'a plus quitté.
La promesse de l'Aube de Romain Gary, il y a quelques années, 3 ou 4 seulement. C'est une autobiographie, mais je l'ai lu comme un voyage initiatique, celui au cours duquel naît à lui même un homme. Un souvenir très fort, très poétique.
Enfin, La cuillère d'Argent, parce que bon, c'est pas tout la littérature, mais je vais devoir aussi me nourrir et même si ça restera sûrement seulement virtuel (avec ma chance, il ne sera pas possible de trouver les ingrédients sur l'Ile), ce gros bouquin, me donnera une petite chance de passer des heures à rêver à une Turtle réalisant toutes ces fabuleuses recettes!
Oups! Tit' a raison, je suis pas fichue de compter jusqu'à 4!! Alors j'ajoute sur mon île déserte Robert Desnos, en souvenir du coup de coeur pour le surréalisme ressenti grâce à lui, au tout début de mon adolescence.
Les (quatre fois quatre) derniers mots d’un de mes livres préférés :
"... saufs sur la berge. Et il se parlaient, un peu plus
légers d'en être capables".
Les quatre premiers bouquins de ma liste de livres à (re)lire :
Je n'ai jamais fait de liste de livres à lire. Mon angoisse, c'est seulement de me lever un matin et de ne pas en avoir de côté.
Mes rencontres avec les livres sont faites de hasard, ou de destin. Je pique à droite et à gauche, emprunte, achète rarement. Je n'ai d'autre fil conducteur que l'envie du moment. Donc je ne peux répondre que par hypothèse et pour le tout prochain : sûrement les Bienveillantes, de Jonathan Littell, offert par ma soeur à Noël.
Les quatre lecteurs (lectrices) dont j’aimerais connaître les quatre… :
Alors voilà la question piège que je déteste... Bon, de toute façon, je ne peux pas citer tout ceux que je voudrais, alors je choisis ceux dont je pense qu'ils dévorent autant à table que sous leur couette, et que j'espère ne pas déranger avec ce questionnaire un peu loin de nos cuisines : Patrick Cdm, Estèbe (pour la parité, deux hommes, donc à présent deux femmes),
Auntie Joe , Soho ..... et Gracianne (oui, je sais, je triche, mais bon, j'aime pas la parité et puis c'est laisser ainsi la possibilité à l'un d'eux de ne pas y répondre ;-)


Allez, pour vous remercier d'avoir été si patients et d'être arrivés jusqu'ici, je vous livre aujourd'hui une recette trouvée sur le sublime blog La Popote de Vero. La Tarte à la mousse de chocolat cuite, une merveille. A la base, c'est une recette de ce bon vieux Christophe Felder, déjà un gage de qualité. En plus, c'était validé par la gourmande Véro, deux très bonnes raisons pour ne pas la louper!
Et bien.... j'ai très, mais alors très bien fait de ne pas la louper!
Voici donc la Tarte Mousse au Chocolat Fabuleuse, spéciale dédidace à R. Dahl


Ingrédients:

Pour la Pâte Sablée au chocolat (à faire la veille de préférence)
  • 95 g de sucre glace,
  • 30 gr de poudre d'amandes,
  • 150 gr de beurre mou (demi sel pour ma part )
  • 225 gr de farine,
  • 1 oeuf,
  • 15gr de cacao en poudre,
  • sucre vanille.

Pour la mousse au chocolat

  • 2 jaunes d'oeufs,
  • 2 oeufs,
  • 300 gr de chocolat a 65 %,
  • 200 gr de beurre,
  • 60 gr de sucre.

Marche à suivre:

Faire la Pâte sablée:

  • Mélanger tous les ingrédients, former une boule, la reserver au frigo au moins 2 heures (le mieux étant de la laisser toute une nuit, plus elle pause, plus elle est fondante en bouche...)
  • Préchauffer le four a 170 °C puis garnir le moule (j'ai opté pour un moule rectangulaire et des petites tartelettes pour le surplus) et faire cuire à blanc la pâte pendant 15 mn.
  • Réserver.
  • Monter le four a 190°C.

Faire la mousse:

  • Mélanger énergiquement les oeufs, les jaunes et le sucre, afin d'obtenir une texture tres légère et mousseuse.
  • Faire fondre le chocolat avec le beurre et réserver, la préparation doit refroidir .
  • Puis mélanger delicatement les 2 préparations.
  • Verser la préparation obtenue sur le fond de tarte cuit et passer au four chaud pour 5 mn (attention la cuisson est tres rapide).
  • Déguster froid

Bilan des courses:

Ces petites tartelettes sont à tomber. Une merveille de fondant et de force. Rarement j'ai testé tarte si subtilement équilibrée.
Le croustillant sablé fond littéralement sous la dent, laissant éclater la force brute du cacao et le bon goût de beurre salé (Pour obtenir une telle texture, il faut absolument laisser la pâte poser très longtemps, et utiliser le sucre glace, c'est de cela dont dépend sa réussite).
Même si ce n'est pas flagrant sur les photos, la couche de mousse qui recouvre la pâte est aérienne, là encore, elle fond comme un nuage en bouche , magnifiant la saveur du chocolat, dans une brume cacaotée. J'avais déjà réalisé une tarte au chocolat très classique ici. Mais celle présentée aujourd'hui n'a rien à voir. Bien plus légère que la précédente, elle finit en beauté un dîner ou encore un apéro dînatoire, comme celle-ci l'a fait.

Avec leur saveur tout chocolat, ces tartelettes sont dignes d'un Willy Wonka, à bon lecteur...

Conté par Alhya at 4/03/2007 11:01:00 PM | 72 comments Fiche recette